[L'industrie c'est fou] Malgré ses 4 000 ans d'existence, ce fil de lin égyptien est toujours aussi résistant

Des chercheurs de l'Université Bretagne Sud ont récemment analysé un fil de lin d'une étoffe mortuaire égyptienne vieille de 4 000 ans. Impressionnés par la longévité de ses qualités mécaniques, ils incitent les industriels à utiliser plus souvent cette fibre pour produire des matériaux composites.

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[L'industrie c'est fou] Malgré ses 4 000 ans d'existence, ce fil de lin égyptien est toujours aussi résistant
Vieille de 4 000 ans, cette fibre de lin égyptienne n'avait rien à envier à une fibre contemporaine.

Les célèbres Pyramides de Gizeh sont loin d'être les seules innovations incroyables datant de l'Egypte antique. En plus d'avoir inventé le dentifrice et mis au point les premiers verrous, les Egyptiens excellaient aussi dans l'art du tissage du lin, utilisé notamment pour embaumer leurs morts. Un savoir-faire inégalé... Et durable, comme l'atteste une étude menée par des scientifiques de l’Institut de recherche Dupuy de Lôme (IRDL), à l’Université Bretagne Sud, et publiée dans Nature Plants lundi 13 septembre.

Une étoffe du Louvre

« Nous avons analysé un fil de lin de quelques centimètres, issu d'une étoffe mortuaire datée entre 2033 et 1963 avant notre ère, pour le comparer avec un fil contemporain fourni par l'entreprise Ecotechnilin », relate à L'Usine Nouvelle Alain Bourmaud, l'un des principaux auteurs de l'étude. Le premier échantillon ayant été prêté par le Musée du Louvre, les chercheurs ont dû se montrer extrêmement précautionneux lors des tests.

Pour observer les fibres sous toutes les coutures sans les endommager, ils ont opté pour différentes techniques modernes, à l'image de la nano-tomographie, la microscopie à excitation multiphotonique et la microscopie à force atomique. Les résultats ont confirmé la longévité du savoir-faire égyptien. « Même après un vieillissement de 4 000 ans, nous avons été surpris de constater que les propriétés des deux échantillons étaient similaires, et leurs performances mécaniques quasiment identiques », s'enthousiasme le scientifique.

La France championne du lin

Cette découverte pourrait inciter de plus en plus d'entreprises à utiliser la fibre de lin pour concevoir des matériaux composites. « Lorsqu'il s'agit de trouver des composants biosourcés, les industriels veulent avant tout des garanties au niveau de la durabilité, explique Alain Bourmaud. Notre étude contribue à rassurer les plus frileux, qui craignent que le lin ne se détériore avec le temps ». De nombreuses sociétés spécialisées dans l'automobile, l'aérospatial ou le BTP l'ont déjà substituée à la fibre de verre, car elle est plus légère et dotée d'une plus grande capacité d'amortissement.

Une transition intéressante, d'autant que la France fait figure de championne du monde sur le marché du lin. Les surfaces consacrées à sa culture ont augmenté de 130% en dix ans, et la Normandie détient à elle seule 52% des surfaces de production linière d’Europe. Son empreinte environnementale limitée, sa croissance très rapide et ses faibles besoins en eau séduisent aussi bien les agriculteurs que les start-up du textile. De quoi densifier le tissu... Industriel.

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