[L'industrie part à la plage] Avec ce "sable vert", les plages pourraient contrer les émissions de CO2

La solution miracle contre les émissions de CO2 réside-t-elle dans les minéraux ? Reproduisant un procédé naturel, un groupe de scientifiques entend transformer le dioxyde de carbone en bicarbonate, grâce à un mystérieux "sable vert", l'olivine...

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Ce "sable vert" est constitué d'olivine, un minéral volcanique.

Et si la lutte contre les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique se faisait sur la plage ? Même si elle peut paraître surprenante, l'idée est tout à fait sérieuse. Dans les Caraïbes, une équipe de scientifiques, constituée depuis 2019 autour de l'initiative à but non lucratif Project Vesta, va démarrer l'expérimentation de sa trouvaille, un sable vert. Celui-ci pourrait purifier l'air de son dioxyde de carbone (CO2).

Qu'est-ce donc que ce sable vert ? De l'olivine, un minéral vert du groupe des silicates qui, selon Project Vesta, pourrait transformer les plages et la mer en capteur de carbone. Cette roche se forme lors d'éruptions volcaniques. Propulsés dans l'air, les silicates de fer et le magnésium présents dans le magma se transforment en olivine, avant de se fondre dans la lave.

Un processus bénéfique pour l'environnement et les organismes marins

Project Vesta espère se servir des propriétés naturelles de l'olivine. En effet, lorsque les vagues déferlent sur les roches volcaniques, l'eau déclenche une minuscule réaction chimique à leur surface. Désignée en tant qu'"altération de l'olivine", cette réaction retire le CO2 de l'air ambiant et produit du HCO3, plus connu sous le nom de bicarbonate.

Rejeté dans l'océan, le bicarbonate est consommé par différents organismes et transformé en coquillages et structures coralliennes. Ainsi, reproduire l'altération de l'olivine revêt deux avantages : d'un côté la capture et la suppression du CO2, de l'autre une production plus importantes de coraux et de coquillages, dont l'importance vitale pour beaucoup de vivants marins n'est plus à prouver.

Open sourcé, c'est à dire ouvert aux contributions externes, le travail de Project Vesta a initialement été lancé par Climitigation, un think tank climatique américain créé en 2016. "Il existe de nombreux gouvernements, organisations et personnes qui travaillent à arrêter ou ralentir la diffusion du CO2 dans l'atmosphère", explique Climitigation sur son site web. "Mais on ne se concentre pas assez sur la réparation des dommages existants".

Un déploiement minime pourrait capturer 100 % des émissions humaines

Parce qu'il ne fait qu'observer et accélérer un processus naturel impliquant des composés non toxiques ni dangereux, le Project Vesta a rapidement accumulé des connaissances issues de dizaines d'années de recherche, sur l'olivine, l'altération forcée (méthodes de dissolution des minéraux pour l'élimination du CO2), ou la capture du carbone. "S'il est déployé sur seulement 2 % des mers épicontinentales, le dispositif pourrait permettre de capturer 100 % des émissions humaines annuelles", explique dans un communiqué l'organisation.

Le captage et la capture du CO2 ne sont pas des idées neuves en soit. Dans le Dakota du Nord (États-Unis), le Project Tundra ambitionne de créer la plus grande structure du monde en vue de cet objectif. De nombreuses entités internationales, dont les experts du Giec, intègrent d'ailleurs la technique dans leurs scénarios de réduction des émissions. Il n'empêche que l'initiative de Project Vesta pourrait apporter une très belle pierre à l'édifice. Alors, si un jour vous apercevez du sable vert, réjouissez-vous !

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