L'industrie du recyclage

| Publi-information | Juin 2013 |

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L'industrie du recyclage

L’industrie du Recyclage gagne en performances

Avec 44,3 millions de tonnes de matières premières recyclées pour 47,1 millions de volumes collectés en 2012, la filière du recyclage industrielle affiche des résultats satisfaisants compte tenu de la baisse de la production. Dans cette période complexe, les entreprises du secteur ont poursuivi leur mue. On assiste tout d’abord à une rationalisation des établissements : en 15 ans, 50% des entreprises ont disparu du paysage, souvent parce qu’elles ont fait l’objet de rachats ou de concentrations. ”Nous sommes passés de l’ère de l’artisanat à celui del’industrie”, souligne Jean-Philippe Carpentier, le nouveau président de Federec. Illustration de ces tendances, les entreprises se modernisent : 5 à 5,5% du CA est consacré au renouvellement du matériel ou à l’acquisition de nouvelles machines nécessaires à renforcer la productivité et à améliorer la qualité des matières premières recyclées mises sur le marché. Cette évolution s’accompagne d’une autre mutation, la diversification des activités au sein de chaque entreprise : actuellement seules 15% d’entre elles affichent une mono-activité, les autres ont élargi leur panel de prestations. Côté effectifs, les industries du recyclage référencent 33400 emplois que les industriels aiment à qualifier de ”non délocalisables”. En 2012, ce chiffre a enregistré une faible progression : + 1%, taux légèrement inférieur au taux historique de + 1,5% observé avec régularité ces 14 dernières années. Le taux de progression en 2012 est néanmoins supérieur à celui relevé sur la moyenne des 5 dernières années qui s’établissait à 0,5%.

Le recyclage réinvente son métier en permanence

Nouvelles filières, nouveaux matériaux ou procédés… Avec les techniques de fabrication et les technologies qui évoluent, le recyclage doit réinventer son métier à chaque innovation. Écran LCD, plasma et maintenant LED, on le comprend, ces évolutions représentent un vrai défi car l’industrie du recyclage a recours à la R&D pour élaborer les procédés de valorisation des nouveaux matériaux ou équipements qu’elle récupère, ce qui pèse sur l’économie des filières. ”Le taux d’investissement de nos entreprises représente un montant de 740 millions d’euros, le plus élevé consenti au cours de ces dernières années par nos adhérents”, poursuit Jean-Philippe Carpentier. En matière réglementaire, la REP (Responsabilité élargie du producteur) contribue à favoriser l’émergence de nouvelles filières. C’est ainsi qu’on voit se profiler une filière bois. ”Voici un sujet qui illustre l’enjeu auquel nous sommes confrontés”, précise Jean-Philippe Carpentier. En effet, le mobilier est désormais inclus dans la REP : une chaîne s’est mise en place avec une écoparticipation à la charge des particuliers et une récupération par la distribution à destination du recyclage. Mais pour l’instant, on sait peu valoriser les bois de classe B (vernis, etc.). La mission REP va justement permettre de lancer une R&D pertinente afin de valoriser ce bois plutôt que de le brûler, ce qui est le cas actuellement. L’économie mondiale, qui voit une tension durable sur certaines matières premières, contribue aussi à l’émergence de nouveaux débouchés pour le recyclage : la production de terres rares est devenue stratégique. Ce qu’on négligeait hier s’intitule désormais une ”mine urbaine”.

Des changements réglementaires

Évolution des normes quant à la présence de micropolluants dans l’eau, objectifs accrus de recyclage des DEEE, REP bois, sortie du statut de déchet de certaines matières (ferraille, aluminium...) : on le constate tous les jours, le recyclage dépend très largement de l’évolution et de l’adaptation du cadre règlementaire dont il fait l’objet. Ce cadre vient faciliter ou entraver les débouchés des produits issus du recyclage. ”Nous devons penser les filières industrielles jusqu’à la matière première secondaire qu’elles génèrent et permettre de la remettre dans le circuit de production”, ajoute Jean-Philippe Carpentier. ”Sortir du statut de déchet ne suffit pas à faire évoluer les besoins des entreprises potentielle mentutilisatrices de ces matériaux recyclés.” Federec s’implique auprès de nombreuses filières pour inciter à l’écoconception des produits afin d’en optimiser la valorisation en fin de vie.

Mines urbaines, de l’or Pour le recyclage des métaux

beaucoup trop de chutes de métaux ou de déchets métalliques de production après usinage, découpe ou emboutissage partent à l’étranger, échappant ainsi à une valorisation dans l’Hexagone, sans compter les métaux contenus dans les produits usagés et qui, sous couvert de réemploi, sont exportés de façon quasi illicite. Si certains métaux de base, précieux ou rares, présents dans certaines applications sont très bien récupérés et valorisés, pour d’autres, on est aux prémices d’une filière industrielle. Les disparités chiffrées parlent d’elles-mêmes : par exemple 70 à 90% de l’or entrant dans les applications industrielles est recyclé, seulement 10 à 15% de l’or contenu dans les produits électroniques l’est. De nombreux métaux présentent des taux de recyclage inférieurs à 1% tels que tantale, indium, germanium. Où se dissimulent ces ”mines urbaines” ? Un peu partout ; ainsi sur 20 millions de téléphones en circulation en France seuls 500 000 sont recyclés. Le potentiel de cette filière industrielle existe, à condition de ”se structurer et de bénéficier d’une réglementation stable et incitative”, indique Claire de Langeron, déléguée générale de la Fedem.

Une filière économiquement viable

On le sait, les métaux non ferreux bénéficient d’une prédisposition au recyclage. Cette filière fait partie intégrante des procédés de production de la profession depuis fort longemps et permet des taux de recyclage très élevés : ”100% du plomb produit en France provient du recyclage et 90% des matières premières utilisées dans la production de laiton sont des déchets métalliques”, poursuit Claire de Langeron. L’enjeu, actuellement, relève d’une volonté partagée tant par les industriels et les recycleurs que par les institutionnels pour faire de cette filière un levier de développement pour l’ensemble des industries françaises. ”Forte de ses compétences et de son savoir-faire en la matière, notre profession a la légitimité pour s’exprimer sur la question du recyclage et a souhaité faire un certain nombre de propositions en lien notamment avec les travaux du Comité pour les métaux stratégiques (COMES) et du Comité stratégique de filière industries extractives et première transformation, présidés tous les deux par le ministre du Redressement productif, et dont des groupes de travail sont consacrés au recyclage”, conclut Claire de Langeron. La demande en métaux s’accroît : le recyclage ne peut constituer la seule filière d’approvisionnement mais il représente un enjeu fort pour les industriels de l’Hexagone.

Deee, eau, des secteurs en perpétuelle évolution

Une nouvelle directive pour les Deee

Entrée en vigueur le 13 août dernier, la nouvelle directive européenne fixe à 85% le taux de déchets électroniques collectés. Les raisons d’un tel changement : le flux de déchets issu de ce segment progresse toujours plus vite que les autres. D’autre part, ces déchets renferment des métaux dont le recyclage est devenu économiquement viable, notamment du fait de la pression sur les matières premières. L’objectif initial de la France qui consistait à récupérer et recycler 8 kg de DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques)/habitant/an fait un bond et se trouve fixé à 20 kg de DEEE/habitant/an. Pour y parvenir des organismes tels que Team² (pôle de compétitivité) ou Federec se trouvent en première ligne. Une de leurs missions : se rapprocher des producteurs pour faire évoluer la conception des produits et faciliter leur recyclage. Il s’agit là d’un point important car seront bientôt inclus dans les DEEE de nouveaux déchets (panneaux photovoltaïques, lampes fluorescentes, etc.) pour lesquels les technologies de recyclage / valorisation restent complexes, coûteuses et donc peu viables.

Eau, la reut à L’ordre du jour

Réutiliser l’eau après traitement constitue une des briques d’un cercle vertueux comprenant la limitation du prélèvement sur la ressource naturelle et la diminution du volume d’effluents traité dans les stations d’épuration. L’objectif de la REUT (réutilisation des eaux usées traitées) est de traiter l’eau pour qu’elle soit réinjectée immédiatement dans un circuit d’utilisation. ”Chaque secteur industriel utilisant de l’eau et produisant des effluents peut développer la REUT”, souligne Marie Andrée Sirvain de l’IFTS (Institut de la filtration et des techniques séparatives). ”La REUT met en oeuvre des techniques extensives et intensives de purification selon les substances encore présentes après l’épuration de l’eau et selon la qualité que nécessite son nouvel usage.” On estime que le marché mondial de la REUT devrait atteindre 23 milliards de dollars pour 2015, soit 28 millions de m3 / j, avec une progression de 10 à 29% par an selon les continents.



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