[L’industrie c’est fou] Ouvrir les portes du déconfinement avec des solutions Made in France

À l’approche du déconfinement, de nombreuses PME françaises bricolent des solutions pour améliorer les mesures barrières sur les lieux de travail. Une façon pour les entreprises de prouver leur adaptabilité en temps de crise.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

[L’industrie c’est fou] Ouvrir les portes du déconfinement avec des solutions Made in France
La société d'ingénierie NConcepts a conçu un crochet en inox pour réaliser un bon nombre de gestes du quotidien.

Le Covid-19 stimule notre instinct félin. Les poignées deviennent des nids à bactéries et, comme chez nos amis les chats, les portes closes nous angoissent. Quarante-quatre jours ont passé depuis le début du confinement. La réouverture des lieux de travail approche. Il faut trouver de nouveaux stratagèmes. Jouer du coude, du pied ou du déhanché pour ouvrir de nouveaux horizons. Plusieurs entreprises françaises redoublent d’ingéniosité dans ce domaine.

Des pédales pour ouvrir les portes

L’une des solutions les plus convaincantes : celle de l’entreprise Probent, installée à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) et spécialisée dans la fabrication sur-mesure de pièces chaudronnées ou mécano-soudées. Cette PME a développé l’outil “Keyck” pour franchir des portes en utilisant simplement le pied.

Deux pédales sont positionnées de part et d’autre du battant et sont reliées à la poignée par un câble fin. L’avantage de ce produit ? Il laisse la porte intacte. Selon le site La Presse de la Manche, Probent souhaite déjà produire 150 unités.

Crochet, poignée-coude ou bout de carton

À Pau (Pyrénées-Atlantiques), le Capitaine Crochet a inspiré NConcepts. La société d'ingénierie a conçu un crochet en inox pour réaliser un bon nombre de gestes du quotidien : verrouiller une porte, appuyer sur un bouton, suspendre un sac… Il faudra sans doute nettoyer le petit outil régulièrement mais il répond aux normes hygiéniques alimentaires selon l’entreprise. Le produit est commercialisé à 7 euros pièce sous la marque Yanook (dont 1 euro reversé aux hôpitaux). Une vidéo (ci-dessous) montre les cas d'usage et la fabrication du crochet.

Encore une fois, les spécialistes de l’impression 3D se montrent très actifs. Eric Loupiac, chef de projet à l’Icam de Toulouse (Haute-Garonne) partage gratuitement les plans de “poignées de coude” qui permettent d’ouvrir les portes plus confortablement avec l’articulation olécranienne. Plusieurs installations de ce type ont été expérimentées dans la clinique Pasteur de la ville rose.

Au Mans (Sarthe), Breen choisit un créneau différent : la surpoignée cartonnée. Spécialisée dans le mobilier événementiel, cette entreprise souffre de l’annulation de nombreux salons professionnels. Elle souhaite désormais déployer à grande échelle des pièces de carton en libre-service pour couvrir les poignées de nombreuses infrastructures : grande distribution (caddies, paniers), stations-service (pistolet de distribution), transports (barres de maintien)... L’entreprise aurait déjà enregistré une commande de 80 000 exemplaires de Saint Gobain.

Réinventer les poignées de porte, est-ce une véritable filière ? Les observateurs les plus sceptiques verront dans ces solutions de simples bricolages. On peut tout de même se demander si ces dispositifs ne vont pas s’installer de façon durable dans certains lieux de travail. Au-delà du Covid-19, Probent veut par exemple offrir une solution pérenne pour répondre “aux problématiques de sécurité dans les zones sensibles des secteurs de la recherche, de l’industrie ou de la restauration (laboratoire, ateliers sensibles, cuisines…)”.

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
SUJETS ASSOCIÉS
SUR LE MÊME SUJET
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS