L’Harmony of the Seas aurait pu être le dernier paquebot de STX France

Le plus grand paquebot du monde, livré à la Royal Caribbean le 12 mai, aurait pu être le dernier construit par STX Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Sans l’accord de compétitivité signé en février 2014, le chantier naval n’aurait pas gagné les contrats suivants qui lui permettent aujourd’hui de voir l’avenir avec sérénité.

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L’Harmony of the Seas aurait pu être le dernier paquebot de STX France

Le paquebot Harmony of the Seas, livré jeudi 12 mai à la Royal Caribbean, concrétise aujourd’hui le renouveau du chantier naval STX France, dont le carnet de commandes assure des livraisons de paquebots jusqu’en 2026. Mais il aurait pu, aussi, constituer le chant du cygne du chantier.

Le contrat signé le 27 décembre 2012 entre STX et Royal Caribbean Cruises arrivait à l’époque comme une divine surprise pour le chantier en proie à de grosses difficultés économiques. "Le plus grand paquebot du monde" offrait dix millions d’heures de travail, véritable ballon d’oxygène qui sauvait STX, au moins provisoirement.

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Les bonnes fées semblaient s’être penchées au-dessus de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Car l’Harmony of the Seas était le troisième de la série Oasis et les deux premiers avaient été construits par STX Finlande. Le contrat du numéro trois aurait dû également revenir au chantier finlandais. Mais une sécurisation insuffisante du financement n’avait pas permis de conclure le contrat. L’Etat français, actionnaire à 33% de STX France, avait joué parfaitement son rôle et monté une offre en l’espace d’un mois seulement. Pourtant, au-delà de cette méga-commande, l’horizon était encore sombre.

7 jours de RTT annuels gelés

Début 2014, STX était sur le point de perdre l’appel d’offre de MSC sur deux paquebots, pour des raisons de coût. Un accord compétitivité signé par la CFDT et la CGC le 31 janvier 2014 permettait finalement de remporter le contrat. Les deux syndicats avaient accepté de voir certains avantages réduits et, surtout le gel pendant trois ans de sept des quatorze jours annuel de RTT. La bonne santé du chantier retrouvé, rien ne devrait s’opposer à récupération, à partir de 2017, de ces jours « prêtés » par les employés.

Autre élément de la réussite actuelle de STX, les investissements qui se sont poursuivis même pendant les heures sombres. Le plus grand portique d’Europe, sans lequel les super-paquebots ne pourraient pas être réalisés aujourd'hui, avait été assemblé au cours du second semestre 2013 pour devenir opérationnel début 2014. Des investissements qui se poursuivent pour que le chantier conserve son avance industrielle et technologique.

Patrice Desmedt

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