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Quotidien des Usines

L’inévitable liquidation judiciaire de Sambre et Meuse

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Publié le , mis à jour le 10/03/2015 À 10H38

Le Tribunal de commerce a prononcé le 9 mars au soir la liquidation judiciaire de la société Sambre et Meuse avec le maintien de l’activité jusqu’au 18 mars. Implantée à Feignies (Nord), près de Maubeuge, l’usine métallurgique Sambre et Meuse devrait être placée en liquidation judiciaire. Le tribunal de commerce de Valenciennes (Nord) se prononcera lundi 9 mars.

L’inévitable liquidation judiciaire de Sambre et Meuse © D.R.

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En partenariat avec Industrie Explorer

[Actualisation - 10/3 10h38] Le Tribunal de commerce a prononcé le 9 mars au soir la liquidation judiciaire de la société Sambre et Meuse avec le maintien de l’activité jusqu’au 18 mars.

Depuis le 16 septembre 2014, la société métallurgique Sambre et Meuse, implantée à Feignies (Nord) et employant 261 salariés, est en redressement judiciaire. Six mois après, constatant l’absence de proposition de reprise fiable, l’administrateur judiciaire a demandé au tribunal de commerce de Valenciennes (Nord), la mise en liquidation de la société. Le tribunal devrait se prononcer le 9 mars prochain.
Cette décision, si elle se confirme, marquera l’arrêt d’activité d’une entreprise plus que centenaire, longtemps référence d’une industrie ferroviaire née au cœur du bassin sidérurgique de la Sambre.

Née en 1911 sous l’appellation des Forges Léonard, Sambre et Meuse a employé jusqu'à 3 500 salariés dans les années quatre-vingt. Elle a été reprise par Manoir Industrie en 1994, puis cédée, en 2002, à l’encadrement mené par Patrick Ducatillon. En octobre 2010, elle est rachetée par la filiale luxembourgeoise du conglomérat russe Uralvagonzavol (UVZ). Ce dernier, contrôlé par l’Etat Russe, annonce regrouper plus de 30 entreprises et employer 70 000 salariés. Il est spécialisé dans la conception et la fabrication de matériel pour l’industrie ferroviaire, militaire et pour le BTP.

L’arrivée de l'opérateur russe est intervenue au moment où l’entreprise nordiste connaissait une nette dégradation de ses activités. Le chiffre d’affaires de Sambre et Meuse était alors de 15,6 millions d’euros (dont 11,7 millions d’euros à l’export), contre 22,5 millions d’euros en 2008 (dont 3,7 millions d’euros à l’export).

Une situation financière dégradée par la crise russe

Depuis, la situation de la société métallurgique n’a cessé de décroitre sur son marché traditionnel qu’est le ferroviaire pour lequel Sambre et Meuse fabrique des pièces de fonderie pour les boggies. Dans le même temps, l’actionnaire, et par ailleurs principal client, UVZ, a évoqué la chute du cours du rouble, l’embargo européen, le conflit en Ukraine - les boggies assemblées dans une usine basée à Krementchouk sont bloquées par le gouvernement ukrainien - et globalement la crise économique en Russie pour reconnaître ne plus être en mesure de recapitaliser sa filiale française. Fin 2013, Sambre et Meuse affichait un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’euros et 27 millions d’euros de dettes dont 18 millions de dettes financières.

La mise en redressement judiciaire en septembre dernier a un temps suscité l’intérêt du constructeur de wagons de fret AFR, basé à Douai et filiale de groupe indien Titagraph. Mais en vain, compte tenu de la situation financière de Sambre et Meuse. Puis, le chinois MA Steel s’est également manifesté, en évoquant une offre de reprise qui a été jugée très peu claire sur le plan industriel, et très faible sur le plan financier. MA Steel a repris en juin 2014, les actifs de la société valenciennois Valdunes, spécialisée dans la fabrication de roue ferroviaire.

Cette situation illustre selon l’USTM-CGT, l’extrême fragilité de l’industrie du fret ferroviaire. Ce syndicat estime que la SNCF, forte d’un parc de 13 500 de wagons de fret, et son actionnaire, l’Etat français, ne privilégient pas les fournisseurs français. Il demande une table ronde sur ce sujet.

Francis Dudzinski

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