L’industrie toujours au ralenti au Japon

Onze jours après la survenance du séisme et du tsunami au Japon, l’industrie mondiale ne redémarre pas. Plusieurs grands noms retardent la reprise de leurs activités sur place.

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L’industrie toujours au ralenti au Japon

L’automobile fait partie des secteurs les plus touchés. Toyota, qui a été dans les premiers à annoncer des fermetures de sites après le séisme, décide de prolonger l’interruption de production de toutes les unités de production dans l’archipel jusqu’au 26 mars inclus. Le groupe précise que tous les sites spécialisés dans les pièces de rechange et de production pour les usines situées en dehors du Japon ont repris leurs activités le 17 et 21 mars. Au total, entre le 11 et le 27 mars, le groupe pourrait enregistrer un déficit de production d’environ 140 000 véhicules.

Chez son compatriote Honda, même ligne de conduite. La direction avait prévu de reprendre la production le 24 mars. Mais c’est finalement le 28 mars que le groupe décidera ou non d’une reprise, « en fonction de l’état de récupération de la société japonaise dans son ensemble comme de ses chaînes d’approvisionnement ».

Les constructeurs étrangers aussi

Quant au géant américain General Motors, il a suspendu temporairement une partie de la production de son usine de moteurs de Buffalo. Une mesure qui concerne 59 des 623 salariés de l’usine. Le groupe avait déjà annoncé la fermeture d’une ligne de production sur son site de Louisiane.

Sa filiale européenne, Opel est aussi concernée. Elle a suspendu pour plusieurs heures une partie de sa production dans son usine de Saragosse en Espagne. Pour son homologue suédois Volvo, l’heure de la reprise des sites UD Trucks de la région de Tokyo a été fixée au 28 mars. Mais à un « rythme de reprise limité ».

En France, les deux constructeurs nationaux sont victimes de la situation japonaise. PSA Peugeot Citroën confie qu’une partie de sa production de moteurs diesel va être perturbée à compter du 23 mars, entraînant du chômage partiel sur tous les sites du groupe. Quant à Renault, il a été contraint de ralentir sa production sur son site de Busan en Corée du Sud.

A chacun sa pénurie

Au cœur de ces fermetures de sites réside un vrai problème pour les constructeurs. Tous sont victimes d’une pénurie de pièces détachées. Chez Toyota et Honda, ce sont les stocks d’équipements électroniques et les produits caoutchouc qui viennent à s’affaiblir. Pour Volvo, on craint notamment un manque de composants hydrauliques qui pourraient affecter sa production d’engins de construction en Chine et en Corée du Sud dès avril. C’est d’un manque de débimètre d’air fourni par Hitachi dont souffre PSA Peugeot Citroën, alors que Renault est en manque de moteurs et de boîtes de vitesse.

« Le point le plus critique reste la chaîne d'approvisionnement, assure la société de prévision IHS. Certains composants sont achetés auprès d'un fournisseur uniquement et il n'est pas possible de basculer immédiatement sur un autre fabricant ». Selon la société, la production automobile dans le pays pourrait chuter de 335 000 unités d’ici à la fin de la semaine.

L’électronique concernée par les problèmes logistique

Parallèlement, la filière électronique est très largement touchée. Panasonic a toujours quatre usines à l’arrêt au Japon, dans les divisions AVC Networks (photo et vidéo). Une conséquence de problèmes d’alimentation électrique et d’infrastructures routières. Selon la direction, « l’impact sur l’activité du groupe est encore difficilement évaluable. Mais les équipes travaillent d’arrache-pied pour évaluer la situation ». Certains autres sites du groupe situés à Osaka et Nagasaki, spécialisés dans les composants pour écrans de télévision, continuent de fonctionner normalement.

Son concurrent Sony annonce pour sa part l’interruption ou la réduction de production dans cinq usines supplémentaires au Japon. « Si la pénurie de pièces et de matériaux dans ces usines continue, nous envisagerons les mesures nécessaires, y compris un transfert temporaire de la production à l'étranger », confie la direction. Sur les 25 usines que compte le groupe, 15 d’entre elles sont actuellement affectées.

Pour Canon, toutes les inquiétudes reposent sur le manque d’essence qui affecte les livraisons de ses produits et empêche certains salariés de se rendre au travail. Nikon enfin joue une carte plus optimiste en précisant qu’il espère reprendre la production dans toutes ses usines d’ici à la fin du mois. Même s’il ne cache pas que le retour à un niveau normal de production devrait être difficile du fait des coupures de courant et pénuries de pièces. Le fabricant Texas Instruments a pour sa part une usine endommagée et donc à l'arrêt sur les quatre qu'il compte au Japon.

Au total, le Japon produit environ 20% des volumes mondiaux de puces informatiques et a exporté pour 62,4 milliards d’euros de pièces électroniques en 2010, selon Mirae Asset Securities.

Si l’automobile et l’électronique semblent être les plus concernés par les conséquences du séisme, le groupe minier Rio Tinto a fait savoir que ses projets de développement étaient menacés. Preuve que la vague des difficultés se propagent à tous les secteurs. L'institut français de la mode a fait savoir le 22 mars sa crainte de voir le développement des grandes enseignes françaises affecté par les catastrophes survenues au Japon.


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