L'industrie européenne fait valoir ses atouts auprès de Bruxelles

Le GFI (Groupe des fédérations industrielles) et l'ACEI (Alliance for a competitive european industry) publient un « manifeste » pour exposer ce que le secteur attend des politiques. Un cahier de doléances à l'attention de la présidence française.

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L'industrie européenne fait valoir ses atouts auprès de Bruxelles
Profitant des débuts de la présidence française de l'Union européenne, le GFI (Groupe des fédérations industrielles) a organisé jeudi 10 juillet la « Journée européenne de l'industrie », manifestation destinée à faire valoir ses propositions pour une stratégie industrielle à l'échelle du Vieux Continent. A cette occasion, il publie avec l'ACEI (Alliance for a competitive european industry) un « manifeste » pour exposer ce que le secteur attend des politiques. En parallèle le gouvernement, par la voix de son secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel, a tenu à rassurer les industriels sur l'importance accordée à l'industrie dans le développement économique européen.

L'objectif du GFI est de démontrer le besoin de concertation et de mise en cohérence des politiques publiques avec les besoins exprimés par les industriels. Une opération de lobbying, au final, visant Bruxelles, à laquelle semble adhérer le gouvernement français.

Pour illustrer le manque de cohérence de la politique européenne, le président du GFI Yvon Jacob et le président de l'UIC (Union des industries chimiques) Bernard Chambon ont notamment rappelé que 900 mesures réglementaires ou législatives ayant un impact sur l'industrie chimique européenne avaient été adoptées ces dernières années. « Il est extrêmement difficile et coûteux de s'adapter ainsi en permanence, a déclaré Yvon Jacob. Cela représente un handicap fondamental pour la compétitivité à l'export. » Le président du GFI a tenu à dénoncer les « décisions prises unilatéralement ou sans échange avec le reste du monde par la Commission européenne ». En ligne de mire, des programmes tels que REACH, réglementant la mise sur le marché européen des substances chimiques. « Nous ne voudrions pas voir se répéter ce processus dans le domaine des émissions de CO2 », prévient Yvon Jacob. Récemment, l'UIC a d'ailleurs fait valoir ses arguments, estimations chiffrées à l'appui, pour dissuader Bruxelles de mettre en œuvre son projet de marché des quotas.

Autre grand chantier pour le GFI et l'ACEI : les négociations avec l'OMC sur le libre-échange. Pour les signataires du manifeste, il s'agit de s'assurer l'ouverture des marchés émergents, et d'obtenir la suppression des barrières douanières et non tarifaires. Dans le domaine de la distorsion de concurrence, Marc-Antoine Jamet, président de l'Unifab (Union des fabricants), a une nouvelle fois attaqué la contrefaçon chinoise, tout en soulignant la nécessité de l'appui de l'Union européenne pour faire respecter les droits de propriété intellectuelle.

Au final, plus qu'un véritable manifeste, l'industrie européenne a voulu donner un cadre général à ses relations avec l'Union européenne, dans une démarche pédagogique vis à vis de ses activités et de ses besoins. A bon entendeur pour la présidence de l'Union, dont les priorités économiques concernent avant tout l'énergie et l'environnement.

Les chiffres de l'industrie en Europe

  • 16,5 % de la valeur ajoutée (en euros courants)
  • 35 millions d'emplois directs, 100 millions avec les services aux industries
  • 15 % de l'emploi total
  • 6 323 milliards d'euros de chiffre d'affaires
  • 1 061 milliards d'euros d'exportations
  • 80 % des dépenses de R&D
    Source : Eurostat, ACEI, Coe-Rexecode

  • Raphaële Karayan

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