L'Hexagone et le 'New Age'

Difficile, d'apprécier la place des nouvelles technologies ! Malgré un effort de suivi statistique.

Partager

L'Hexagone et le 'New Age'

Aujourd'hui, il n'y en a plus que pour la " nouvelle économie ". Ce cocktail détonant, à base de technologies de l'information, de la communication et d'Internet, constituerait, selon de nombreux économistes américains, la recette miracle permettant aux Etats-Unis de conjuguer croissance forte et inflation faible (voir " L'Usine Nouvelle " n° 2708). Dans l'hypothèse où une telle potion magique existe, où en est la France dans sa préparation ? Il faut d'abord remarquer que la " nouvelle économie " est une notion floue, même aux Etats-Unis. D'après un rapport récent du " department of commerce ", le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) aurait, entre 1995 et 1998, représenté 8 % du PIB américain et contribué à hauteur de 35 % à la croissance totale de l'économie. Mais, selon plusieurs analystes, ces chiffres grossiraient la réalité. Le magazine " The Economist " du 30 octobre fait mention d'une étude de Goldman Sachs qui estime le poids des TIC à seulement 5 % du PIB. Les auteurs considèrent que des biens mûrs, comme la télévision ou les services de base en matière de télécommunications, devraient être exclus de la nouvelle économie. En France non plus, il n'est pas facile d'avoir les idées claires sur le poids économique des secteurs nouveaux. Soucieux de voir la France se convertir à une " nouvelle croissance ", Dominique Strauss-Kahn a lancé, alors qu'il était ministre de l'Economie, un " tableau de bord de l'innovation ". La publication d'octobre estime que les secteurs technologiquement innovants (c'est-à-dire non seulement les TIC, mais aussi les biotechnologies et les nouveaux matériaux) représentaient 4,3 % du PIB français en 1997. Céline Rouquette, administrateur de l'Insee, évalue les TIC à 4,9 % du PIB en 1996, 5 % en 1997 et 5,2 % en 1998. " Le chiffrage de l'Insee repose sur une définition vaste des TIC, puisqu'elle inclut non seulement les services nouveaux (par exemple, la téléphonie mobile), mais aussi l'électronique de loisir, l'audiovisuel et les agences de presse. " Définis aussi largement, les industries et services liés aux TIC sont à présent plus importants que l'industrie de l'automobile et l'énergie réunies. Reste que les diverses estimations sont délicates à manier, puisqu'elles ne concernent pas le même champ. Ce qui est logique, puisque le suivi statistique se met en place. Evaluer la place de la " nouvelle économie " dans l'emploi ne va pas non plus sans difficulté. Dans " Technologies et Société de l'information ", ouvrage rédigé par trois services statistiques publics, les emplois directs dans les secteurs des TIC sont estimés à 800 000 en 1997. Ici aussi, la définition retenue est très large, puisqu'elle comprend l'édition de livres, de journaux, d'enregistrements sonores, ainsi que le secteur de l'imprimerie. Le " tableau de bord de l'innovation " livre un chiffrage, pour le premier semestre de 1999, de 1,5 million d'emplois dans les secteurs technologiquement innovants, et de 1,2 million environ pour les secteurs liés aux TIC. " Pour fournir des données semestrielles, nous avons choisi de ne pas attendre que les plus fines décompositions sectorielles soient disponibles, explique Nicolas Doisy, qui, à Bercy, coordonne le " tableau de bord ". Du coup, les secteurs retenus comprennent également des sous-secteurs qui ne sont pas technologiquement innovants - au sens du tableau de bord. Plutôt que le niveau, il vaut mieux regarder les évolutions qui montrent une progression soutenue. " En dynamique, la vision semble moins brouillée. Un faisceau d'indices vont dans le même sens. Entre le second semestre de 1998 et le premier semestre de 1999, le chiffre d'affaires des secteurs innovants a progressé de 3,3 %, les créations d'entreprise sont passées de 3 665 à 4 119, les fonds levés sur le nouveau marché de 289,7 à 360 millions d'euros, et le nombre d'internautes réguliers a dépassé 5 millions. Reste que ces chiffrages ne suffisent pas encore à convaincre de l'existence d'une nouvelle économie. La preuve : la BCE, redoutant l'inflation, a relevé ses taux.

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
A LIRE AUSSI
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Trophée

TROPHÉES DES USINES 2021

100% digital , live et replay - 27 mai 2021

Gestion industrielle et Production

Déposez votre dossier avant le 26 février pour concourir aux trophées des usines 2021

Conférence

MATINÉE INDUSTRIE DU FUTUR

100% digital , live et replay - 27 mai 2021

Gestion industrielle et Production

Comment rebondir après la crise 2020 et créer des opportunités pour vos usines

Formation

Espace de travail et bien-être des salariés

Classe virtuelle - 01 juin 2021

Services Généraux

Optimiser l’aménagement du bureau

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS