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L'Usine Agro

L’huître, une alliée inattendue dans la recherche contre le cancer

Coralie Lemke , , , ,

Publié le

Les huîtres pourraient être de précieuses alliées dans la recherche contre le cancer. A Brest, une biochimiste étudie le mécanisme de développement des cellules de ces mollusques pour pouvoir le comparer à celui des humains.

L’huître, une alliée inattendue dans la recherche contre le cancer
Charlotte Corporeau observe les huîtres chez un ostréiculteur de la rade de Brest.
© Ifremer

Depuis quelques semaines, Charlotte Corporeau ne quitte plus ses cuissardes étanches et son calendrier des marées. La biochimiste du laboratoire Physiologie des invertébrés de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) vient de commencer un projet de recherche sur l’huître, dont le modèle de développement des cellules pourrait aiguiller la recherche sur le cancer.

Aux grands coefficients de marée, elle se rend chez un ostréiculteur partenaire en rade de Brest et inspecte les poches dans lesquelles se trouvent les animaux. Il faut enlever les crabes qui se sont coincés là, éliminer les huîtres déformées, jeter celles qui sont mortes. "Les jours de grande marée, il ne faut même pas nous parler. On garde les mains dans l’eau de mer et on observe les animaux toute la journée."

Si Charlotte Corporeau tient tant à ces animaux, dont les interactions avec l’homme se limitent à être arrosées d’un trait de citron aux fêtes mondaines avant d’être gobées, c’est parce que les huîtres auraient en fait beaucoup à nous dire sur le développement des cellules.

Comprendre comment stopper la prolifération des cellules

"Les cellules cancéreuses ont la capacité de bien s’adapter, même dans des milieux très dynamiques. On appelle cela l’effet Warburg", explique la biochimiste. "Les huîtres, elles, ont également la capacité de survivre dans des environnements très difficiles. On suppose qu'elles arrivent à contrôler cet effet Warburg."

Pour comprendre cela, un protocole expérimental a été développé selon l’endroit où vit l’animal, en haut, au milieu et en bas de la rade. "Rien qu’à Brest, les animaux peuvent passer d’une température extrême à l’autre. Lorsque la marée est basse au mois d’avril et que la vase noire capture encore plus la chaleur du soleil, la température ressentie pour elles est de 40 degrés. Ensuite, la nuit, quand la mer est montée et qu’il fait froid, ça descend à 2 degrés."

Le but : trouver à quelle température se trouve l’huître lorsqu’elle inhibe l’effet Warburg et faire un lien avec les facteurs physiques des humains. Dans trois mois, des camions spécifiques se rendront sur place afin de faire des prélèvements sur les huîtres. Il sera alors possible pour la chercheuse d’observer les mécanismes qui ont opéré dans les cellules des différents organes et de repérer les protéines qui auront permis à l’huître de s’adapter à son élément.

Faire parler les huîtres

"Ce sont des mécanismes qui n’ont jamais été observés dans les cellules cancéreuses. Il deviendrait alors envisageable de collecter des gènes d’huitres et de les insérer dans des cellules cancéreuses afin de voir s’ils bloquent l’effet Warburg."

Chloé Corporeau aimerait pouvoir "faire parler les huîtres", qui "ont tant à nous dire." Elle va devoir prendre son mal en patience jusqu’au moment de l’interprétation des résultats. D’ici là, elle continuera de travailler au gré des cycles de la lune.

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