L'industrie passe à l'ère post - PC

Pour cette vingtième édition, la technologie sans fil Bluetooth et les nouveaux terminaux Internet censés succéder au PC se disputaient la vedette. Côté logiciels, Microsoft jouait les gros bras sur un stand immense, tandis que se tenait la première Linux

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L'industrie passe à l'ère post - PC

C'est ironique. Le Comdex, salon de l'industrie de la micro-informatique né avec le PC et pour le PC, fêtait cette année ses vingt ans. Et il n'a rien trouvé de mieux, pour cet anniversaire, que d'annoncer la " mort du PC " et le véritable début de l'ère Internet. Mort du PC ? Soyons un peu plus nuancé. D'abord, dans les allées du Comdex, le micro-ordinateur était omniprésent et loin d'être moribond. Ensuite, comme le mainframe, donné pour mort depuis des années et toujours vivace, ce n'est pas à proprement parler de décès dont il a été question, mais de la fin d'une époque : celle du PC-roi. C'est donc à une " révolution copernicienne " que l' on a pu assister : le PC se trouve désormais réduit au rôle de planète d'un système solaire dont le centre s'appelle... Internet. Demain, les services vont " envelopper " les produits D'où tient-on cela ? Il suffisait d'écouter les " keynotes speeches " donnés à Las Vegas par le gratin de l'informatique : Bill Gates, patron de Microsoft ; Scott Mac Nealy, P-DG de Sun ; Carly Fiorina, patronne de Hewlett-Packard ou Nobuyuki Idei, président de Sony. Tous expriment désormais clairement que, avec Internet, l'enjeu majeur n'est plus le PC, mais les myriades d'" appliances " - c'est- à-dire des appareillages électriques de toute sorte - susceptibles de se connecter au réseau. Bill Gates est le premier à en convenir. S'il valorise toujours le PC, il s'est malgré tout senti obligé de présenter, au cours de son " keynote ", " une panoplie de machines - toutes tournant sous Windows CE, bien entendu - qui permettent de se connecter au Web en se passant du PC. Et surtout la sienne, le MSN Web Companion. Il s'agit, en gros, d'un terminal intelligent fondé sur Windows CE qui permet de naviguer sur Internet en se connectant au... service en ligne de Microsoft, MSN. Bill Gates ne franchit ainsi qu'un tout petit pas. On ne s'en étonnera pas, Scott Mac Nealy va beaucoup plus loin. Il résume bien la situation actuelle, affirmant que " désormais, la grande affaire n'est plus de connecter tout le monde à Internet, mais de connecter toute chose ". Ces " choses ", les " appliances ", il y en a potentiellement des millions, voire des milliards. Le tout premier appareil concerné est bien entendu le téléphone mobile. Mais le patron de Sun envisage même, et sans rire, l'éventualité de la connexion des... ampoules électriques au Web. Tout est bon pour Sun, du moment que ces appliances utilisent son langage, Java. Il revenait à Carly Fiorina, la nouvelle responsable de Hewlett- Packard, de donner, en quelque sorte, le fin mot de cette histoire. " L'ère des produits est terminée, affirmait-elle. Ce qui compte maintenant, c'est le service qui " enveloppe " le produit. " La Playstation II veut remplacer le PC Et voilà très précisément ce qui change. Internet n'est pas seulement un lieu où aller chercher de l'information avec un PC. Le Web permet de délivrer des services spécifiques via tous les produits électroniques liés au réseau. Et, ce faisant, il les transmute. Des exemples ? Carly Fiorina annonçait l'imminence d'un partenariat avec Swatch pour une montre Internet. Mieux, elle a décrit comment le réseau allait changer profondément le rôle de ses imprimantes en faisant d'elles le support de nouveaux services. Cette idée est totalement partagée par Nobuyuki Idei, patron de Sony, hormis qu'il reste, lui, dans son domaine : l'électronique grand public. Lors de sa conférence, il présentait ainsi (voir plus loin) des produits de nouvelle génération (comme un Walkman Internet) qui tirent leur substance même du réseau. Et, au passage, il se permettait de donner le coup de pied de l'âne au PC en le qualifiant d'" outil d'accès bande étroite " à Internet. Ce qui veut dire ? Tout simplement que le poste domestique du futur sera un outil " large bande ", permettant de recevoir son et images. Lequel ? Mais la PlayStation II, naturellement, dont on a pu brièvement juger des étonnantes performances. Des plates-formes logicielles alternatives Cette année, le stand le plus imposant était à coup sûr celui de Microsoft, qui présentait en fanfare les innovations de Windows 2000. Le successeur de Windows NT 4, que Bill Gates s'est engagé à commercialiser au plus tard le 17 février, se déclinera en quatre versions. La Professionnal Edition sera destinée aux stations de travail. La Server Edition prendra en charge les réseaux locaux en gérant les partages de fichiers et autres ressources, comme les imprimantes. L'Advance Server Edition offrira des services de haute disponibilité et sera indiquée pour le commerce électronique. Enfin, la Datacenter Edition intéressera surtout les grands comptes soucieux de gérer des applications critiques de taille majeure. Parmi les principales nouveautés communes aux quatre versions, on notera, le support du plug and play déjà présent sur les versions grand public de Windows (95 et 98), l'intégration d'un module de cryptographie, la possibilité de conserver l'environnement d'un utilisateur, quel que soit le poste de travail où il se connecte, et enfin un nouvel assistant de configuration capable de réinstaller automatiquement des composants défectueux. Dans un très grand amphithéâtre, des milliers de visiteurs sont venus assister aux démonstrations de ces nouveautés. Des versions bêta du système (la Release 2) étaient également disponibles gratuitement sur CD pour quiconque en faisait la demande. Un déploiement de moyens qui s'explique par la présence sur le Comdex d'un système d'exploitation alternatif de plus en plus crédible, à savoir Linux. Le logiciel libre monte en puissance Cette année se tenait en effet la première Linux Expo intégrée au Comdex. Tout un symbole, pour le monde du logiciel libre ! Parmi la multitude d'annonces effectuées par la communauté Linux, on retiendra l'achat de Cygnus Solutions par Red Hat au prix d'un échange d'actions représentant un montant de 674 millions de dollars. Avec l'acquisition de cet éditeur spécialisé dans le développement de logiciels Linux, Red Hat entend devenir le numéro 1 du logiciel libre professionnel. Autre annonce de poids, le lancement, par l'éditeur canadien Corel, d'une distribution Linux grand public. Baptisée Corel Linux, la nouvelle mouture intègre un programme d'installation comparable aux assistants proposés par Windows, un gestionnaire de fichiers très complet et un panneau de configuration qui centralise les paramètres du système. Trois versions sont disponibles. Une version gratuite est téléchargeable sur le Net. Deux versions payantes, baptisées Standard et Deluxe, vendues respectivement 60 et 90 dollars, incluent des logiciels supplémentaires. En plus de l'opposition logiciel libre/logiciel commercial, le Comdex laissait aussi présager une confrontation applications en ligne/applications en local. Dans le domaine de la bureautique, Sun a distribué massivement et gratuitement sa suite Star Office 5.1, récemment achetée à l'éditeur allemand Star Division, et dont une version en ligne devrait bientôt être proposée sur le site StarPortal. Parallèlement, Microsoft a présenté pour la première fois un stand Microsoft Office Online. Plusieurs terminaux connectés à un serveur équipé de Windows Terminal Server permettaient d'exploiter une version en ligne d'Office 2000. Avec des temps d'exécution identiques à ceux offerts par une version locale, le traitement de texte Word était consultable sur cinq postes simultanément. Les prix ne sont pas encore connus, mais, selon les démonstrateurs présents sur le stand, le produit devrait d'abord être proposé en location. Les successeurs du PC Sur les stands des rares constructeurs présents, les PC classiques subissaient une cure d'amaigrissement. A destination du grand public, Sony exposait un modèle de haut de gamme baptisé SlimTop. Composé d'un boîtier " racé ", aux dimensions réduites, et équipé d'un Pentium III, il est couplé à un écran plat de 14 pouces et est complètement multimédia. Son prix est de 2 500 dollars. Pour un public plus professionnel, le numéro 2 de la vente directe, Gateway, présentait un PC moins puissant, mais encore moins encombrant que le SlimTop de Sony : le SlimLine. L'unité centrale est en fait intégrée à un écran plat de 15 pouces qui inclut la carte mère et les composants du PC (lecteur de disquettes et de CD-Rom). Equipé d'un processeur AMD K6-2, le SlimLine est à peine plus cher que les autres PC (environ 1 500 dollars), pour un encombrement sans comparaison. Sa date de commercialisation en France n'est pas encore connue. Les portables, déjà au régime sur le salon de l'an passé, continuaient eux aussi d'afficher des dimensions réduites, tout en embarquant des processeurs aussi puissants que ceux des ordinateurs de bureau. Dans le haut de gamme, le Vaio XG9 de Sony et le Travel Mate 340 d'Acer utilisent ainsi les tout derniers processeurs Pentium III Mobile d'Intel. Malgré ces quelques modèles, le PC s'est fait très discret sur le Comdex, au profit des " Internet Appliances ", des machines moins généralistes que le PC et capables de se connecter au réseau. Il faut dire que l'industrie avait clairement annoncé que le thème fort de ce Comdex serait d'identifier le ou les successeurs du PC dans un monde désormais centré sur Internet. Dans cet esprit, Compaq a mis les projecteurs sur l'iPaq, une machine dont il a déposé officiellement le nom. L'industrie invente le " Net-PC " Quel concept se cache derrière ce label, qui rappelle l'iMac d'Apple ? L'iPaq entend rompre avec tous les défauts attribués au PC, à savoir la laideur, l'encombrement et la complexité d'utilisation. Il s'appuie sur des processeurs Intel (Celeron et Pentium III) et fait tourner Windows (98, NT et 2000). Comment, alors, ne pas parler de PC ? La différence vient d'un look très stylé et d'un design compact. Pesant seulement 5 kilos, l'iPaq a des dimensions réduites qui lui font économiser 75 % de la place occupée par un PC classique. Il s'ouvre très simplement sur le côté pour ajouter de la mémoire. La connectique est simplifiée le plus possible, puisqu'on ne trouve que des ports USB, comme sur l'iMac (des modèles avec slots ISA et PCI seront disponibles pour les entreprises qui le souhaitent). Destiné aux entreprises, l'iPaq sera disponible en mars 2000 en France et ne coûtera que 499 dollars sans écran (Celeron 500 avec 64 Mo de Ram et 4,3 Go de disque dur). Un prix agressif, pour un PC qui suffit à la plupart des usages professionnels (bureautique et Internet) ! Compaq espère que l'iPaq et ses successeurs représenteront de 15 à 20 % des machines vendues aux entreprises l'an prochain et que ce chiffre dépassera les 50 % d'ici à trois ans. Le constructeur texan n'est pas le seul à croire au concept de " Net-PC ". Peu avant le Comdex, Hewlett-Packard avait annoncé le lancement d'une nouvelle gamme d'ordinateurs " Internet " destinée aux entreprises et baptisée ePC, dont il a dévoilé un proto-type au Comdex. Disponibles au premier trimestre de 2000, ils disposeront d'une connectique plus complète que l'iPaq (ports série, parallèle, USB), mais on ne sait pas s'ils seront aussi bon marché. IBM a également annoncé une machine de ce type, baptisée Eon, qui n'était pas visible sur le Comdex. Les assistants numériques montent en puissance Autres successeurs potentiels du PC, les assistants numériques de Palm Computing ont attiré des milliers de personnes sur le salon. Un succès qui fait dire à Alan Kessler, le P-DG de Palm Computing, que le seul véritable Personal Computer (PC) est le Palm Pilot. On a pu notamment voir la démonstration des premiers services en ligne destinés au Palm VII, qui, grâce à une antenne, peut recevoir des courriers électroniques et transférer des informations sur les réseaux de téléphonie mobile des Etats-Unis. Pendant le salon, Sony a aussi dévoilé la signature d'un accord de licence avec Palm Computing qui montre la pertinence de la plate-forme. Le constructeur japonais a préféré le système d'exploitation Palm OS à Windows CE pour sa prochaine gamme d'assistants numériques. Les futurs appareils de Sony, qui devraient communiquer par liaison sans fil, seront aussi doués pour le multimédia. Ils intégreront pour cela la mémoire amovible Memory Stick, qui est devenue la clé de voûte des produits de Sony. En retour, ce support de stockage, de la taille d'un chewing-gum et qui contient jusqu'à 128 Mo de mémoire, devrait se retrouver sur les futurs assistants de Palm Computing. En riposte à la montée en puissance de Palm OS, Microsoft a dévoilé quant à lui sa stratégie de Web Companion. Il s'agit de terminaux Internet équipés de Windows CE. Vendus moins de 200 dollars, ils seront destinés au grand public et se connecteront directement sur le site de services en ligne MSN de Microsoft. Le géant du logiciel a d'ores et déjà le soutien de grands constructeurs et d'équipementiers d'électronique grand public, dont Acer, Philips et Thomson Multimédia. Les premières versions seront commercialisées à la mi-2000, mais on pouvait déjà voir des prototypes sur le Comdex. Acer présentait l'i-Station et Vestel l'Internet.Phone, deux appareils en droite ligne des Minitel Internet mis au point par Alcatel et Matra Nortel. Des machines portables originales Parallèlement, on pouvait aussi voir sur les autres stands les dernières versions des assistants Windows CE. L'un des plus aboutis était sans doute le récent Jornada 430e de Hewlett-Packard. Avec un écran de 65 536 couleurs et 16 Mo de mémoire vive, ce modèle est capable de jouer de la vidéo et des fichiers MP3. Autant de données qui peuvent être stockées sur le nouveau disque dur MicroDrive d'IBM compatible avec le Jornada. Disponible seulement aux Etats-Unis pour l'instant, il coûte 499 dollars. Enfin, on trouvait des machines encore moins conventionnelles en matière d'ergonomie et de design. Ainsi, le Qbe - prononcer cube - d'Aqcess Technologies est une tablette graphique au format A4 qui entend allier la mobilité d'un portable à la puissance d'un ordinateur de bureau tout en offrant une interface très conviviale. Ecran tactile de 13,3 pouces, reconnaissance d'écriture, reconnaissance vocale, accès Internet, microphone et caméra CCD intégrés, le Qbe est un condensé de technologies offrant un design soigné et pesant seulement 2 kilos. Equipé d'un Pentium II à 400 MHz et de 64 Mo de mémoire vive, il tourne sous Windows. Deux emplacements PCMCIA, des ports USB et Firewire ainsi qu'une baie de connexion permettent d'ajouter toutes sortes de périphériques, comme un lecteur de CD ou de DVD. Reste son prix, encore peu convaincant : 3 000 dollars sans clavier. Dans un autre genre, le Via II de la société Via Inc., qui se définit comme un " wearable computer ", était sans doute le plus original des ordinateurs portables présentés cette année. Doté d'un disque dur de 3,2 Go et pouvant accueillir jusqu'à 64 Mo de mémoire, l'engin tourne sous Windows 98, alors que ses dimensions rappellent plutôt celles des assistants de poche Windows CE. Portable à la ceinture, il se connecte à un écran tactile disponible en option. On a le choix entre un écran TFT de 6,5 pouces de diagonale pour les applications d'intérieur et un écran antireflet de 8,5 pouces de diagonale pour les utilisations en extérieur. Un module de reconnaissance vocale permet de commander les applications via un casque-micro. La machine possède des ports USB et RS-232, ainsi que deux emplacements pouvant accueillir des cartes PCMCIA. Elle devrait être commercialisée entre 3 000 et 4 000 dollars avec un écran. Des technologies PC qui évoluent Même si les Internet Appliance se multiplient, les technologies des composants PC continuent de progresser. Miniaturisation oblige, les mémoires Ram se sentent désormais à l'étroit dans les PC. Kingmax Micro Technology a donc mis au point de la mémoire Dram, baptisée TinyBGA, qui double la capacité de stockage pour un même encombrement. Ces barrettes, livrées en 64, 128 et 256 Mo, restent compatibles avec les standards de l'industrie et supportent notamment les cartes mères à bus 100 et 133 MHz (standards PC100 et PC133). La mémoire vive rapetisse et accélère Pour accélérer les performances des serveurs, les premières mémoires Rambus RD-Ram à haut débit ont été présentées sur le salon avec quelques mois de retard. Les premiers modèles étaient prévus pour la fin septembre, mais Intel avait reporté la sortie de son jeu de composants i820 - qui est le seul à supporter la mémoire Rambus - en raison d'un bogue mystérieux. Pour les processeurs à proprement parler, ni Intel ni AMD n'ont fait la démonstration de leurs puces. En fait, seul Via, qui a récemment acheté Cyrix et s'appelle désormais Via Cyrix, montrait des nouveaux modèles sur un stand à son nom. On pouvait notamment voir un PC estampillé Via on board, en écho au célèbre logo Intel inside. Il s'agissait en fait d'un PC utilisant les successeurs des processeurs MII de Cyrix répondant au nom de code de Joshua. Ce processeur, que Via positionne sur le marché des Celeron à 400 ou 500 MHz, devrait être proposé à un prix particulièrement agressif en février. La technologie la plus excitante de ce Comdex s'est illustrée lors de la démonstration des premiers produits compatibles avec la norme de communication par ondes radio BlueTooth. Actuellement, aucun standard n'a réussi à s'imposer qui permette de relier tous les équipements informatiques à courte distance. La technologie BlueTooth, qui offre un débit de 1 Mbps dans un rayon de 10 mètres, devrait rapidement s'imposer. Les communications sans fil se standardisent Nokia et Ericsson, les deux équipementiers de téléphone mobile qui ont fondé le consortium Blue-Tooth, ont aussi montré leur premier appareil compatible. Nokia a fait communiquer un mobile Nokia 6190 et un portable IBM équipé d'une carte BlueTooth au format PCMCIA. Ericsson a quant à lui présenté un écouteur léger, baptisé BlueTooth Headset, qui communiquait avec un mobile T28 World. Grâce à ce casque-micro, qui sera commercialisé à la mi-2000, on peut passer des coups de fil sans sortir son téléphone mobile de sa poche ou de son attaché-case. La portée du casque est de 10 mètres. Selon les démonstrateurs présents sur les stands, cent fois moins puissant que pour le téléphone mobile, le rayonnement de la technologie BlueTooth entraînerait moins de risques pour la santé que les téléphones mobiles - si risques il y avait. Lancé par les grands fabricants de téléphones portables, BlueTooth ne sera pas cantonné à la téléphonie. Palm Computing a présenté un Palm V capable de communiquer avec un PC via une connexion BlueTooth plutôt que par infrarouge. Et les réseaux locaux, qu'ils soient domestiques ou d'entreprises, peuvent aussi en bénéficier. Sur le stand Toshiba, on pouvait voir cinq portables Portege formant un réseau local sans fil sur un vaste plateau ! Chaque ordinateur était pour cela équipé d'une carte BlueTooth au format PCMCIA conçue par la société DigiAnswer. Spécialisée dans le développement de technologies sans fil, DigiAnswer est aujourd'hui majoritairement détenue par Motorola, qui a pris son contrôle fin octobre. Sur le stand de Toshiba, les portables s'échangeaient textes, voix et photos sans le moindre souci. Pour les ordinateurs de bureau, des cartes réseau compatibles BlueTooth se connectant sur le port USB sont en développement. On pouvait notamment voir un prototype développé par TDK. A terme, toute l'industrie des nouvelles technologies est concernée. Selon lDC, Bluetooth sera en standard sur tous les ordinateurs portables fin 2001. L'avènement du numérique Cette année, le Comdex était aussi le reflet d'un monde numérique. A commencer par la musique, qui a donné naissance à un nombre impressionnant de baladeurs MP3 présents en force sur le salon. Ce format de fichiers connaît un succès sans précédent sur Internet, à tel point que le mot MP3 est aujourd'hui le plus recherché sur Internet, devant le mot Sex ! Un peu en retard sur les fabricants de périphériques issus du monde informatique, comme Diamond Multimedia ou Creative Labs, les ténors de l'électronique grand public ont présenté leur modèle, qui inclut des dispositifs de sécurité pour éviter le piratage. Tandis que le Clip audio de Sony ressemble à un gros stylo, le Rush de Philips est un lecteur carré qui joue lui aussi la carte de l'élégance. Disponible, en début d'année prochaine, ces lecteurs coûteront aux alentours de 300 dollars. Faciles à numériser, les textes imprimés sont récupérables avec des scanners de poche de plus en plus maniables et " intelligents ", qui se présentent comme des appareils photo ou des stylos. Ainsi, le nouveau scanner à main de Hewlett-Packard, le CapShare 920, succède au CapShare 910. Plus performant, il sait désormais numériser les cartes de visite et les tableaux de chiffres sous une forme éditable. Les logiciels embarqués dans l'appareil savent identifier les données scannées : les noms, adresses et numéros de téléphone sont automatiquement rangés dans les champs correspondants de votre base de données " carnet d'adresses ". Vendu 499 dollars, le CapShare est un outil idéal pour éditer, " mailer " ou faxer n'importe quel texte déjà imprimé. Dans le même champ d'applications, le C-Pen 200 vient compléter la gamme de C-Technologies. Vendu seulement 200 dollars, contre 500 pour le premier C-Pen, il offre une batterie rechargeable et des performances de numérisation identiques. On peut s'en servir pour numériser juste les portions de texte intéressantes. Pour les entreprises qui souhaitent ne pas perdre la trace des présentations qu'elles effectuent sur tableau blanc, le dispositif Mimio de la société Virtual Ink permet de numériser en temps réel des dessins effectués avec des feutres de couleur classiques. Le tableau et les feutres sont équipés de capteurs très discrets qui servent à numériser chaque tracé. Le logiciel fourni avec le système peut aussi piloter une présentation assistée par ordinateur et à laquelle on ajoute des commentaires. Enfin, après la vue et l'ouïe, le numérique s'attaque désormais aux odeurs. L'innovation la plus inat- tendue de ce Comdex était en effet à découvrir sur le stand de la société française AC2I : un diffuseur d'odeurs piloté par ordinateur ! Baptisé Olfacom, le système diffuse des gaz odorants sans alcool qui ne laissent aucune odeur résiduelle après utilisation. Il utilise pour cela des cartouches d'une autonomie de trois mois qui, combinées, peuvent produire une mul- titude d'odeurs. Conçu comme un véritable périphérique (il se connecte au port série RS-232), Olfacom ajoute une dimension olfactive à tout type d'applications du CD-Rom éducatif aux jeux en passant par la navigation sur le Web. Un système qui préfigure l'Internet olfactif de demain ? De nos envoyés spéciaux à Las Vegas, Franck Barnu et David Maume Un salon très visité Quelque 205 000 visiteurs, venus de 154 pays, se sont rendus sur le salon. Ils ont pu visiter les stands de 2 100 exposants, venus de 25 pays. 3 600 journalistes ont couvert l'événement. Les huit principaux " keynotes " ont accueilli en moyenne 3 000 personnes. C'est Bill Gates qui a rassemblé le plus large public : 6 500 " spectateurs " sont venus écouter la première fortune du monde.

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