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L'Usine de l'Energie

L'indexation des prix du carburant met le Maroc en émoi

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Dans le but de contenir le déficit public au Maroc, le gouvernement d'Abdelillah Benkirane vient de décider d'une mesure d'indexation "partielle" et "limitée" du prix des carburants. Provoquant une hausse des prix à la pompe alarmante pour les consommateurs et les industriels. Le Haut commissariat au plan (HCP) dans une note récente chiffre l'impact de cette réforme à une perte de 0,48 point de PIB l'an prochain.

L'indexation des prix du carburant met le Maroc en émoi © vivoenergy

Intention à priori louable... Contenir les déficits publics, c'est bien, sans provoquer de protestations sociales c'est plus délicat. C'est pourtant la quadrature du cercle auquel tente de répondre le gouvernement du premier ministre Abdelilah Benkirane au Maroc.

Après avoir relevé les prix une première fois en juin 2012, il vient de le faire une nouvelle fois lundi 16 septembre. Il s'agit pour l'essentiel de limiter le déficit de la "Caisse de compensation" qui subventionne les produits de base et surtout les carburants. Alors que le déficit public atteint 7,1% du PIB en 2012, les grands bailleurs de fonds comme le FMI pointent à chacune de leurs analyses la nécessité pour le Maroc de réformer ce système pour soulager les finances du royaume qui dépend quasi exclusivement des importations en matière d'énergie.

"S'il n'y avait pas ces dépenses (de compensation), le déficit budgétaire serait de l'ordre de 0,5%" contre plus de 7% en 2012, a déclaré le ministre en charge de la réforme (Affaires générales et gouvernance), Najib Boulif, rapporte l'AFP.

Dans son budget 2013, le montant alloué à la compensation a été fixé à 40 milliards de dirhams (4,8 milliards de dollars), sur la base d'un baril à 105 dollars ce qui  risque d'être insuffisant. (prix du baril : 110 dollars aujourd'hui).

La hausse du prix des carburants décidée par le gouvernement est de 0,69 dirham (environ 6 centimes d'euro) par litre pour le gazole (environ + 8%) et 0,59 dirham (environ 5 centimes d'euro) pour l'essence (près de 5%).

Les prix de l'essence, du gazole et du fioul industriel seront réévalués mensuellement. Ils demeureront inchangés si  la fluctuation des prix du baril de brut oscille entre – 2,5% et +2,5% sur les deux derniers mois. À contrario, l'évolution des cours sera directement répercutée à la pompe.

Socialement sensible, cette mesure est présentée comme "partielle" et ne concerne pas tous les produits pétroliers.

Elle intervient dans une période sensible alors qu’Abdelilah Benkiraneleader leader du parti islamiste modéré PJD au pouvoir depuis novembre 2011 peine à constituer une nouvelle coalition avec le parti RNI suite au départ du gouvernement du parti de l’Istiqlal début juillet. Ce alors que le Maroc a fait preuve de stabilité politique et économique depuis le début du Printemps arabe et reste plutôt bien noté par les bailleurs de fonds et les investisseurs internationaux.

 

Alors que les entreprises s'alarment sur leur compétitivité certaines "mesures d'accompagnement" sont prévues, rapporte le quotidien L'Economiste pour les professionnels, pour éviter une hausse généralisée des prix sur les coûts de transport notamment.

Pour sa part dans sa note le Haut commissariat au plan (voir sa publication intégrale ci-dessous) relève que "la réduction de la compensation des prix des produits pétroliers améliorerait le solde budgétaire de l’État et se traduirait, à l’exclusion de toutes éventuelles mesures d’accompagnement, par une hausse des prix intérieurs, une baisse de la demande intérieure, et par conséquent une baisse du produit intérieur brut (PIB)."

Selon le HCP, le solde budgétaire enregistrerait "une amélioration de 0,18 point en pourcentage du PIB en 2013 et de 0,58 en 2014", mais à l'inverse le PIB reculerait de 0,15% en 2013 puis de 0,48% l'an prochain, soit des pertes d’emploi estimées par l’institution à 4 810 postes en 2013 et 15 790 postes en 2014.

Cet effet résulterait d’une hausse des prix intérieurs de 0,37% en 2013 et 1,10% en 2014. "La consommation des ménages en volume serait en baisse de 0,29% en 2013 et de 0,92% en 2014 et l’investissement respectivement de 0,26% et de 0,91%" note le HCP.

Discutant depuis plus d'un an de cette réforme, le gouvernement a promis en contrepartie des aides fléchées vers les familles les plus modestes, Car, l'effet pervers des subventions actuelles est qu'elles profitent surtout aux gros consommateurs. Mais la population marocaine l'entendra-t-elle ainsi ?

 

Nasser Djama et Pierre-Olivier Rouaud

 

Simulation de l’impact de la hausse des prix des produits pétroliers sur l’économie nationale selon le Haut commissariat au plan du Maroc

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