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L'Usine Santé

L'ingénieur 2014 pour la R&D est Laura Sasportas, elle fait parler les cellules

Gaëlle Fleitour ,

Publié le , mis à jour le 03/12/2014 À 20H21

Laura Sasportas vient d'obtenir son doctorat à Stanford, pour lequel elle s'est consacré à un projet d'imagerie moléculaire dédié à la recherche contre le cancer. Elle a reçu le prix pour la R&D lors de la onzième cérémonie des prix des ingénieurs de l’année organisée par L’Usine Nouvelle et Industrie & Technologies. Elle a également reçu le prix spécial du jury. Découvrez son parcours exemplaire, et son modèle.

L'ingénieur 2014 pour la R&D est Laura Sasportas, elle fait parler les cellules © Josh Edelson / AFP

En Californie, le sujet de thèse de Laura Sasportas pourrait être une belle avancée pour la recherche sur le cancer. Au sein du département de radiologie de l’université de Stanford, l’étudiante française en ingénierie biomédicale a consacré son doctorat – obtenu avec succès cet été – à un projet d’imagerie moléculaire plusieurs fois primé. La jeune femme a initié une collaboration entre deux laboratoires de Stanford sur la métabolomique des cellules tumorales circulantes (CTC). Son idée : isoler puis spécifier, à partir d’un échantillon sanguin, les transformations biochimiques de cellules issues d’une tumeur ou de métastases, car les CTC seraient les meilleures indicatrices pour extraire des informations pertinentes sur un cancer.

Les autres nommés

Clément LIX (Air liquide) pour une approche fondée sur le design  de la conception des nouvelles unités de production

Rieul TECHER (La Paillasse) pour le lancement d’un fab lab  ouvert en écotechnologies

Alors que les autres chercheurs étudient généralement leurs caractéristiques génétiques, l’équipe de Laura Sasportas est la première à s’attacher à leurs propriétés métaboliques. Elle s’intéresse au glucose, une molécule clé dans la prolifération des cellules cancéreuses. "Cette nouvelle façon de caractériser le cancer sera bientôt à la portée des médecins dans un simple échantillon de sang, estime Laura Sasportas. Les informations obtenues permettront de s’orienter vers un traitement personnalisé." Pour suivre au plus près l’évolution de ces cellules, les collaborateurs de Laura Sasportas (et notamment Guillem Pratx, jeune professeur à Stanford et ingénieur centralien) innovent dans l’imagerie en mettant au point et en brevetant une nouvelle technologie, la microscopie par radioluminescence. La jeune femme l'a ensuite appliquée aux cellules tumorales circulantes. Prochaine étape : en faire la démonstration via une étude clinique sur des patients de l’hôpital de Stanford atteints d’un cancer du poumon… Ce serait une consécration pour cette fille de médecins, nourrie par les discussions autour des patients et des traitements lors des dîners familiaux. À la sortie du lycée, ce sont pourtant des études d’ingénieur que cette passionnée de mathématiques et de physique a choisies en intégrant Centrale Paris. Avec, malgré tout, le regret de ne pas avoir fait médecine…

En 2005, l’étudiante profite d’un programme d’échanges pour suivre un master de deux ans en ingénierie biomédicale à l’École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse) et se spécialiser dans l’imagerie médicale. Elle finalise son cursus en décrochant un stage d’un an dans un jeune laboratoire rattaché à la Harvard medical school et à l’hôpital de Boston, où elle planche sur la neuro-imagerie. Ce projet – qui utilise les cellules souches pour délivrer une thérapie contre un cancer du cerveau – vaut à l’équipe deux publications. Le rythme est extrêmement soutenu, mais c’est une révélation pour la jeune femme : "Je me suis dit que je voulais devenir chercheuse !"

L'ingénieur qui l’inspire

Marie Curie, pour avoir montré le chemin aux femmes ingénieurs avant même que la profession ne leur soit ouverte.

Elle décide alors de préparer une thèse pour élargir ses connaissances en imagerie et dans le biomédical. Dans le cadre de la bourse Fulbright, qui permet aux étudiants étrangers de financer leur doctorat aux États-Unis, elle est sélectionnée en 2008 pour représenter la France. Avant de rejoindre l’année suivante le prestigieux laboratoire du Dr Sam Gambhir, le chef du département de radiologie de Stanford, qu’elle bluffe par son enthousiasme, elle travaille un an à Bâle pour le géant pharmaceutique suisse Novartis. Au sein du Novartis Institute for Biomedical Research, elle se consacre à la recherche en développant, notamment, des lignées cellulaires pour tester de nouveaux médicaments. Une expérience qui lui a plu, tout comme l’ambiance dans l’industrie.

Son doctorat en poche, elle se voit bien poursuivre sa carrière dans ce secteur au sein d’une Silicon Valley en perpétuelle ébullition. "À Stanford, qu’on le veuille ou non, tout le monde a un contact avec l’innovation et l’entrepreneuriat", confie la jeune femme, qui a également cofondé avec d’autres étudiants XeroDry, une start-up dans le domaine de la santé pour laquelle elle est, aujourd’hui encore, consultante.

Gaëlle Fleitour

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1 commentaire

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03/12/2014 - 23h00 -

Quel parcours impressionnant et exemplaire ! Felicitations !!
Nous vous souhaitons une excellente suite et de la reussite dans tous vos projets car vous le meritez!
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