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L'Usine Aéro

[L'industrie s'envoie en l'air] "J'ai testé le Zéro-G !"

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Publié le , mis à jour le 31/08/2018 À 16H23

Reportage Une journée à bord de l’Airbus Zero-G du Cnes, avec les chercheurs qui multiplient les expériences en micropesanteur.

[L'industrie s'envoie en l'air] J'ai testé le Zéro-G !
Une journée à bord de l’Airbus Zero-G du Cnes, avec les chercheurs qui multiplient les expériences en micropesanteur.
© D.R. voir les IPTC

Injection !" Le décompte du capitaine de bord nous annonce que l’Airbus A310 Zero-G va piquer à 45° pour basculer en chute libre. À l’arrière de la cabine, côté hublot, j’aperçois l’inclinaison inquiétante de l’avion. Seule solution pour ne pas céder à la panique : avoir une confiance aveugle dans les trois pilotes expérimentés spécialement formés pour ce type de vol, dont l’astronaute Thomas Pesquet. Tout à coup, la magie opère. Mon corps m’échappe, une force invisible me soulève. Une rangée devant, la longue tignasse rousse de ma voisine s’élève à la verticale.

 

Quelques sièges plus loin, le médecin de bord, joueur, tente de tourner les pages du magazine qui flotte devant lui. Avec l’appareil, nous avons tous basculé dans une nouvelle dimension, celle de la microgravité. Parti de sa base de l’aéroport de Mérignac (Gironde), l’A310 Zero-G va effectuer une trentaine de figures au-dessus de la Méditerranée durant deux heures et demie.

 

C’est la 135e campagne de vols paraboliques, organisée par le Centre national d’études spatiales (Cnes) et opérée par sa filiale Novespace. Pour ludique qu’elle soit, l’expérience est l’un des moyens les plus efficaces pour innover dans le domaine spatial. L’appareil s’est imposé comme le plus gros laboratoire de micropesanteur au monde, capable d’emporter une quarantaine de chercheurs avec leurs expériences.

 

 

Les finalités sont multiples. Pour l’une des équipes présente, l’étude du ballottement d’un liquide en microgravité va permettre de mieux comprendre les perturbations générées par les oscillations du carburant des satellites en orbite. "La phase de microgravité offre une dispersion homogène dans l’espace des particules que nous voulons étudier", précise Jean-Baptiste Renard, chercheur au LPC2E-CNRS, le laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace. L’A310 Zero-G confronte la théorie à la réalité.

 

Une phase de 22 secondes

Dans leurs combinaisons bleues, la trentaine de scientifiques à l’avant de la cabine s’affairent, concentrés sur l’une des dix manipulations à mener. Le temps presse : la phase de micropesanteur ne dure que 22 secondes, le temps pour l’avion de décrire une parabole. "Les expérimentations ont été calibrées pour respecter cette contrainte", indique Guillaume Legros, chercheur à l’université de la Sorbonne. Là, dans un caisson pressurisé relié à un PC, une expérience filme la propagation d’une flamme sur la gaine d’un fil électrique. "Cela nous apprendra à maîtriser un incendie qui pourrait survenir à bord des vols habités de longue durée", poursuit-il.

Plus loin, Lucas, bardé de capteurs physiologiques sur la tête et les bras, sert de cobaye consentant. Ses écouteurs diffusent des pleurs de bébé ou des cris stridents de femme en détresse. Objectif : mesurer la résistance au stress d’un individu en situation de microgravité.

"5 secondes, 4 secondes…" Le capitaine égrène les dernières secondes avant la reprise du vol ascensionnel. La chute pourrait être douloureuse. Je m’agrippe aux sangles rouges prévues à cet effet. D’un coup net, la tignasse rousse de ma voisine retombe, le magazine du médecin se retrouve au sol. La gravité a repris ses droits. Mais pas de répit pour les scientifiques. Ces derniers s’agitent pour remplacer un échantillon, modifier les paramètres d’une expérience, aligner un instrument. En une minute et quinze secondes, l’appareil vient d’accomplir une parabole dans le ciel. Et déjà, la suivante s’annonce. 

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