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L'industrie automobile en Europe souffre toujours des surcapacités

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L’étude annuelle du cabinet AlixPartners sur le secteur automobile pointe l’existence persistante de surcapacités de production en Europe, même si le marché devrait repartir doucement en 2014.

L'industrie automobile en Europe souffre toujours des surcapacités

Sept ans après le début de la crise, 2014 pourrait bien marquer un tournant. Dans son étude annuelle, publiée le mardi 1er juillet, le cabinet AlixPartners anticipe une reprise du marché automobile européen. Fin 2013, le marché ouest-européen atteignait les 12,9 millions d’unités vendues, avec une progression pratiquement continue tout au long de l’année, une tendance qui semble se poursuivre en 2014.

"Depuis plusieurs mois le marché européen frémit, 2014 pourrait être le début d’une sortie de crise" anticipe Laurent Petizon, directeur exécutif chez AlixPartners. Certes, l’Europe reste loin de l’avant-crise et des 16,9 millions de véhicules écoulés en 2007. Les principaux marchés en croissance restent aujourd’hui les Etats-Unis et les BRICs, avec notamment la Chine, qui représente désormais un quart du marché automobile mondial.

Une croissance trop lente

Depuis 2011, AlixPartners a ainsi revu ses prévisions de croissance en Europe à la baisse. Il y a trois ans, le cabinet prévoyait que l’Europe de l’Ouest afficherait 16,1 millions de véhicules vendus en 2014 et monterait à 16,5 millions en 2020. Aujourd’hui, AlixPartners ne prévoit plus que 13,3 millions d’unités vendues en 2014 et 15,2 millions à la fin de la décennie. Il faudrait donc attendre 2020 pour voir le marché européen revenir à peine au niveau de 2007.

La tendance n’est pas meilleure en Europe de l’Est, dont la croissance est fortement affectée par les fluctuations du marché russe. "Le point positif, c’est qu’en Europe, à l’est comme à l’ouest, la croissance existe. Mais elle est très lente", relativise Laurent Petizon. La conséquence directe de ce phénomène est un problème de surcapacités de production en Europe de l’Ouest toujours sous-jacent.

Surcapacites estimées a une dizaine d'usines

"Si nous sentons un frémissement de reprise, l’Europe est toujours dans la crise. Or il est difficile de fermer des usines en Europe de l’Ouest, souligne Laurent Petizon. Certains constructeurs généralistes comme Ford ou PSA ont fermé des sites, mais on peut estimer à une dizaine d’usines les surcapacités de production sur le continent". Le taux d’utilisation des usines n’est que de 70% en France, 67% en Espagne, 46% en Italie ou encore 72% en Turquie, quand le point mort est atteint entre 75 et 80%. La lente reprise des ventes pourrait ne pas aider à remplir suffisamment les usines, qui pourraient rester déficitaires. "Et paradoxalement, si les ventes reprennent, même doucement, il sera encore plus dur de justifier une fermeture d’usine", constate Laurent Petizon.

Le mouvement de regroupement des lignes ne devrait pas non plus faire remonter le taux d’utilisation des usines. Pour AlixPartners, le passage de deux lignes à une seule n’offre que quelques points de rentabilité supplémentaire. Le problème des surcapacités devrait donc se prolonger tout au long de la décennie.

Une seule donnée résume la situation de l’automobile européenne. Depuis le début de la crise en 2007, les ventes ont progressé de 20% dans le monde et ont baissé dans le même temps de 20% en Europe.

Pauline Ducamp

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