L'industrie japonaise en difficulté en 2011

Les industriels nippons revoient pour la grande majorité d’entre eux leurs bénéfices à la baisse. La faute au séisme du 11 mars au Japon et des inondations en Thaïlande mais aussi du yen fort. Explications.

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L'industrie japonaise en difficulté en 2011

Les entreprises japonaises dévoilent leurs résultats pour le troisième trimestre de leur année comptable. Et les mauvaises nouvelles s'égrènent, ce mardi 31 janvier, au fil des déclarations des industriels nippons sur les neuf premiers mois de cet exercice fiscal clos fin décembre.

Konica Minolta a dégagé un gain net de seulement 5,4 milliards de yens (54 millions d'euros) pour la période d'avril à décembre 2011, deux fois moins que l’année précédente. Le fabricant de produits bureautiques japonais Ricoh a prévenu qu'il s'attendait désormais à terminer l'exercice 2011-2012 dans le rouge, avec un déficit net annuel de 46 milliards de yens (460 millions d'euros). Toshiba a vu son résultat net plonger de 70% à 12,07 milliards de yens (120 millions d'euros). Le groupe automobile japonais Honda a annoncé une chute de près de moitié de son bénéfice net au troisième trimestre de 2011-2012.

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Innondations. Chacun explique ces résultats par une suite de difficultés à cause des répercussions de la catastrophe naturelle qui a meurtri le Japon dans les mois suivant le 11 mars et de la désorganisation de l'industrie asiatique provoquée par les inondations en Thaïlande fin 2011.Chez Honda, par exemple, les inondations thaïlandaises ont entravé sa production. Le groupe s'attend désormais à un profit net annuel amputé. L'une de ses usines locales a été noyée et ses fournitures de pièces détachées bloquées dans ce pays.

Crise de la dette européenne. Pour Toshiba, ce sont surtout les commandes qui ont poussé à reconsidérer ses prévisions annuelles de bénéfice net. Si le groupe a été frappé de plein fouet par les deux catastrophes naturelles, il explique la chute de son résultat net de 70% par un ralentissement des commandes du fait de la crise de la dette publique en zone euro.Toshiba est aussi en train de procéder à une réorganisation de sa production de semi-conducteurs au Japon, afin d'améliorer sa compétitivité malmenée par la cherté de la monnaie nippone.

Yen fort. L’entreprise Ricoh explique surtout sa déconvenue économique par les conséquences négatives sur les revenus encaissés en devises étrangères de la hausse de la monnaie japonaise. Sans cela, ses ventes se seraient élevées de 0,3%, a assuré le groupe. Même discours chez Konica Minolta. Malgré des coûts d'approvisionnement plombé par les conséquences du séisme et la chute des ventes due aux inondations en Thaïlande et à la crise en Europe qui ralentit la demande. Malgré tout, le groupe pointe surtout la chéreté du Yen. Selon le groupe,s ans ces effets de change, le chiffre d'affaires se serait élevé de 1,3% sur un an.

Industrie touchée. Les bénéfices ont été noyés dans les inondations thaïlandaises, balayés par le tsunami de mars et plombés par la cherté néfaste de la devise japonaise, soulignent donc les industriels. Au final, la production industrielle au Japon a baissé de 3,5% en 2011. Sans surprise, la production industrielle de la troisième puissance économique mondiale avait subi en mars un plongeon inédit de 15,5% d'un mois sur l'autre à cause du séisme dans la région du Tohoku (Nord-Est). Nénamoins, le ministère de l’industrie (Meti) espérait aussi un redressement durable de la production à paris de l’été 2011.

S’il y eut bien un redressement, l’industrie japonaise a reçu de plein fouet le revers de l’économie mondiale, avec une croissance rendue incertaine par la crise d'endettement en Europe. A cela s’ajoute aussi la hausse du yen qui pénalise leurs activités à l'exportation et une baisse de la demande intérieure, à cause de l’inquiétude des ménages suite au séisme. Petit espoir néanmoins, en décembre, la production globale des industries nippones a augmenté de 4% par rapport à novembre. Les professionnels s'attendent à la poursuite de ce rebond, de façon toutefois plus atténuée, envisageant une progression de 2,5% en janvier et de 1,2% février.

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