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L'Usine Santé

L’industrie du médicament dénonce sa "récession programmée"

Marion Garreau ,

Publié le

Suite à la présentation du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017, le syndicat des entreprises du médicament a une nouvelle fois dénoncé les efforts financiers demandés au secteur, qu’il qualifie d’"irréalistes".

L’industrie du médicament dénonce sa récession programmée © Martinez Bernard

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2017 n'échappe pas à la critique du secteur pharmaceutique. La Fédération des entreprises du médicament, le Leem, a dénoncé mardi 4 octobre, "des mesures d’économies irréalistes". "Ce PLFSS ressemble furieusement aux précédents ; ce que nous avons subi, c’est une récession programmée depuis 2012", a fustigé Patrick Errard, président du Leem, à la veille de la présentation du texte en conseil des ministres.

A lire le texte, le gouvernement compte réaliser 500 millions d'euros d’économies grâce à la baisse des prix des médicaments. Mais selon le Leem, l'addition est en réalité beaucoup plus lourde pour le secteur si on y ajoute la baisse des prix des génériques, la maîtrise des volumes et des prescriptions médicales et la radiation de certains produits innovants d'un dispositif de financement hors budget hospitalier (liste en sus). "Pour la troisième année consécutive, les économies demandées au médicament atteignent près de la moitié des économies dans le champ de l'Ondam" (objectif national des dépenses de l'assurance-maladie), soit 1,7 milliard d'euros d’économies, dénonce le Leem. Et de rappeler que l'industrie pharmaceutique "a déjà fourni pour 5 milliards d'euros d'économies ces trois dernières années", sur les 10 milliards d’euros faites par la sécurité sociale.

L’emploi et l’innovation touchés

Pour le Leem, ces économies sont "irréalistes" au vu des innovations qui arrivent sur le marché. Et incompréhensibles : "Alors qu’on assiste à un redressement significatif des comptes sociaux, on se dit qu’une nouvelle bouffée d’oxygène est possible mais on nous la refuse", dénonce Patrick Errard. Pour le président du Leem cette logique de baisse des coûts commence à attaquer l’emploi et l’innovation : les investissements industriels ont baissé de 4,5% entre 2010 et 2013 et 11 plans de sauvegarde de l’emploi ont été engagés depuis le début de l’année, avec 1953 postes supprimés en 2016 contre 1560 en 2015. Un chiffre à nuancer tout de même : environ 75% de ces suppressions d’emploi correspondent à des visiteurs médicaux, et relèvent donc davantage d’un changement de modèle économique.

Le président du Leem a également plaidé pour une autre approche de l'innovation. "Il ne faut pas envisager l'innovation comme un coût, mais comme un bénéfice pour la société, donc comme un investissement", a plaidé Patrick Errard. Sur ce point, le PLFSS 2017 prévoit la création d'un fonds de financement de l'innovation pharmaceutique, pour lisser dans le temps les fluctuations annuelles des coûts liés aux médicaments innovants. "Un début de réponse" selon le Leem, qui regrette cependant que ce fonds fonctionne à enveloppe fermée. La fédération réclame ainsi des modalités de financement supplémentaires pour adapter le système de santé aux progrès scientifiques. Pour l’industrie du médicament, il en va de la compétitivité et de l’attractivité de la France.

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