L'Usine Energie

"L’hydrolien représentera une part importante du mix énergétique en Europe dans le futur", pour Ocean Energy Europe

Simon Chodorge ,

Publié le

Entretien Le 26 juillet, Naval Energies a annoncé la fin de ses investissements dans l'hydrolien, à peine plus d'un mois après l'ouverture d'une unité d’assemblage à Cherbourg (Manche). Cette annonce ne reflète pas l'avenir de la technologie pour Ocean Energy Europe, réseau des professionnels des énergies marines. Donagh Cagney, directeur politique de l'organisation, présente à L'Usine Nouvelle sa vision de l'avenir du secteur.

L’hydrolien représentera une part importante du mix énergétique en Europe dans le futur, pour Ocean Energy Europe
Une hydrolienne du parc hydrolien EDF de Paimpol-Bréhat (Côtes-d'Armor).
© Nicolas Job

L'Usine Nouvelle - La fin des investissements de Naval Group dans l'énergie hydrolienne a réveillé les critiques sur cette technologie. Quel sentiment avez-vous sur l'avenir de l'hydrolien ?

Donagh Cagney, directeur politique d'Ocean Energy Europe - Nous étions un peu déçus par l'annonce de Naval Group mais les fermetures d’entreprises font partie de l’évolution des industries pionnières et innovantes. Elles font partie d’une dynamique de consolidation dont vont émerger des champions industriels qui se partageront le marché. Nous sommes toujours confiants sur le fait que l’hydrolien représentera une part importante du mix énergétique en Europe dans le futur. Nous savons que la technologie marche. La production électrique des hydroliennes est prédictible à 100%. Et l’Union Européenne vise un abaissement du coût de l'hydrolien à 10 centimes euros par kWh d’ici à 2030.

Nous parlons beaucoup de l’hydrolien mais l’énergie des vagues représente aussi un secteur important. La technologie est plus récente mais il y a déjà des prototypes dans l'eau ou en train d'être testés. Selon nos projections, les énergies marines pourraient offrir une capacité de 100 GW en Europe d’ici 2050. Cela représente 400 000 emplois. Et lorsque les projets d’énergie marine sont mis en oeuvre, ils se déroulent près des côtes. Pour les communautés régionales, il y a beaucoup de travail à saisir en terme d’assemblage, de maintenance et d’opération.

Naval Group et certains acteurs locaux ont pointé du doigt un manque de soutien financier de la part de l'État. Est-ce que vous partagez ce constat ?

Au cours des 10 dernières années, deux milliards d’euros ont été apportés par les investisseurs privés. L’Union Européenne a également montré beaucoup de soutien. Avec le plan Horizon 2020, elle a subventionné le secteur à hauteur de 180 millions d’euros depuis 2014. C’est grâce à ces soutiens que la technologie a atteint son point de maturité. Mais maintenant nous avons besoin d'amener le secteur au stade commercial et la seule façon de le faire est d’obtenir un tarif de rachat pour assurer un revenu au développeur et attirer des investisseurs. Parce que la technologie hydrolienne est en compétition avec d’autres technologies mieux établies et qui ont elles-mêmes bénéficié de subventions par le passé.

Quel avenir a l'hydrolien en France dorénavant ?

Il y a beaucoup de soutien pour l’hydrolien en France. Certaines régions sont très impliquées comme la Bretagne, la Normandie ou les Pays de la Loire. Elles sont très enthousiastes à l’idée de voir cette industrie s’établir. A côté de Naval Group, d’autres entreprises ont développé des technologies prometteuses. En 2019, HydroQuest et EDF Energies Nouvelles doivent mettre en service un projet de démonstrateur hydrolien d’une puissance de 1 MW à Paimpol-Bréhat (Côtes-d'Armor). La PME bretonne Sabella va remettre en service une turbine de 1 MW au large de l’île d’Ouessant (Finistère).

Il y a aussi des entreprises non françaises. Au Royaume-Uni, SIMEC Atlantis Energy conduit le projet de démonstration le plus grand au monde au large de la côte nord de l’Écosse. C’est un projet qui permet de récolter beaucoup de données. L’entreprise a aussi proposé des discussions sur l’avenir de l’usine de Cherbourg, où elle pourrait prendre le relais de Naval Group.

Propos recueillis par Simon Chodorge

 

 

 

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