Economie

L’industrie fortement touchée par les défaillances

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Plus de 2000 PME de plus de 15 ans ont déposé le bilan au deuxième trimestre 2009. 400 sont des entreprises industrielles. Au total, 13 908 procédures de redressement ou liquidation ont été ouvertes au deuxième trimestre selon Altares. Pour Euler-Hermès, 2009 atteindra un niveau historiquement élevé à +20% de défaillances.

L’industrie fortement touchée par les défaillances © Altares

 

Pour sa livrée de juillet, le cabinet Altares constate une modération des défaillances au deuxième trimestre 2009. Un ralentissement très relatif à + 15% contre + 21% les deux précédents trimestres. Mauvaise nouvelle, les procédures en cours affectent beaucoup plus les PME anciennes, de plus de 15 ans, fragilisées par lacrise. C ’est même souligne Altares, sur ces PME que l’accélération du risque est la plus forte. Ce trimestre on note ainsi des procédures ouvertes pour des sociétés telles Heuliez, Nortel, Schaeffler ou Autocast…
 

Une analyse partagée par Euler-Hermes, qui constate un doublement des défaillances d'entreprises réalisant plus de 5 millions d'euros de chiffre d'affaires : elles sont 900 à faillir. Pire toujours sur la même période, les défaillances d'entreprises de plus de 100 salariés ont connu une augmentation de 68% !

Les défaillances augmentent quatre fois plus vite dans l’industrie – et l’immobilier -, que dans l’ensemble des secteurs. Pire, les PMI représentent 20% du segment des plus de 15 ans, alors qu’elles sont trois fois moins représentées sur le segment dans la population des défaillantes plus jeunes. Pour Marie-Christine Schmidtt, chargée d'études pour Euler Hermes, cette augmentation dans l'industrie s'explique par une meilleure résilience de ces entreprises en fin d'année, mais qui arrivent en bout de course faute d'une amélioration significative des stocks.

En termes de gestion de risques, Thierry Milon, responsable des études Altares note, « La jeunesse du client est généralement le point de fixation de bon nombre de gestionnaires de risque, c’est pourtant du client ancien et fidèle, voire important, que vient le plus souvent le retard de paiement fatal. Ce trimestre, 154 sociétés de plus de 5 M € de chiffre d’affaires ont fait l’objet d’une défaillance ; près d’une sur cinq réglait ses fournisseurs avec un retard supérieur à 30 jours. Or Altares observe qu’à partir de 30 jours de retard de paiement, la probabilité de défaillance de l’entreprise est multipliée par six. Connaître ses clients, voire ses fournisseurs, est primordial a fortiori dans ce contexte de tension de trésorerie pour continuer à faire durablement de bonnes affaires. »

 

La mécanique touchée de plein fouet

Par rapport au premier trimestre 2008, les dépôts de bilan des PMI augmentent de plus de 50% avec en tête de liste les sociétés de mécaniques et de métallurgie : 228 de ces sociétés ont défaillie, soit une hausse de 158 % !

Dans le détail, les défaillances augmentent de 69% dans l’activité machine et équipements, 33% dans celles des réparations et maintenance et 46% dans les autres industries manufacturières. Dans ce contexte, les défaillances sur le segment des sociétés de services aux entreprises reste tendu à + 18% et plus particulièrement les services techniques et scientifiques (+ 26%). Sur le plan régional, Rhône-Alpes et Haute-Normandie sont particulièrement touchées. "Sur un cumul de douze mois à fin mai, Rhône Alpes est en progression de 26%, ce qui est énorme quand on sait que cette région représente 10% des défaillances nationales", détaille Marie-Christine Schmidtt. A l'identique, la Basse-Normandie avec + 30,8% sur un an est à un niveau historiquement élevé. Malheureusement, les prévisions d'Euler Hene sont pas optimistes pour les prochains mois et la cohorte d'effets collatéraux liés à ces procédures a venir, " Les ajustements d’effectifs ne sont pas terminés, car après le travail temporaire, les entreprises sont encore obligées d’ajuster les stocks et les effectifs à leur activité. Les échéances de la rentrée sotn difficiles, on table sur une forte progression pour l’année 2009 : + 20 % de défaillances prévues pour 2009, un niveau historiquement élevé", conclut Marie-Christine Schmidtt.

 

 

 

 

 

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4 commentaires

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08/07/2009 - 07h51 -

Pour cela il faudrait que nos Députés aient le courrage d'envisager une augmentation de la TVA pour financer une partie des charges sociales.
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07/07/2009 - 20h02 -

Continuons à donner le travail dans les pays low-cost,continuons à leur donner notre savoir faire, continuons à détruire l'industrie française. Ce n'est pas grave, il nous restera le Tourisme et les dettes que nos enfants et petits enfants paieront!!!!
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07/07/2009 - 14h23 -

Nos usines en France sont à 30% en sous-activités, allégeons les charges des entreprises françaises, rapatrions la production low-cost en FRANCE, interdisons l'importation des produits fabriqué par une concurrence déloyale (salaire trop bas, pas de congés, pas de réglementation environnementale,...), sauvons nos savoir-faire et nos emplois ! rééquilibrons l'import/export : La France D'abord , la Chine après, et pas l'inverse !!!
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07/07/2009 - 14h10 -

Ceci dit ça continue de délocaliser plein pot ! et Renault a bien eu le grouvernement français, car l'usine du Maroc va finalement se faire !
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