[L’image du jour] Une nouvelle version plus "écolo" du paquebot France

Simon Chodorge , , ,

Publié le , mis à jour le 11/05/2020 À 19H07

Images Il y a 60 ans, le 11 mai 1960, le port de Saint-Nazaire assistait à la mise à l'eau du paquebot France. L'entreprise parisienne Seine Alliance souhaite construire une nouvelle version de ce navire populaire. Plus écologique, le bateau pourrait être lancé en 2024.

[L’image du jour] Seine Alliance imagine un nouveau paquebot France plus écologique
L'entreprise Seine Alliance espère créer un successeur du paquebot France lancé en 1960.
© Seine Alliance

Le lancement du paquebot France remonte à 60 ans. Le 11 mai 1960, le port de Saint-Nazaire célébrait la mise à l’eau du navire transatlantique. En 2020, le Covid-19 paralyse les navires de croisière mais l’entreprise parisienne Seine Alliance n’abandonne pas son projet : faire construire Le Nouveau France. Une version modernisée et plus écologique du célèbre navire.

Un paquebot “à taille humaine”

Le projet de Seine Alliance remonte à 2009. A l’époque, le patron Didier Spade imaginait un lancement dès 2016. Entre temps, la date a été repoussée à 2024. “Les chantiers de Saint-Nazaire ont engrangé de grosses commandes de paquebots géants qui ont mobilisé toutes les ressources de ce chantier. Cela a donné lieu à une sorte de panique au niveau de tous les armateurs qui, voyant l’avance de Royal Caribbean, ont bloqué tous les slots disponibles dans les trois principaux chantiers mondiaux”, retrace Didier Spade, interrogé par L’Usine Nouvelle. 

(Seine Alliance a réduit les dimensions de son projet de paquebot. Crédit : Seine Alliance)

Entre temps, Seine Alliance a revu à la baisse les dimensions du Nouveau France. Au départ, l’entreprise de 10 salariés visait un paquebot de 260 mètres de longueur pour 800 passagers. Elle souhaite désormais un paquebot de 190 mètres pour accueillir environ 450 passagers, contre 315 mètres pour l’ancien France. “Ceux qui vont le mieux s’en tirer, ce sont les paquebots à taille humaine qui accueillent moins de 500 passagers”, analyse Didier Spade alors que les croisiéristes et le secteur du tourisme dans son ensemble souffrent de la pandémie.

Un coût évalué à 350 millions d’euros

Seine Alliance évalue à 350 millions d’euros le coût du chantier. L’entreprise parisienne veut débuter une levée de fonds en 2020 même si le Covid-19 risque de rendre plus long ce tour de table. De la même manière, avant la crise, Didier Spade voulait lancer la construction en France en 2022 pour un lancement en 2024. “C’est suffisamment éloigné pour se donner le temps de pouvoir mettre en oeuvre ce grand projet”, note le dirigeant qui reste prudent sur ses objectifs dans le contexte actuel. 

(Seine Alliance imagine des espaces insolites sur son paquebot comme un jardin exotique ou un spa-thalassothérapie. Crédit : Seine Alliance)

Après le lancement, Didier Spade souhaite générer un nouvel enthousiasme populaire autour du successeur du France. “Je pense qu’il y aura une certaine appétence pour acheter des actions de la part de tous les Français et de tous ceux qui aiment la France. Le but est que le navire devienne la propriété de ces gens là”, explique le patron de Seine Alliance, dont la famille a participé aux aménagements du premier paquebot France. 

Une collaboration avec Renault sur les batteries électriques

Côté propulsion, Seine Alliance veut bannir l’usage du fuel lourd, un carburant extrêmement polluant. A la place, Le Nouveau France devrait associer l’utilisation du gazole avec le gaz naturel liquéfié et des batteries électriques pour circuler dans les zones les plus sensibles. L’entreprise envisage d’autres dispositifs pour réduire l’empreinte carbone du paquebot : réduction de sa vitesse moyenne à moins de 14 noeuds, utilisation d’une voile remorque, installation de panneaux solaires, branchement à quai, optimisation des formes de la coque...

Outre le projet du Nouveau France, Seine Alliance a noué un partenariat avec Renault et Green-Vision pour alimenter un petit bateau 100 % électrique fluvial avec des batteries de véhicules électriques “en seconde vie”. Baptisé Black Swan, le navire pourrait être lancé en septembre 2020 pour mener des croisières privées ou professionnelles sur la Seine.

(Le bateau 100 % électrique Black Swan peut accueillir de deux à huit personnes. Crédit : Renault)

A Paris, Seine Alliance exploite également plusieurs bateaux fluviaux avec l’enseigne Paris Yacht Marina. Didier Spade, également vice-président de la communauté portuaire de Paris, souhaite électrifier l’ensemble de sa flotte à l’horizon 2024.

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