L’ingénierie française en danger à cause du manque d’ingénieurs et de techniciens

Les sociétés d’ingénierie sont en pleine croissance, mais elles manquent cruellement de bras. 60 000 postes par an seront à pourvoir jusqu’en 2021 selon une étude de l’observatoire Opiiec et d’EY.

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L’ingénierie française en danger à cause du manque d’ingénieurs et de techniciens
L'ingénierie créera 9 000 emplois nets par an.

60 000, c’est le nombre de personnes que le secteur de l’ingénierie recrutera chaque année jusqu’en 2021, selon une étude réalisée par le cabinet EY pour l’OPIIEC (Observatoire paritaire des métiers du numérique et de l’ingénierie) publiée jeudi 24 janvier. Quelque 9 000 emplois nets annuels seront créés. A condition que ces postes soient pourvus. Car le secteur peine à recruter. Le sous-effectif structurel est de l’ordre de 4 %. Et cela coûte cher aux entreprises. Le manque à gagner de cette tension sur l'emploi est évalué entre

500 millions et un milliard d’euros.

"Si nous ne faisons pas ces 60 000 recrutements, on met la filière en risque", a alerté Pierre Verzat, le président du Syntec Ingénierie, lors de la cérémonie des vœux de la fédération le 24 janvier. "Pour l’instant [les entreprises] arrivent à maintenir une dynamique positive – ce qui est tout de même une prouesse ! -, cela ne pourra pas durer éternellement. Pour répondre efficacement aux besoins des grands projets qui redessinent nos territoires, à savoir le Grand Paris, la rénovation du réseau ferré, le plan France haut débit ou encore le grand carénage nucléaire, elles auront besoin de recruter ces collaborateurs", a-t-il ensuite développé dans un communiqué.

L’Opiiec et le cabinet EY ont identifié les huit métiers les plus en tension dans la filière. On retrouve des profils traditionnels, comme conducteur de travaux et ingénieur procédé, mais aussi et surtout des métiers numériques, tels data scientist, expert cybersécurité, BIM manager, architecte internet des objets.

Manque de techniciens

L’industrie manque d’ingénieur, mais aussi de techniciens. Dans certains secteurs comme l’agro-alimentaire, les télécommunications ou le bâtiment, la moitié des postes à pourvoir sont de niveau technicien. La tension serait même plus importante sur ces emplois selon l'étude.

"Les entreprises ont tout intérêt à recruter davantage de techniciens. Pour certains postes, un profil de technicien suffit. Pas besoin de recruter un ingénieur. Et cela représente une économie de 600 à 800 euros brut, donc environ 1 000 euros avec les charges. Soit 12 000 euros par an", calcule le consultant. De quoi faire progresser les marges, qui ont tendance à se tasser dans le secteur. Car les prix des prestations augmentent trois fois moins vite que les salaires.

Outre le manque d’ingénieurs et de techniciens sur le marché, les profils disponibles ne correspondent pas toujours à la demande. "Le problème est aussi que les formations ne sont pas adaptées", souligne Pierre Verzat. "En France on apprend à fabriquer de nouveaux équipements, alors qu’une grande partie de notre métier consiste à maintenir l’existant."

Rendre l'ingénierie "Attractive"

Pour recruter, le président du Syntec Ingénierie estime qu’il faut rendre l’ingénierie "plus attractive" en particulier auprès des jeunes et des femmes. Les sociétés d’ingénierie ont déjà commencé leur opération séduction auprès des jeunes diplômés, misant sur l’organisation de tournois de Esport ou d’escape games. Le Syntec Ingénierie publiera de son côté une BD intitulé « Moi, ingénieur » afin d’expliquer le métier de manière ludique. La fédération songe également à l’élaboration d’un film et à nommer des ambassadeurs de l’ingénierie…

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