[L'idée verte] Les eaux usées, une source d'énergie prometteuse

Petite start-up créée en 2016 à Montpellier, NXO engineering a mis au point une station d'épuration (Step) à énergie positive. Cette écosolution d'assainissement, innovante en France, est censée générer plus d'énergie qu'il n'en faut pour traiter les eaux usées.

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[L'idée verte] Les eaux usées, une source d'énergie prometteuse
A la différence des équipements classiques (ci-dessus), les stations d'épuration à énergie positive promettent de générer l'énergie nécessaire à leur fonctionnement.

« Les stations d'épuration à énergie positive (Step) sont à même de générer l'énergie dont elles ont besoin pour fonctionner grâce aux boues et aux nutriments qu'elles produisent », annonce César Narvaez, président de la société NXO engineering, start-up créée en 2016 à Montpellier (Hérault). « Ces ressources ne sont pas utilisées dans les modèles d'assainissement classiques. » Les eaux usées qui sortent entre 12 °C et 25 °C véhiculent des calories et des nutriments comme le carbone, l'azote et le phosphore. Le procédé conçu par NXO engineering permet de les valoriser en biométhane, un hydrocarbure source d'énergie.

Cette solution fait appel à des bioréacteurs qui mettent en synergie des micro-algues et des bactéries. « Dans quasiment tous les modèles d'assainissement, les bactéries détiennent le rôle d'épuration, explique le chercheur. Pour qu'elles traitent les effluents il faut oxygéner le milieu (les boues activées) en injectant de l'air dans les tuyaux, l'ensemble étant digéré selon un processus anaérobie. »

Mise en synergie

Selon César Narvaez, cette intervention représente près de 62 % du coût énergétique total d'épuration des eaux usées des stations classiques. Dans sa solution, les micro-algues en suspension qui produisent des gaz, sont notamment utilisées pour oxygéner les boues et faire le travail de dégradation, les boues digérées étant valorisées comme fertilisant. De tels réacteurs consomment huit fois moins d'énergie que les techniques d'assainissement par boues activées. « Il n'y a plus besoin de moteur électrique pour injecter de l'air », souligne César Narvaez.

Sa société a également conçu une unité de flottation qui permet de séparer la biomasse et l'eau. En sortie, cette eau promet de respecter les normes de qualité A, pour une réutilisation (arrosage d'espaces verts, nettoyage de rues, etc. ).

Consommation réduite

Le procédé de NXO engineering, qui fait travailler des micro-algues et des bactéries, réduit d'autant la consommation d'énergie des Step. Il vise une baisse du prix de l'eau potable dont 40 % sont consacrés à la filière assainissement. La start-up destine sa solution notamment aux petites collectivités qui veulent réduire leurs dépenses d'exploitation. « Nous visons celles qui ont besoin d'une Step de 1 000 à 10 000 équivalents-habitant ; elles pourront réduire leur facture d'achat d'eau globale d'un tiers grâce à ce procédé », indique le chef d'entreprise.

Une première unité de démonstration de 100 équivalents-habitant est en cours d'installation à Cournonsec, une commune de la métropole Montpellier Méditerranée qui a soutenu le projet. Elle va permettre de valider le dispositif dont les essais ont été réalisés en partenariat avec l'université Montpellier 2, le CNRS, l'Ifremer et le Laboratoire de biotechnologie de l'environnement de Narbonne, avec qui la start-up valide actuellement de nouveaux dimensionnements.

[Article issu de La Gazette des Communes, première publication le 24 Mai 2019]

"Le processus permet des économies sur les coûts de construction et d'exploitation"

JACKIE GALABRUN-BOULBES, première vice- présidente de Montpellier Méditerranée métropole (*) et maire de Saint-Drézery (Hérault)

« Les compétences mobilisées pour la station d'épuration à énergie positive sont transférées à la métropole, qui a soutenu le projet dans sa partie réglementaire et juridique. Elle a aussi mis à disposition le foncier nécessaire et une partie des effluents pour faire les tests notamment. Ce process est maîtrisé et très intéressant car il permet une économie sur les coûts de construction et d'exploitation. Facilement transférable, il pourra donc être dupliqué dans des petites communes rurales. La métropole a un partenariat avec NXO qui détient le brevet mais qui est une société privée. Il faudra la remettre en concurrence à chaque appel d'offres. »

(*) Déléguée au service public de l'eau et de l'assainissement.

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