L'industrie française de défense veut plus de soutien à l'export

Les industriels de la défense demandent aux pouvoirs publics de les aider afin de compenser les effets de l'euro fort.

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L'industrie française de défense veut plus de soutien à l'export

Soutenez-nous ! C'est le message envoyé aujourd'hui par les industriels français de la défense à l'Etat, pour accroître son soutien à l'exportation. Ils ont une nouvelle fois alerté les pouvoirs publics sur la perte de compétitivité qu'ils subissent en raison de la vigueur de l'euro face au dollar. « La concurrence se renforce, soutenue par des Etats qui en ont fait un outil de leur stratégie internationale. De notre côté, nous sommes pénalisés par le cours de l'euro, qui ampute notre compétitivité », a déclaré à la presse Charles Edelstenne, président du Conseil des industries de défense françaises (Cidef), qui vient d'adresser un « livre blanc » sur le sujet au nouveau gouvernement dirigé par François Fillon.

Pour compenser les effets de l'euro, « il est indispensable que l'export soit élevé au rang de priorité nationale », a ajouté Charles Edelstenne, qui observe que la France - contrairement à l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore les Etats-Unis - est souvent plus intéressée « par les succès diplomatiques que par les succès commerciaux ». Alors que le nouveau ministre de la Défense, Hervé Morin, a engagé une « revue » des programmes d'armement en cours, afin de réaliser des économies, le Cidef a demandé le maintien du budget de la Défense à son niveau actuel de 2% du Produit intérieur brut (PIB), dont 1% environ sert à financer les équipements. « En deçà de ce seuil, le renouvellement des capacités et des compétences industrielles n'est pas assuré », a ajouté Charles Edelstenne, qui est également le président de Dassault Aviation, le constructeur de l'avion de combat Rafale.

Les industriels souhaitent également que le budget consacré à la Recherche et au Développement (R&D) passe, comme s'y est engagé récemment le délégué général pour l'armement François Lureau, de 720 millions d'euros cette année 2007 à un milliard « dans un proche avenir ». Entorses à la convention sur la lutte contre la corruption Outre l'euro, le Cidef estime que le non respect par certains états signataires de la convention de l'OCDE du 17 décembre 1997 sur la lutte contre la corruption constitue également une « distorsion de concurrence ». « De telles distorsions ont un effet direct sur la compétitivité des groupes français au grand export », déplorent les industriels français dans leur livre blanc.

Le bureau de lutte contre les fraudes britannique a été contraint fin 2006 par le gouvernement de Tony Blair d'arrêter une enquête démarrée deux ans auparavant sur le contrat saoudien Al Yamamah passé dans les années 80, évalué à 86 milliards de dollars. Le gouvernement saoudien avait menacé de suspendre un nouveau contrat d'armement portant sur la vente de 72 avions de combat Eurofighter Typhoon si cette enquête se poursuivait. Selon la BBC, le ministère britannique de la Défense aurait autorisé des versements secrets d'un montant total de plus d'un milliard de livres (1,5 milliard d'euros) destinés au prince saoudien Bandar dans le cadre de ce contrat remporté par le groupe britannique BAE Systems. Le prince Bandar et BAE Systems ont démenti toute malversation dans le cadre du contrat d'armement, conclu à l'origine par le gouvernement du Premier ministre Margaret Thatcher au milieu des années 1980. Le département de la Justice américaine a annoncé fin juin l'ouverture d'une enquête sur BAE afin de vérifier que l'entreprise respectait la législation contre la corruption.

En France, l'enquête judiciaire sur la vente en 1991 de frégates militaires à Taiwan en 1991 a été classée en octobre dernier faute de preuve contre les bénéficiaires d'une présumée corruption en Chine, à Taiwan et en France. Les juges d'instruction financiers Renaud Van Ruymbeke et Xavière Simeoni, chargés de l'information ouverte en juin 2001 ont tiré ainsi les conséquences du refus opposé par le ministère de l'Economie à leur demande de levée du secret-défense sur des documents détenus par les douanes à Bercy. Ces documents concernaient les listes des bénéficiaires de commissions commerciales déclarées en 1991 par les opérateurs du marchés des frégates, Thomson, devenu Thales et la Direction des constructions navales. Les six frégates « Lafayette » ont été vendues en 1991 pour 16,4 milliards de FF (2,5 milliards d'euros) à Taipeh, après un long ballet diplomatique entre la France, la Chine et Taiwan.

Usinenouvelle.com, avec Reuters

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