L'exploitation du gaz et pétrole de schiste reste une spécialité nord-américaine

La production de gaz et de pétrole de schiste est aujourd'hui cantonnée sur le territoire nord-américain. Mais de nombreux pays ont avancé dans l'exploration de leur sous-sol, pour assurer leur indépendance énergétique et remplacer le charbon.

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Puits de gaz de schiste aux Etats-Unis-Crédits Travel Aficionado - Flickr - C.C.

Le Centre hydrocarbures non conventionnels (CHNC) a présenté un panorama de l'exploration et de l'exploitation des gaz et pétrole de schiste dans le monde. Force est de constater que ces hydrocarbures n'ont pas encore quitté l'Amérique du Nord. "Les Etats-Unis comptent 100 000 puits actifs, le Canada 20 000. Dans le reste du monde, il en existe entre 500 et 1000", précise Jean-Louis Shilansky, Président du CHNC. "La question est de savoir si ce phénomène restera purement nord-américain. Franchement, je ne le crois pas", affirme-t-il.

Aujourd'hui, l'essentiel de la production mondiale d'hydrocarbures en pétrole et gaz de schiste provient des Etats-Unis (4,2 millions de barils par jour et 350 Gm3 de gaz de schiste), du Canada (1 million de barils par jour et 30 Gm3 de gaz de schiste) et d'Argentine (50 000 barils par jour et 1,5Gm3 de gaz). Toutefois, le CHNC dénombre 10 autres pays qui ont engagé de vraies recherches sur le sujet : Chine, Arabie Saoudite, Pologne, Royaume-Uni, Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Australie, Danemark et Russie.

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Indépendace énergétique et décarbonisation

Dans la majorité de ces pays, on retrouve des raisons communes pour s'intéresser aux hydrocarbures non conventionnels. D'une part, il y a la question de l'indépendance énergétique. La Pologne veut s'affranchir de la Russie ou le Royaume-Uni veut compenser la baisse inexorable de sa production d'hydrocarbures en Mer du Nord. D'autre part, il y a une recherche de décarbonisation de l'économie comme en Chine, au Danemark et en Allemagne. "Le gaz de schiste est favorable à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. C'est grâce à cela que les Etats-Unis ont pu remplacer des centrales au charbon par des centrales à gaz et s'engager sur des baisses d'émissions de CO2", remarque Jean-Louis Schilansky.

Toutefois, les recherches exploratoires sont plus ou moins couronnées de succès. Les études sur la Pologne annonçaient 4 000 Gm3 de gaz de schiste dans le sous-sol. Après les prospections décevantes de plusieurs majors, ce potentiel a été réduit à 550 Gm3 par l'Institut géologique Polonais. Les premières explorations de Total au Danemark n'ont pas engendré les résultats escomptés et le pétrolier français a mis en veille ses deux permis. A l'inverse au Royaume-Uni, les puits forés ont révélé un potentiel très important de 700 Gm3 de gaz de schiste soit 10 ans de consommation nationale. En Allemagne, les études évoquaient 500 Gm3 de réserves. Elles ont été réévaluées à près de 1300 Gm3 par l'Institut fédéral allemand des géosciences.

L'exemple allemand

Depuis que la loi de 2011 a interdit la fracturation hydraulique en France, aucune étude n'a été menée sur le sous-sol français, et le CHNC refuse de parler de potentiel. "Aucun chiffre n'est fiable", assure Jean-Louis Schilansky. En prenant l'exemple de l'Allemagne, il rappelle que "nous pourrions faire beaucoup de travail sans recourir à la fracturation hydraulique". Outre-Rhin, l'estimation a été faite en recourant à la sismique et au carottage. "Fracturer un puits permet de préciser les estimations, mais ce n'est pas un préalable", précise-t-il.

Ludovic Dupin

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