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L’industrie du logiciel réclame 300 millions d’euros pour le cloud et le Big Data

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

L’Association française des éditeurs de logiciels propose au gouvernement trois programmes d’action visant à soutenir sa transition vers le cloud, à créer une filière de Big Data et à favoriser l’émergence de champions nationaux du logiciel. Coût pour l’Etat : 300 millions d’euros en plus des dispositifs d’aide existants.

L’industrie du logiciel réclame 300 millions d’euros pour le cloud et le Big Data

A deux jours du séminaire gouvernemental sur le numérique, qui se tient jeudi 28 février 2013, l’Afdel (Association française des éditeurs de logiciels et solutions Internet) a présenté aujourd’hui à la presse les trois programmes d’action qu’elle propose au gouvernement pour renforcer la filière française du logiciel. Coût pour l’Etat : 300 millions d’euros en plus des dispositifs d’aide existants, alors que les dernières annnonces du gouvernemnet ne chiffrent qu’à 150 millions les derniers investissements d’avenir pour le numérique.

Le premier programme présenté par l’Afdel concerne le développement de l’offre française de logiciels en mode cloud (SAAS pour Software as a service), c’est-à-dire sous forme d’abonnement sur Internet. "Les pouvoirs publics se sont jusqu’ici intéressés surtout aux services d’infrastructure cloud en investissant dans deux centrales numériques, Cloudwatt et Numergy, constate Jamal Labed, Président de l’AFDEL. Nous nous félicitons de cette action même si nous aurions préféré le soutien d’un seul projet. Il est important maintenant de se pencher sur les services de location de logiciels en ligne, qui constituent le cœur du cloud."

Un fonds SAAS de 150 millions d’euros

Selon l’AFDEL, la fourniture de logiciels dans le cloud représente aujourd’hui 8% des revenus du Top 100 des éditeurs français de logiciels, et cette proportion croît de 50% par an, contre 11% par an pour l’ensemble de leurs revenus. Selon le cabinet IDC, elle constitue 60% de l’ensemble des services cloud dont le marché en France devrait grimper de 735 millions d’euros en 2013 à 1,8 milliard d’euros en 2015. "La mise en ligne de logiciels sur la base d’abonnement marque une rupture en matière de facturation, de financement et de développement, estime Olivier Lallement, consultant chez Deloitte. Du fait de la baisse et de l’étalement des revenus dans le temps, elle pose de sérieux problèmes de trésorerie et de financement de la R&D pendant les 3 à 5 ans qui suivent le lancement."

C’est pour accompagner les éditeurs français dans cette transition délicate que l’Afdel propose au gouvernement un programme comprenant le soutien au financement des PME et la création d’un fond de capital-risque centré sur la filière logicielle dans le cloud, ce qui impliquerait l’injection par l’Etat de 150 millions d’euros.

Un incubateur "Big data" à Paris 

Le deuxième programme vise à créer une filière française de Big Data, comme Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique, l’a demandé lors de ses vœux à l’AFDEL en janvier dernier. "Les deux couches de base, à savoir les solutions d’infrastructure nécessaires au traitement de gros volumes de données et les solutions de gestion et d’intégration existent déjà, affirme Bertrand Diard, PDG de Talend, chargé du dossier auprès de l’AFDEL. Il faut maintenant se concentrer sur le développement d’applications métiers. Une grande opportunité s’offre à l’industrie française. Mais il faut s’y mettre maintenant. Après ce sera trop tard."

L’Afdel propose de mettre sur pieds, dans le cadre du programme Paris capitale numérique, un incubateur destiné à mettre en orbite et développer plus de 100 start-up d’ici 2018. Avec à la clé, la création de 10 000 emplois. L’un volet important du programme consiste à créer un fonds d’amorçage et de capital-risque de 300 millions d’euros, financés à parité égale par le public et le privé. Soit encore 150 millions d’euros a charge de l’Etat. A ajouter au fonds d’amorcage du FNS (fonds pour la société du numérqiue) géré par la CDC ? 

Un soutien gratuit au programme "ambition logicielle"

La troisième proposition réside dans le programme "Ambition logicielle". Elle répond également à une demande de Fleur Pellerin visant à détecter les pépites françaises du logiciel et à les aider à croitre pour devenir des champions nationaux via un guichet unique. Le programme mobilise des acteurs publics tels que CDC Entreprise, Oseo, le CNRS, l’Inria, l’AFDEL, Syntec Numérique et le Comité Richelieu, et s'appuie sur le terrain sur les pôles de compététivité, les clusters, les labos de recherche publics, les universités, les écoles de commerce, les agences régionales de développement économique, etc. Coordonné par l'Inria au niveau national, il est présidé par Pierre-Marie Lehucher, directeur général de l’éditeur Berger-Levrault. Il a démarré à titre pilote à Grenoble, avec deux projets, et va s’étendre à Lille, Sophia Antipolis et Bordeaux. "Il n’implique pas de nouvel engagement financier de l’Etat, remarque Michel Cosnard, président d’Inria. Il s’appuiera sur les dispositifs existants de financement public comme Oseo. Il faut juste que le gouvernement donne des instructions à ses services dans ce sens. "

Arbitrage le 28 février ? 

Les demandes de l’AFDEL de financement public se montent donc à 300 millions d’euros, ce qui est bien supérieur aux 150 millions d’euros annoncés par François Hollande, Président de la République, le 19 février pour le programme d’investissements d’avenir dans quatre technologies clés du numérique : Internet des objets, Big Data, cloud computing et cybersécurité. Ces quatre thèmes devraient faire l’objet de discussions et d’arbitrage lors du séminaire gouvernemental sur le numérique. Les recommandations de l’AFDEL sont en tout cas sur le bureau de Fleur Pellerin.

Ridha Loukil

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