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L'Usine Maroc

L'industriel chinois Shandong Shangang inquiète la filière marocaine

Vincent Souchon ,

Publié le , mis à jour le 28/07/2014 À 14H53

Le mémorandum signé le 22 juillet à Rabat entre le ministre de l'industrie Moulay Hafid Elalamy et le groupe industriel chinois Shandong Shangang pour l'implantation d'une usine de pipelines en acier dans la zone franche de Tanger ne fait pas que des heureux. De 150 millions de dollars sur trois ans, cet investissement fait débat parmi les professionnels de la filière.

L'industriel chinois Shandong Shangang inquiète la filière marocaine
La nouvelle zone export de Tanger Med
© tmsa

Grosse arrivée à Tanger. Le groupe industriel chinois Shandong Shangang a signé un mémorandum d'entente avec le ministre et de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy le 22 juillet à Rabat, selon un communiqué publié par Tanger Free Zone. Cet accord prévoit l'installation d'une unité de production de structures et de pipelines en acier dans la zone franche de Tanger Automotive City pour les besoins des marchés régionaux. Un projet qui provoque la méfiance des industriels marocains. (voir encadré)

250 000 tonnes d'acier par an

La future usine s'étalera sur 13 hectares et emploiera 250 personnes environ pour fabriquer et traiter des gazoducs et des oléoducs.  La capacité de production annoncée est de 250 000 tonnes d'acier par an.

La production de cette nouvelle unité de fabrication sera entièrement orientée à l'international, avec un objectif de 70% d'exportations vers l'Europe et 30% vers l'Afrique. Par ailleurs, selon des informations publiées par Jeune Afrique, le mémorandum prévoit que la nouvelle unité industrielle devra se fournir à 30% en contenu local pour ses achats.

"La signature de ce contrat avec le groupe chinois qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 7 milliards de dollars, est extrêmement important", s'est félicité M. Elalamy dans un communiqué, "Elle traduit la confirmation de la stratégie mise en place au Maroc visant à faire venir un certain nombre d'industriels chinois qui sont à la recherche de compétitivité".

Le montant de l'investissement s'élève à 1,3 milliard de dirhams (environ 150 millions de dollars) sur trois ans. La somme sera financée à 60% sur fonds propres de Shandong Shangang et à 40% par le fonds d'investissement sino-africain China Africa Development Fund (CADF).

un objectif de renforcement de la compétitivité du groupe

La réalisation du projet sera confiée à l'entreprise Toppeak Hong Kong, co-créée par Shandong Shangang et la CADF pour servir de plate-forme d'investissement à l'ensemble de leurs projets en Afrique.

L'implantation à Tanger Med "répond à un objectif de renforcement de la compétitivité du groupe", a indiqué Qian Yong, président de Toppeak Hong Kong et cosignataire du mémorandum, "cette installation consolidera notre présence sur les marchés locaux, européen et africain."

La première phase d'investissement devrait représenter 85 millions de dollars. Cette implantation d'un industriel chinois s'inscrit dans le cadre du développement du partenariat maroco-chinois, partie intégrante du Plan d'accélération industrielle 2014-2020 annoncé par le ministre Moulay Hafid Elalamy le 2 avril.

Le groupe Shandong Shangang prévoit un démarrage de la construction de l'unité industrielle avant la fin de l'année en cours. Qaunt au démarrage opérationnel, le calendrier prévisionnel le prévoit durant le dernier trimestre de l'année 2015.

 

A noter également que Shandong Shangang possède déjà une usine au Ghana, qui produit 60 000 tonnes de structures en acier par an.

 

Vincent Souchon

 

Un projet en débat
Avec ses 150 millions de dollars d'investissement sur trois ans et sa promesse de générer 250 emplois, le mémorandum signé le 22 juillet à Rabat avec l'industriel chinois Shandong Shangang pour implanter une usine de pipelines en acier dans la zone franche de Tanger avait tout pour bien démarrer. Loin de là.
Pourtant, "selon le mémorandum d'entente signé ce mardi entre le groupe chinois et l'État marocain, l'unité industrielle devra se fournir à 30% en contenu local." note Jeune Afrique.
Faisant allusion à la loi qui autorise les exportateurs de vendre 15% de leur production au Maroc, Ramon Fernandez le vice-président de la FIMME, cité par Maghreb Emergent, relève "si la convention signée avec le gouvernement autorise la vente de 15% de la production sur le marché local, là, il y aura un problème".
Contacté par L'Usine Nouvelle, Abdelhamid Souiri, nous avons envoyé la position de sa fédération.
"La FIMME ne voit aucun inconvénient à ce que des sociétés s'installent en zone franche et bénéficient de toutes sortes d'avantages pour s'attaquer a l'export. Là où nous ne sommes pas d'accord c'est d'octroyer des avantages dont nous ne bénéficions pas localement. Nous n'acceptons pas à ce que des sociétés viennent nous concurrencer sur notre marché. Il semblerait que ce ne soit pas le cas pour cette societe chinoise qui selon les dires du ministre de l'industrie lors de la cérémonie de signature du MOU va produire des tubes pipe pour le petrole et ce exclusivement à l'export. La societe chinoise ne pourra ecouler sur le marché local que ce qui n'est pas fabriqué localement et nous demandons à ce que des précisions nous soient données à ce sujet. Il est clair que si l'opportunité est donnée à cette société d'écouler 15% de sa production sur le marché local telle que le stipule le texte régissant les entreprises exerçant dans la zone franche, ce serait une catastrophe pour notre secteur."

 


 

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