L'Usine Santé

L’imagerie, fer de lance du plan industriel sur les technologies médicales

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Un appel à manifestation d’intérêt vient d’être lancé dans le cadre du plan "dispositifs médicaux et nouveaux équipements de santé" sélectionné par Arnaud Montebourg. Objectif, faire remonter des projets concrets dans ce secteur très diversifié.

L’imagerie, fer de lance du plan industriel sur les technologies médicales © Jean-Louis Salque - L'Usine Nouvelle

Son plan n’est pas le plus connu des trente-quatre plans industriels lancés par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. Mais la filière consacrée aux "dispositifs médicaux et nouveaux équipements de santé" s’active. Un "appel à manifestation d’intérêt" vient d’être lancé par ses chefs de file, André-Michel Ballester, le patron de l’italien Sorin, leader européen des dispositifs cardiaques très présent dans l’Hexagone, et Sacha Loiseau, le PDG de la PME française Mauna Kea Technologies.

Son but : faire remonter des projets, - nouveaux ou déjà en cours, en partenariat ou non -, par les industriels du secteur. Ce secteur très diversifié couvre aussi bien les pansements que les prothèses, les défibrillateurs ou encore les scanners…

L’imagerie, portée en France par GE Healthcare et de nombreuses PME

Privilégier quelques secteurs phares avait tout de la mission quasi-impossible. Résultat : un cahier des charges pour l’appel à manifestation relativement large. "Les projets pourront s’inscrire dans sept domaines d’activité, que nous avons identifiés comme les plus porteurs en raison du positionnement de la France (adéquation entre recherche académique, pratique médicale et tissu industriel) et du potentiel marché qu’ils représentent", explique André-Michel Ballester.

Ce choix comprend le diagnostic in-vivo, l’orthopédie, le traitement et la prise en charge de la plaie, la neuromodulation - délivrer des thérapies dans des zones spécifiques du système nerveux -, et le cardiovasculaire. Mais le fer de lance de ce plan industriel reste l’imagerie médicale portée par la forte présence hexagonale de l’équipementier américain GE Healthcare, les innovations de plusieurs PME comme EOS Imaging et SuperSonic Imagine et la société Mauna Kea, spécialisée dans l’endoscopie. Une technologie qui permet de visualiser l’intérieur des organes ou de cavités.

Définir une dizaine d’appels à projets

Les projets devront néanmoins s’inscrire autour de deux thèmes transversaux : le mini-invasif et la robotique. Et avec trois possibilités. La première est de soutenir les nombreuses TPE et PME de cette filière, pour les aider à passer le cap des premières années post-création. "Nous manquons d’incubateurs en France et de centres de partage de savoirs, comme Biodesign à Stanford (Etats-Unis) ou les écoles fédérales en Suisse", regrette ainsi André-Michel Ballester.

Deuxièmement, aider les PME et ETI à se consolider afin d’atteindre une taille critique suffisante pour se développer à l’échelle mondiale. Enfin, troisièmement, inciter les grandes entreprises disposant de sites hexagonaux de R&D et de production d’envergure mondiale, comme Orange, Thalès et Sanofi, à collaborer avec d’autres acteurs français au sein ou en dehors de la filière santé. Tous ces projets doivent avoir un point commun : justifier de retombées économiques (perspectives commerciales, emplois, exportation…) d’ici trois à cinq ans.

En lançant cet appel, les chefs de file du plan espèrent ainsi identifier les leviers réglementaires, organisationnels et financiers à actionner afin de définir, par la suite, une dizaine d’appels à projets à lancer avec Bpifrance et le Commissariat Général à l’Investissement. Le temps presse : la feuille de route de la filière devra être rendue fin mars.

Gaëlle Fleitour

L’Etat doit stimuler les initiatives

Les entreprises intéressées par l’appel doivent faire remonter d’ici le 14 mars une courte fiche descriptive de leur idée au Ministère du Redressement Productif. Ce dernier jouera le rôle de guichet unique. Mais tout ne dépendra pas de lui. "Si nous réalisons qu’il n’y a pas de réponse sur certains secteurs, il faudra réfléchir à actionner des leviers autres que ceux des pouvoirs publics : cela peut être une action de fédération, la participation de grandes entreprises, etc., estime André-Michel Ballester. Il faut que l’Etat n’ait pas forcément un rôle de financement, mais de stimulation." Le dirigeant compte aussi sur le soutien des régions, qui ont montré de l’intérêt pour ce plan, et jouer localement un rôle de relais de l’appel.

 

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