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[L'industrie c'est fou] Les incroyables chiffres du plus long tunnel immergé au monde

Franck Stassi , , , ,

Publié le

Parcourir en train ou en voiture les 18 kilomètres de traversée entre l’Allemagne et le Danemark dans un tunnel posé sur le fond marin, telle sera l’expérience des usagers du tunnel immergé du Fehmarnbelt en 2029. Les travaux débuteront en janvier 2021.

[L'industrie c'est fou] Les incroyables chiffres du plus long tunnel immergé au monde
Quatre gaines en béton seront assemblées sur les fonds marins.
© Fehmarnbelt

Aller de l’Allemagne au Danemark (ou inversement) en dix minutes en voiture ou en sept minutes en train, tel est l’objectif du tunnel du Fehmarnbelt, qui sera la plus longue infrastructure immergée de ce type dans le monde.

Contrairement aux tunnels forés, comme le tunnel sous la Manche, ce tunnel immergé est constitué d'éléments en béton creux formant quatre gaines (deux fois deux voies routières et deux voies ferroviaires) posés dans une tranchée au fond de l'eau, puis recouverts de sédiments pour stabiliser l'ouvrage. Long de 18 kilomètres, ce tunnel sous-marin permettra aux automobilistes de circuler à 110 kilomètres/heure (200 km/h pour les trains).

Signé en 2008, il doit être mis en service en 2029, après de multiples recours intentés par des associations écologistes ainsi que des compagnies de ferries, lesquelles effectuent aujourd’hui (en une heure) la liaison entre le Länder allemand du Schleswig-Holstein et l’île danoise de Lolland-Faster. Par la route, le pont-tunnel de l’Øresund, du nom d’un détroit, permet le trajet mais par un détour de 160 kilomètres.

Cinquante tours Eiffel

Le tunnel du Fehmarnbelt aligne les superlatifs : l’infrastructure sera composée de 79 éléments individuels, chacun faisant 217 mètres de long, et de 10 éléments spéciaux avec un étage inférieur pour l'utilisation des équipements d'exploitation et d'entretien du tunnel. Chaque élément pèse à lui seul 73 000 tonnes.

L’équivalent de cinquante tours Eiffel, selon les promoteurs du projet, sera utilisé en matière d’acier. Quatre tubes séparés (deux pour les voitures, deux pour les trains) seront construits afin de limiter les risques de croisement et poursuivre l’exploitation en cas d’incident.

Des travaux de drainage étaient déjà en cours en décembre 2019 au Danemark.

Pour la construction, 19 millions de mètres cubes de pierre et de sable seront excavés des fonds marins. Une tranchée de 60 mètres de large et 16 mètres de profondeur sur 18 kilomètres de long devra être réalisée. Les éléments du tunnel seront ensuite assemblés : "avec la flexibilité des joints en caoutchouc, il est maintenant possible d'utiliser la pression d'eau élevée à l'extrémité libre de l'élément immergé pour le presser fermement contre le précédent", expliquent les responsables du projet.

Des entreprises françaises sur le chantier

Un consortium de huit entreprises assurera le chantier, parmi lesquelles deux françaises : Vinci Construction ainsi que sa filiale Soletanche Bachy, leader mondial des fondations et des technologies du sol. Jusqu'à 3 000 personnes par an seront mobilisées sur le chantier pendant la période de construction, prévue pour débuter en 2021 côté danois. Près de 8 milliards d’euros seront engagés. Un péage devra permettre d’assurer le financement du tunnel du Fehmarnbelt.

Comprendre le chantier en une animation : 

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