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L'Usine Auto

La justice ouvre la voie au bannissement des véhicules au diesel en Allemagne, quels enjeux ?

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Publié le , mis à jour le 27/02/2018 À 15H08

La Cour administrative fédérale allemande a statué mardi 27 février en faveur d'une restriction de circulation des motorisations Euro 4 et 5 dans les centres urbains. Et elle a fait le choix d'une interdiction de circulation de ces véhicules. Plus qu'un symbole, c'est tout un secteur, représentant 800 000 emplois, qui est directement concerné par cette décision.

La justice ouvre la voie au bannissement des véhicules au diesel en Allemagne, quels enjeux ?
La Cour administrative fédérale de Leipzig a repoussé sa décision sur le sort des motorisations ne respectant pas les normes d’émissions Euro 6.
© DR

Les entreprises citées

Les automobilistes et constructeurs allemands sont enfin fixés sur la question de savoir si leurs vieux diesels pourront continuer de circuler en Allemagne. Très attendue, la décision de la Cour administrative fédérale de Leipzig, repoussée à ce mardi 27 février, a validé la possibilité pour les grandes villes d’interdire la circulation des voitures diesel polluantes. Il y a quelques jours, les cinq juges avaient en effet estimé avoir besoin de temps pour "débattre en profondeur" du sort des motorisations qui ne respectent pas les normes d’émissions Euro 6.

L’enjeu est de taille. Les moteurs Euro-5 ayant représenté une grande part des commercialisations jusqu’en 2015, selon le bureau fédéral des immatriculations (KBA), pas moins de 2,8 millions de véhicules seront concernés par des restrictions de circulation. Celles-ci toucheront toutes les grandes villes qui dépassent les normes européennes fixées à 40 microgrammes par m³ de dioxyde d’azote. L’année dernière, 70 communes allemandes ont dépassé cette valeur, qui a même approché les 80 microgrammes par m³ à Stuttgart et Munich. "Nous ne voulons plus que près de 13 000 Allemands continuent chaque année à mourir prématurément à cause des émissions de NO2", a ainsi affirmé Jürgen Resch, directeur de la petite association environnementale DUH (Deutschen Umwelthilfe), qui est à l’origine de deux plaintes contre Stuttgart (Bade-Wurtemberg) et Düsseldorf (Rhénanie-Westphalie). En première instance, la Cour avait donné raison aux écologistes mais les autorités avaient fait appel, espérant gagner du temps et faire infléchir le jugement.

Une interdiction de circuler régie par l'Etat fédéral ou les villes ?

En effet, au pays de l’automobile reine, les restrictions de circulation font débat. Certaines agglomérations se tiennent prêtes à les appliquer. C’est par exemple le cas à Hambourg, où deux artères principales pourraient être bouclées à environ 230 000 véhicules. Mais d’autres favorisent des solutions alternatives. Pour Winfried Kretschmann, le ministre-président du Bade-Wurtemberg, patrie de Daimler, Mercedes-Benz, Porsche ou encore Bosch, l’interdiction de circuler ne sera réalisable que si elle est organisée et contrôlée par l’État fédéral et non les communes. Il milite donc pour l’introduction d’une "pastille bleue", apposée sur les véhicules diesel respectant la norme Euro 6 et qui leur ouvrirait l’accès aux centres-villes en cas de pollution. "Une pastille est plus simple à mettre en place, mieux contrôlable et régie par les mêmes règles partout dans le pays", justifie-t-il.

De son côté, la fédération de l’automobile VDA avance que les mises à jour logicielles actuellement en cours sur plus de 5 millions de véhicules allemands suffiront pour se conformer aux normes d’émissions. Ce dont doutent les experts qui estiment que l’installation d’un équipement de dépollution est nécessaire. Mais à raison de 1500 à 3000 euros la facture par véhicule – soit 7 à 14 milliards d’euros au total -, les constructeurs y sont farouchement opposés.

Des propriétaires qui se détournent du diesel

Au-delà de tous ces arguments, le risque est cependant de voir les propriétaires se détourner du diesel, technologie dans laquelle les industriels ont massivement investi. Déjà, depuis le scandale des moteurs truqués, les effets se font sentir. Selon le KBA, les achats de diesels neufs ont chuté de 17,6 % entre janvier 2017 et janvier 2018. Le mois dernier, les diesels ont représenté seulement 33 % des ventes, alors qu’ils représentent pour le parc complet 45,9 % des véhicules. Autre signe de changement : selon un sondage réalisé par le site Internet spécialisé Autoscout, seules 14 % des personnes interrogées prévoient d’acquérir un modèle diesel dans les prochaines années. Sans remise en question, les conséquences pourraient donc être profondes pour le secteur de l’automobile, qui représente 13 % du PIB et pas moins de 800 000 emplois directs et jusqu’à 1,5 million indirects.

Mais signe que le vent tourne également, Porsche a annoncé le 21 février, en parallèle des discussions à Leipzig, son intention d’arrêter définitivement le diesel et ce, sans attendre la date de 2020 qu’il s’était fixée. Dans un communiqué de presse, la marque indique en effet qu’en 2017, le diesel n’a représenté que 15 % des 11 000 Panamera vendues à travers le monde. Reste à savoir si les autres constructeurs lui emboîteront le pas prochainement.

Avec Gwénaëlle Deboutte à Berlin

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