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L’hostilité de Sika transforme le rêve suisse de Saint-Gobain en cauchemar

Manuel Moragues , , , ,

Publié le

La prise de contrôle de la pépite suisse Sika par Saint-Gobain se heurte à l’hostilité de son management. La direction de Sika, soutenue par 40% des actionnaires, veut réduire de 52 à 5% les droits de vote auquel prétend le français.

L’hostilité de Sika transforme le rêve suisse de Saint-Gobain en cauchemar

Un beau coup et la réalisation d’un rêve. En rachetant la holding familiale SWH détentrice de 16,1% du capital de Sika, pour 2,3 milliards d’euros, Saint-Gobain s’assurait 52,4% des droits de vote du spécialiste suisse de la chimie pour la construction. Grâce aux statuts particuliers de cette société, Pierre-André de Chalendar, PDG du groupe français, pouvait mettre la main sur la pépite qu’il convoitait depuis des années sans se lancer dans une OPA. Las ! La direction et le conseil d’administration de Sika, hostiles à cette prise de contrôle depuis son annonce début décembre, semblent avoir enfoncé un coin dans cette belle mécanique. Et rallié bon nombre d’actionnaires. Les frondeurs représenteraient 40% du capital de Sika, a annoncé l’entreprise suisse, vendredi 30 janvier.

L’opération est pourtant "irrévocable", répète à l’envi Pierre-André de Chalendar depuis des semaines. En substance, résume le groupe : Saint-Gobain a signé un accord avec la famille Burkard pour lui racheter sa holding SWH, propriétaire de 16,1% de Sika. Ces actions s’accompagnent de 52,4% des droits de vote du chimiste. C’est inscrit dans les statuts de la société et parfaitement conforme à la législation helvétique. L’opération sera conclue "autour de l’été", après l’aval des autorités de la concurrence de divers pays, qui sera obtenu sans problème. L’opposition du management suisse, emmené par le PDG Jan Jenisch, semblait donc vaine. Tout comme les actions menées par certains actionnaires, qui réclament notamment l’expertise de l’accord entre la famille Burkard et Saint-Gobain ou, comme la fondation Ethos, la suppression de la clause "d’opting out" dont bénéficie la famille et qui dispense Saint-Gobain d’une OPA. La majorité des droits de vote que détient SWH condamne ces initiatives à l’échec.

Remise en cause des droits de vote

Sika s’est logiquement attaqué à la source du problème : la direction a annoncé le 26 janvier qu’elle estimait que la famille Burkard perdait son "privilège historique" en se liant avec Saint-Gobain. La holding SWH ne devrait donc plus disposer que de 5% des droits de vote, limite imposée aux autres actionnaires. Une décision que SWH et Saint-Gobain ont immédiatement qualifié d’"illégale". "Cela équivaut à une expropriation pour la holding SWH", commente une source proche du français. Reste qu’en attendant, avec des droits de vote réduits à 5%, la famille Burkard aurait du mal à s’opposer aux résolutions "anti-Saint-Gobain" ! Et les quelque 500 millions d’euros de prime que Saint-Gobain s’est engagé à payer pour le statut "privilégié" des actions de SWH paraîtraient bien difficiles à avaler.

Le recours aux tribunaux paraît inévitable, avec le risque de retarder la conclusion de l’opération de plusieurs années. Et encore faut-il que l’affaire se conclut en faveur de Saint-Gobain ! Selon le quotidien suisse "Le Temps", la Banque Cantonale de Zurich juge que "les chances d’un échec de la reprise du groupe par Saint-Gobain ont à nouveau augmenté. Même si […] elles restent estimées à moins de 50%". Et le beau coup de Saint-Gobain a perdu de sa superbe.

Manuel Moragues

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