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Quotidien des Usines

L'horloger SFT défie Swatch

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Publié le

Troisième producteur mondial de mouvements à quartz, le suisse SFT et sa filiale Indtec veulent concurrencer le monopole de Swatch sur le mouvement mécanique.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer





En octobre, Indtec, filiale du groupe horloger suisse SFT (Société Finances et Technologie) devrait être en mesure de mettre sur le marché des équivalents de deux des calibres de montres mécaniques les plus vendus au monde, le mouvement chronographe « 2894 » et le mouvement automatique simple « 2892 ». Ces produits, fabriqués par la filiade de Swatch, ETA, équipent plus de la moitié des 3 millions de montres assemblées chaque année en Suisse. Leurs équivalents, actuellement en préséries par Indtec, seront vendus au même prix que les produits estampillés ETA (96 euros pour le mouvement terminé, 48 euros pour l'ébauche en pièces détachées). Ils pourraient donc rapidement constituer une alternative crédible face à la suprématie du groupe Swatch.



La décision du numéro 1 mondial de cesser, à partir du 1er janvier 2006, la livraison de mouvements non terminés aux horlogers de l'arc jurassien (lire « L'U.N. » n°2837) a en effet mis en lumière la totale dépendance des quelque 300 clients d'ETA en matière d'approvisionnements (seules trois manufactures - Pateck Philippe, Rolex et Jaeger Lecoultre - fabriquent leurs propres mouvements). En limitant progressivement ses livraisons d'ébauches et en pratiquant une politique de hausse de tarifs sans précédent (+ 30 % en 2003 pour le calibre de base « 2824 »), la filiale de Swatch prive les industriels de l'horlogerie de la possibilité d'améliorer et surtout de personnaliser ces mouvements pour le compte des grandes marques de luxe. Une situation dont Victor Bruzzo, le dirigeant fondateur de SFT, espère tirer profit.



Confiant dans ses capacités à fournir les clients d'ETA dans les meilleurs délais et en quantité suffisante, il devra d'abord s'attacher la confiance des horlogers suisses, peu enclins à changer leurs habitudes. « Il faudra du temps avant que les grandes marquesabandonnent les mouvements ETA, dont la fiabilité est largement prouvée et dont le service après-vente s'appuie sur un réseau mondial d'approvisionnement de pièces détachées », souligne Jean-Pierre Jaquet, le patron de Jaquet-Baume, qui « termine » les mouvements ETA pour une quarantaine de grandes marques, parmi lesquelles Montblanc et Officine Panerai. Même prudence de la part de Luigi Macalusi, le directeur du fabricant de montres Girard-Perregaux, qui souligne que « la qualité d'ETA sera difficile à battre ».







David contre Goliath



Victor Bruzzo dispose toutefois de plusieurs arguments pour convaincre. Cet ancien directeur de production de Swatch a fait de SFT et de sa filiale commerciale hongkongaise Swissebauches le troisième producteur mondial de mouvements économiques à quartz derrière Seïko et Citizen. Les capacités d'assemblage - 100 millions de pièces - sont concentrées sur deux sites : Indtec en Suisse et Ineltec à Maîche, dans le Doubs. C'est là que seront fabriqués et assemblés les mouvements mécaniques, à partir d'une technologie dérivée de procédés microélectriques.



Adossé au gestionnaire de fonds Léman Capital depuis janvier 2002, SFT affirme disposer des moyens suffisants pour assurer son développement : « En quatre ans, nous avons investi 15 millions d'euros pour développer nos mouvements mécaniques », plaide Victor Bruzzo, qui indique avoir obtenu toutes les certifications requises du prestigieux Cosc, le service de contrôle officiel des chronomètres suisses. « Je n'ai aucune crainte sur la fiabilité de nos produits ». Lors de la dernière grande foire horlogère de Bâle, toutes les grandes marques ont discrètement passé une tête sur le stand SFT. Pressées d'échapper à la tu- telle de Swatch, elles auraient déjà effectué leurs premières commandes.






 




 





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