L'industrie aéronautique soutenue par les transporteurs low-cost

Le transporteur espagnol Vueling, accusé de travail dissimulé, a été relaxé jeudi par le tribunal de Bobigny. Souvent décriées pour leurs coupes franches dans les dépenses, ces compagnies aériennes préfèrent souvent acquérir et exploiter leur propre flotte. Elles font donc le bonheur de Boeing, Airbus et Embraer, qui leur vendent des appareils par centaines... à prix cassé.

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L'industrie aéronautique soutenue par les transporteurs low-cost

L’un des plus importants transporteurs aériens européens spécialisés dans le low-cost, l’espagnol Vueling (dont le capital est détenu à 46 % par Iberia), a été relaxé jeudi dernier par le tribunal correctionnel de Bobigny. Les plaignants étaient entre autres Pôle Emploi, l’Urssaf, la Caisse de retraite des navigants. Cette compagnie low cost était d’accusée d’avoir eu recours au «travail dissimulé» du temps où elle possédait une base en France. Entre mai 2007 et octobre 2008, elle n’avait pas appliqué le droit du travail français à ses salariés dans l’Hexagone.

Les magistrats ont au contraire estimé que Vueling avait respecté une réglementation de Bruxelles en la matière. L’Union européenne autorise les entreprises embauchant du personnel à l’étranger (pour autant que cela se produise dans l’espace européen) à maintenir le régime de sécurité sociale du pays d’origine, si toutefois le contrat n’excède pas un an et les employés concernés sont consentants.

Des vols jusqu’à 30 % moins chers

Du côté d’Air France, notamment, cette décision de Justice ne peut que faire grincer des dents. En effet, il pourrait s’agir d’une jurisprudence qui ouvrirait la porte à bien des interprétations et d'éventuels abus de la part de ses concurrents low cost. Les leaders européens du low cost aérien, EasyJet et Ryanair, ont déjà eu maille à partir avec la Justice. Le 9 mars 2010, le tribunal correctionnel de Créteil avait condamné EasyJet à régler un chèque d’un montant de 1,4 million d’euros à Pôle Emploi. Cette compagnie avait été reconnue coupable d’avoir embauché 170 salariés à l’aéroport d’Orly sous statut britannique. De même, en avril, le Parquet a ouvert une information pour travail dissimulé contre Ryanair.

Le magazine Capital diffusé le dimanche 4 juin par M6 défrichait, entre autres sujets, le business florissant des transporteurs aériens à bas coût. Citant le cas d’EasyJet, Capital faisait valoir que les vols de ces transporteurs d’un nouveau genre peuvent s’avérer 30 % moins couteux que ceux sous pavillon de compagnies traditionnelles comme Air France. Tout est prétexte à raboter les prix, certaines compagnies facturant par exemple les cafés 6 euros à bord.

919 «avions low cost» vendus par Airbus

Le malheur des uns fait toutefois le bonheur des autres. Parmi ceux que l’offre de voyages à prix cassé remplit de félicité : les constructeurs aéronautiques. Le low cost a connu une ascension si poussée au cours des dernières années que ces derniers ont rajouté cette nouvelle source de profit aux catégories de clients habituels. Ainsi, chez Airbus, le low cost fait partie d’un jeu de quatre clients différents. Dans ce jeune segment, le constructeur revendique 919 avions en opération, acquis par 43 compagnies. Il s’agit d’avions appartenant à la famille A320. Comparaison avec les charters : 274 avions pour 43 opérateurs. Les deux plus importants débouchés, pour le constructeur aéronautique européens, restent bien sûr le «network» (grandes compagnies) avec 101 opérateurs et 2742 appareils en opération, ainsi que le leasing, avec 28 opérateurs et 1714 appareils.

Alors que Ryanair se fournit essentiellement auprès de Boeing, Vueling s’est équipé exclusivement d’A320 (il a acheté trente-sept unités jusqu’à ce jour) et EasyJet a acquis cent-cinquante et un A19, vingt-cinq A320 et quatre A321. Chez Airbus, dont l’Usine Nouvelle a contacté les responsables de la communication, les comptes sont bons : «Nous détenons 63 % du marché de la vente d’avions aux transporteurs low cost alors que Boeing se contente de 37 %». Ces chiffres posent problème : Airbus ne semble pas avoir inclus dans ses statistiques d'autres concurrents, sachant que l’on évoque des avions d’une capacité supérieure à cent places. Pourtant, le brésilien Embraer, le 4 ème constructeur mondial, oeuvre aussi sur ce segment. Les compagnies low cost représentent 22 % de son carnet de commande en cours, soit 191 appareils.

«Elles savent s’y prendre pour obtenir des remises»

Un spécialiste de l’aéronautique verse un élément nouveau au dossier des réductions de coûts dans lesquelles excellent ces transporteurs : «Les compagnies low cost ont le chic pour obtenir des constructeurs aéronautiques des remises souvent énormes. Elles s’arrangent pour passer commande de nouveaux avions quand survient une période de crise dans l’industrie aéronautique.»

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