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"L’influenza aviaire actuelle est très différente de l’an passé", selon Anne Richard de l'Itavi

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Entretien Devant la multiplication des cas d’influenza aviaire en France, les professionnels de l’aviculture se veulent rassurants. Pour Anne Richard, la directrice de l’Institut technique de l’aviculture (Itavi), l’influenza aviaire est circonscrite et tous les cas sont issus d’un même élevage tarnais, lié à des oiseaux migrateurs. Ces nouveaux cas empêchent la France de retrouver son caractère indemne et pouvoir exporter à nouveau ses foies gras.

L’influenza aviaire actuelle est très différente de l’an passé, selon Anne Richard de l'Itavi © Wikimedia

L'Usine Nouvelle - L’épisode d’influenza aviaire que connait la France cette fin d’année est-il plus grave que celui de l’an passé ?

Anne Richard - La situation est très différente de celle connue l’an passé. Il n’y a pas, pour l’instant, autant de cas que l’on peut penser. Nous sommes en présence cette année d’une contamination issue de la faune sauvage. Tout est partie d’un foyer dans un élevage du Tarn, contaminé par des oiseaux migrateurs. Deux jours après, un élevage voisin a été touché. Des ateliers de gavage du Lot-et-Garonne, Gers et Hautes-Pyrénées, ont été contaminés ensuite. Mais les animaux étaient tous issus du second élevage touché dans le Tarn. L’an passé, la souche était différente. Elle s’était déclarée dans les élevages. Les palmipèdes étaient porteurs sains et n’exprimaient pas la maladie, ce qui n’est pas le cas cette année. Il n’y avait pas eu de cas d’influenza aviaire issue d’oiseaux migrateurs depuis 2006.

Y-a-t-il des risques de propagation à d’autres élevages ?

Les mouvements migratoires ayant lieu jusqu’à la mi-décembre, nous ne sommes hélas pas à l’abri de nouveaux cas, liés aux oiseaux sauvages. Mais les mesures de biosécurité très fortes adoptées par la filière depuis le printemps ont été bien mises en place dans les élevages. Cela va limiter les cas de propagation, puisque des périmètres de restriction de mouvements de 10 kilomètres sont mis en place autour des exploitations infectées. 

La transmission à l’homme est-elle possible ?

La souche identifiée n’est absolument pas transmissible à l’homme. Il n’y a pas de risque de ce côté-là.

Est-il possible d’envisager des vaccinations préventives des animaux ?

Pour l’instant, il n’est pas possible d’envisager de vaccin efficace pour deux raisons. Il s’agit, comme pour l’homme, d’une maladie qui mute chaque année. Le vaccin pourrait s’avérer inefficace d’une année sur l’autre. Par ailleurs, l’Office international des épizooties (OIE) interdit que les animaux vaccinés puissent être exportés. Cela n’aurait pas donc pas beaucoup d’intérêt dans le cas présent. On peut en revanche se poser la question de faire évoluer cette réglementation. Certains pays qui n’exportent pas, comme en Asie et en Afrique, se posent la question d’envisager une telle solution. Mais cela a aussi un coût.

Faut-il craindre des conséquences économiques majeures pour la filière avicole ?

Pour l’instant, nous sommes devant un phénomène assez circonscrit. Les animaux abattus ne représentent qu’une très faible part de la production de palmipèdes. Il n’y a aucun risque pour l’approvisionnement des magasins en foie gras sur la fin de l’année. En revanche, ces nouveaux cas empêchent la France de retrouver son caractère indemne et d’envisager de pouvoir rouvrir les exportations de foie gras. Il faudra attendre à nouveau trois mois, après l’éradication du dernier foyer découvert, pour pouvoir à nouveau exporter, notamment vers le Japon, notre principal client.  (Ndlr : En 2015, la filière du foie gras avait enregistré une balance commerciale positive de 53 millions d’euros, sur un chiffre d’affaires global de 2 milliards d’euros).

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