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L'Usine Santé

L'industrie pharmaceutique en première ligne face à la défiance vaccinale

Gaëlle Fleitour

Publié le

Marisol Touraine doit annoncer ce mardi 12 janvier une nouvelle politique, pour faire face à la défiance envers les vaccins. Des parents ont ainsi été récemment condamnés pour avoir soustrait leur fille à l'obligation vaccinale. Leurs arguments mettaient en cause l'industrie.

L'industrie pharmaceutique en première ligne face à la défiance vaccinale © DR

Ce mardi 12 janvier, la ministre de la Santé Marisol Touraine doit présenter sa nouvelle stratégie pour la vaccination. Elle s’appuiera sur un rapport de l’ex députée PS Sandrine Hurel, que Manuel Valls avait fait plancher suite au bilan insatisfaisant du vaccin contre la grippe de l’hiver 2014-15. Entre temps, la défiance dans les vaccins a pris de l’ampleur, avec le lancement en mai 2015 par le professeur Joyeux d’une pétition s’attaquant au vaccin pédiatrique Infanrix Hexa.

Bien que généralement démenties scientifiquement, les attaques contre les vaccins ne datent pas d’hier. Mais un tournant dramatique apparaît avec la recrudescence de maladies qui auraient pu appartenir au passé... Dernier acte en date, un couple, les Larère, a été condamné le 7 janvier par le tribunal correctionnel d’Auxerre. La raison ? Il avait refusé de soumettre sa fille aux obligations vaccinales, qui concernent la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite via le vaccin DTP. Alors qu’ils risquaient jusqu’à six mois de prison ferme et 5 000 euros d’amende, le tribunal a choisi une condamnation a minima : deux mois de prison avec sursis.

Des vaccins toujours plus combinés et chers

Les industriels n’ont-ils malgré tout pas leur part de responsabilité ? C’est ce qu’invoquent ces parents et certains médecins, en arguant qu’il est devenu quasiment impossible de trouver sur le marché français des vaccins DTP qui ne soient combinés à d’autres valences non obligatoires, bien que recommandées par les autorités de santé…

Car les laboratoires ont successivement remplacé les vaccins tétravalents DTP par des pentavalents, puis hexavalents : protégeant aussi contre la coqueluche, certaines formes de méningite et l'hépatite B. Des innovations, qui permettent de limiter les injections sur l’enfant, rappelle l'industrie. En contrepartie de prix plus élevés et de protections de brevets plus longues. Problème, les vaccins tétravalents et pentavalents (sans protection contre l’hépatite B) ont connu une large rupture de stock en 2015, ne laissant plus vraiment le choix aux parents…

Des contraintes réglementaires et de production

Côté industriel, on invoque l’embouteillage des calendriers vaccinaux des pays européens, qui imposent notamment des rappels plus réguliers suite à une épidémie de coqueluche survenue en 2012-2013. "Nous n’avons pas pu l’anticiper car l’épidémie ne le justifiait pas", invoquait David Lechleiter. Ce responsable mondial de l’approvisionnement des vaccins du laboratoire anglais GSK intervenait lors d’une matinée organisée en décembre par le syndicat de l’industrie pharmaceutique sur la problématique des vaccins. Assurant qu’il faisait tout pour améliorer la situation, David Lechleiter rappelait qu’il faut près de deux ans pour fabriquer un vaccin. Et que les contraintes réglementaires sont particulièrement élevées pour faire approuver des lots dans l’Hexagone.

"Les médecins savent qu’il existe des circuits possibles, nous ne sommes pas dans l’absence totale de solutions", assurait pour sa part Marie-Aliette Dommergues, pédiatre infectiologue au centre hospitalier de Versailles. A la demande du couple Larère, le fabricant français Sanofi Pasteur, numéro trois mondial des vaccins, avait ainsi mis à sa disposition des préparations ne visant que le DTP. Problème, elles contenaient un adjuvant, le mercure, dont ces parents craignent la toxicité. L'opération anti-défiance visée par Marisol Touraine ne sera pas aisée.

Gaëlle Fleitour

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