"L'industrie a besoin de plus de cohérence et de collaboration"

Jean-Louis Beffa, auteur de La France doit choisir, Patrick Pélata (Renault) et Jean-Noël de Galzain (Wallix) ont posé les conditions d’un renouveau industriel français aux Entretiens de la Fabrique de l'Industrie le 19 mars.

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L’industrie occupe une place importante dans l’actuelle campagne présidentielle. Alors en pleine semaine de l’industrie, les spécialistes du secteur ont redoublé d’idées pour donner un nouveau souffle au tissu industriel français.

Invité de l’Entretien de la Fabrique organisé lundi soir au Collège des Bernardins à Paris, Jean-Louis Beffa a appelé à sortir de l’ambiance anglo-saxonne ultra-libérale pour mener une politique industrielle. "J’ai écrit La France doit choisir car les pays qui me semblaient réussir n’appliquait pas le libéralisme intégral que nous avions mis en place. Ces pays sont l’Allemagne, la Corée ou le Japon", souligne le Polytechnicien. "La France est aujourd’hui dans un régime blairiste, l’Etat n’intervient pas, il corrige à la marge, socialement", ajoute l’ancien dirigeant de Saint-Gobain.

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Patrick Pélata, conseiller spécial du patron de Renault Carlos Ghosn, a souligné l’importance d’une autre action de l’Etat. Pour les deux hommes, l’industrie doit être remise au cœur des préoccupations du pouvoir politique car la France perd rapidement pied face à la concurrence internationale. "Je ne parle qu’en termes de capitalisation boursière. Dans l’automobile, Renault est la 14ème capitalisation, devant on trouve un Indien et un Chinois. PSA est 26ème, l’Indien Bajaj vaut deux fois et demi plus que PSA en termes de capitalisation", rappelle, alarmé, Patrick Pélata, avant d’ajouter : "Les grands groupes automobiles français sont déjà sur les genoux face à la concurrence mondiale".

Les hommes politiques doivent selon les participants à l’Entretien organiser une grande mobilisation nationale autour de ses industriels et se donner les moyens d’investir. Quitte à augmenter les impôts sur les consommateurs, comme la TVA. "Nous avons besoin d’un choc, d’une rupture, de petites évolutions ne suffiront pas. Il faut une cohérence autour du ministère de l’Industrie comme on en trouve en Chine ou au Japon", insiste Patrick Pélata.

Collaboration et exportation

Jean-Noël de Galzain, PDG de Wallix, a lui souligné les efforts à faire dans la structuration d’une filière et d’une dynamique entre les PME et les grands groupes. "Il faut travailler à la collaboration entre les PME et les grands groupes, car ce sont leurs premiers clients. Les grands groupes peuvent aider les PME qui travaillent à l’industrialisation de leurs produits, également sur les financements. C’est le chasser en meute", souligne le vice-président du Pôle System@tic, situé en Ile-de-France. Les pôles de compétitivités comme le crédit d’impôt recherche ont été mis en avant comme des outils indispensables au développement de l’industrie. "La différenciation technologique est la solution. Dacia est une forme de différenciation, aussi bien dans sa technologie que dans son business model", explique Patrick Pélata.

Mais un point reste déterminant : l’exportation et l'international. L’occasion pour le conseiller spécial de Carlos Ghosn de revenir sur la polémique de Tanger et d’insister sur le low-cost. "Le besoin de véhicules à bas coût existait et si nous ne l’avions pas fait, des Coréens et bientôt des Chinois l’auraient fait. Le bilan économique est positif pour la France entre les exportations de pièces, les dépenses en R&D, les profits réinvestis dans le véhicule électrique et les impôts, détaille l’ancien numéro 2 de Renault. Cette stratégie a rapporté en 2010 500 millions d’euros à l’économie française".

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