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L'Usine Santé

L'impact des activités industrielles de l’étang de Berre sur la santé

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Les résultats de l’étude "Fos Epseal" publiée en 2017 sur les impacts des pollutions environnementales sur la santé des habitants de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône avaient fait du bruit sur le territoire. Après un an consacré à leur analyse, l’Etat conteste des points de la méthode mais admet des similitudes de données sur des pathologies.

L'impact des activités industrielles de l’étang de Berre sur la santé
"L’Agence régionale de santé n’a pas besoin qu’une étude démontre les effets de l’environnement sur la santé, nous le savons déjà", explique Muriel Andrieu Semmel, responsable du département Santé-Environnement de l’ARS.
© Jean-Christophe Barla

Depuis plusieurs années, les élus et habitants du pourtour de l’étang de Berre réclament des études sur l’impact des activités industrielles sur leur santé. En février 2017, l’étude franco-américaine "Fos Epseal" menée sur 2 000 habitants et foyers de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône) révèle une prévalence plus élevée d’asthme, cancers et diabète chez les adultes des deux communes. L’Etat mandate dans la foulée Santé publique France (SPS) et l’Agence régionale de santé pour en analyser "les résultats préoccupants et la méthodologie inédite". "Ces sujets touchent à la protection des populations, ils exigent des précautions", a rappelé le sous-préfet d’Istres, Jean-Marc Sénateur, à l’occasion de la présentation, le 20 mars, des travaux conduits ces derniers mois. L’auditoire était constitué d’élus locaux, d’industriels, de représentants associatifs, membres du Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (SPPPI), et des auteurs de l’étude Fos Epseal.

Comparaisons ardues

L’analyse de ce rapport critique d’abord l’élaboration de l’échantillon étudié, "pas représentatif de la population générale", en particulier sur les spécificités démographiques et socio-économiques des foyers concernés qui peuvent entraîner des "perceptions très différentes" mentionne Mélina Le Barbier, responsable de l’unité de surveillance des pathologies liées à l’environnement chez Santé publique France. Surtout, elle pointe des conclusions "entachées de biais non discutés qui rendent ardues les comparaisons". En revanche, elle souligne comme une "avancée" l’approche participative consistant à recueillir les perceptions des habitants du territoire pour compléter les données épidémiologiques. "C’est très complémentaire pour la mise en évidence de signaux qu’on ne voit pas toujours, comme les saignements de nez ou les maux de tête, mais les causalités sont difficiles à établir" précise Sébastien Denis (direction Santé environnement de SPF).

Similitudes réelle

L’Observatoire régional de la santé (ORS) valide cependant des points communs entre les données de son système d’information régional de santé et celles de Fos-Epseal, en particulier chez les hommes, sur les mortalités par cancer (+ 34 %) et les mortalités prématurées (+ 19 %). "Les excès de morbidité par diabète de type 1 et de maladies chroniques se trouvent également dans les deux études, mais dans des proportions moindres chez nous que chez eux car les données de base diffèrent. Nous n’avons pas trouvé en revanche plus d’asthme ou de maladies respiratoires", souligne Pierre Verger, directeur de l’ORS Paca. Pour ce dernier, certains écarts peuvent s’expliquer par d’autres éléments que la pollution environnementale, comme les comportements de santé ou l’exposition professionnelle. En soulignant les efforts historiquement accomplis pour faire chuter les émissions de polluants, les services de l’Etat tiennent à montrer aux populations concernées qu’ils persistent à se préoccuper des risques sanitaires. "L’Agence régionale de santé n’a pas besoin qu’une étude démontre les effets de l’environnement sur la santé, nous le savons déjà", explique Muriel Andrieu Semmel, responsable du département Santé-Environnement de l’ARS. Un nouvel observatoire, "Revela 13", a été mis sur pied pour des cancers liés à la pollution de l’air et aux expositions professionnelles (rein, vessie, leucémies aigües). Les premiers résultats seront dévoilés au 1er trimestre 2019.

Jean-Christophe Barla

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