L’Igas met à mal tout le système de santé français

Son premier rapport a été à l’origine de l’affaire Servier en début d’année. La seconde étude de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) était donc très attendue. Elle a été publiée le 21 juin au soir et préconise des modifications radicales du système de santé.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

L’Igas met à mal tout le système de santé français

Simplification de la notification des effets indésirables, meilleur contrôle des laboratoires, suppression des visiteurs médicaux, information sur les médicaments par un organisme public sont quelques-uns des éléments à modifier en France dans le système de santé, selon, le dernier rapport de l’Igas.

L’institution réclame "une réforme d'envergure de la pharmacovigilance", notamment en axant sur un "changement de méthode et de culture dans la surveillance des risques des médicaments et sur la simplification de la notification des effets indésirables". Elle insiste aussi sur la nécessité de "refondre l’évaluation du médicament", en redéfinissant de nouveaux critères. Le rapport suggère une réduction du nombre de médicaments, en ne retenant que ceux "essentiels à la couverture des besoins de santé publique".

Elle prône aussi un "rééquilibrage des rapports entre l'Afssaps (l'agence des produits de santé) et les laboratoires" et souhaite par exemple l’annulation des décisions favorables au laboratoire en cas de conflit d’intérêt. L’Igas évoque la possibilité de mettre en place "un organisme public d’information sur le médicament et la suppression du corps des visiteurs médicaux".

Elle appelle à une "reconstruction de la politique du médicament" inexistante pour l’instant dans le pays. Il faut selon l’institution des grands principes débattus collectivement, des objectifs clairs tournés vers les citoyens. Elle reconnaît que le doute doit profiter au malade et non au médicament, avec priorité au principe de précaution.

L’Igas propose de revenir sur l’Europe du médicament et afficher un positionnement nouveau dans le concert européen. Selon elle, "l’Europe du médicament a pris le dessus sur les Etats-nations et les agences nationales. Or l'Etat doit retrouver une responsabilité qui ne peut être que la sienne".

Ce rapport intervient six mois après la sortie du premier rapport sur l’affaire du Mediator, qui avait fait grand bruit. L’Igas avait en effet étudié la succession des événements ayant conduit à son interdiction.

Jacques Servier lié à l’ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy ?

Cette publication coïncide aussi avec la révélation dans le Canard Enchaîné du 22 juin de financement entre les laboratoires Servier et l’ancien ministre Philippe Douste-Blazy.
Selon le journal satirique, des lettres saisies lors d'une perquisition au siège des laboratoires Servier le 7 février dans le cadre de l'enquête sur le Mediator montrent que le groupe a financé des activités promues par l'ancien ministre.
Des liens d’intérét répétés sont visés entre Jacques Servier et Philippe Douste-Blazy, au cours des années 1990. Un courrier mentionne par exemple les remerciements sincères du ministre de la Santé de l’époque pour subvention mise "à la disposition du Forum européen de la santé afin d'organiser la première université de la santé".
Auditionné le 5 mai par la mission parlementaire sur le Mediator, Philippe Douste-Blazy a juré n'avoir jamais eu de "liens d'intérêt vis-à-vis du laboratoire Servier".

Partager

NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS