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L'usine Agro

L'industrie chimique est-elle derrière la polémique sur le retour (ou non) des néonicotinoïdes ?

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

En relançant la polémique sur les insecticides néonicotinoïdes, le nouveau ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a généré le premier désaccord public au sein du gouvernement. Et a immédiatement été accusé d’être sous la coupe des lobbies de l’agrochimie.

L'industrie chimique est-elle derrière la polémique sur le retour (ou non) des néonicotinoïdes ? © CC FLICKR Pieter van Marion

Dans l’après-midi de ce mercredi 28 juin, les ministres de l’Environnement Nicolas Hulot et de l’Agriculture et l’Alimentation Stéphane Travert ont rendez-vous. Sujet chaud de cette rencontre : les néonicotinoïdes, des insecticides qui ont fait l’objet lundi d’une passe d’armes entre les deux ministres, finalement arbitrée par Matignon au profit de … Nicolas Hulot.

L’affaire n’est pas close pour autant. La raison de leur désaccord ? L’article de la loi sur la biodiversité adoptée l’an dernier à la demande de Ségolène Royal, qui interdit dès le 1er septembre 2018, les néonicotinoïdes, produits prisés par les agriculteurs pour combattre de nombreuses maladies mais suspectés d’être nocifs pour les abeilles. Avec des dérogations possibles jusqu'au 1er juillet 2020, au cas par cas, quand il n'y a pas de solution à court terme. Or, à l’échelle européenne, ils ne sont pas interdits mais font l’objet, depuis 2013, d’un moratoire, avec un usage restreint pour trois de ces molécules.

La législation française "n'est pas conforme avec le droit européen", a estimé lundi sur RMC/BFMTV le ministre de l’Agriculture fraichement nommé, proposant d’aménager l'interdiction des néonicotinoïdes et de l'épandage aérien, afin de mettre fin aux "surtranspositions" de certaines directives européennes. "Le coup de force des lobbies comme si Syngenta, Bayer tenaient la plume", a immédiatement accusé l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho. 

« Le ministre ne nous connait pas », assure le patron de Bayer en France

Si l'industrie de l'agrochimie avait bataillé contre l'adoption de cet article l'an dernier, le groupe chimique allemand Bayer, numéro un des pesticides dans l’Hexagone récuse toute intervention récente. "Je n’ai jamais rencontré Monsieur Travert, il ne nous connait pas", assure, interrogé par L'Usine Nouvelle, Frank Garnier, le dirigeant de Bayer en France et de sa division agrochimie. Le nouveau ministre a sans doute été alerté sur ce dossier par les filières agricoles – comme celles de la betterave, des céréales, et du colza - , ne disposant pas "de solutions alternatives valables", malgré les "programmes de recherche" menés par la profession, assure-t-il.

Frank Garnier plaide pour "retrouver un peu de raison" dans ce dossier. Et rappelle les possibilités de dérogations autorisées par la loi. Elles "seront activées lorsque nécessaire", a ainsi assuré mardi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, à l’issue d’une rencontre avec Stéphane Travert. Citant notamment l'épandage aérien en Camargue pour la riziculture, et en viticulture sur certains coteaux alsaciens escarpés.

L’Anses pour leur encadrement renforcé, mais pas leur interdiction

"La levée de l'interdiction des néonicotinoides correspond à l’une de nos demandes", reconnaît pour sa part Eugénia Pommaret, directrice générale de l'UIPP, l’Union des industries de la protection des plantes, auprès du site de la communauté agricole WikiAgri. Car "la France est l'unique pays européen à les interdire, tous les autres les utilisent", avec le risque d’une distorsion de concurrence en termes de rendements à l'hectare avec les pays voisins.

Mais à l’échelle européenne, la Commission envisagerait de soumettre cet été aux Etats membres un texte qui étendrait leur restriction à toutes les cultures extérieures (mais pas aux cultures sous serre), selon certaines ONG. Tout en reconnaissant manquer de connaissances sur le sujet, l’Autorité sanitaire française (Anses) s’était prononcée en janvier 2016 pour un encadrement renforcé des néonicotinoïdes, mais pas leur interdiction. Elle est désormais chargée d’identifier et évaluer des solutions alternatives, et de publier pour la fin de l’année une expertise sur leur impact sur l'Homme.

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