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L'Usine Matières premières

L’ex-MCK, une coquille vide dans le giron de Necotrans

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le , mis à jour le 01/10/2018 À 12H57

Nouveau rebondissement dans la bataille juridique et politique autour de la société congolaise de sous-traitance minière NB Mining (ex-MCK). Après l’annulation de sa cession à Pascal Beveraggi par la Cour d’appel de Paris en mai 2018, c’est une coquille vide qui a fait son retour dans le giron du français Necotrans. Ses salariés ont rejoint une nouvelle entité, NB Mining Africa, créée par l’homme d’affaires corse qui les dirigeait depuis 2015.

L’ex-MCK, une coquille vide dans le giron de Necotrans
La RD Congo, en Afrique centrale, produit plus de la moitié du cobalt mondial.
© Glencore

Les 2000 salariés de l’ex-MCK de Moïse Katumbi, opposant du président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, ont tranché. Ils ont quitté le groupe français Necotrans et sa filiale congolaise NB Mining, qui ont tous deux déposé le bilan, pour rejoindre la nouvelle société créée par Pascal Beveraggi, NB Mining Africa. L’ensemble du management et du personnel est repris avec son ancienneté. Et tous sont bien décidés à reconquérir leur part du marché de la sous-traitance minière dans le Katanga.

NB Mining Africa, une nouvelle structure en reconquête

"Il fallait tirer un trait sur les structures du passé, dangereuses pour les 2000 employés, tout en s’assurant que les partenaires chinois, australiens, canadiens ne perdent pas leurs repères dans un feuilleton politico-juridique sans fin. NB Mining Africa est désormais la structure opérationnelle en RD Congo, et elle répond aux exigences du nouveau code minier congolais", notamment en termes d’actionnariat local, explique Pascal Beveraggi, qui rappelle également que son groupe compte d’autres sociétés portant ce nom au Moyen-Orient, au Ghana...

Effectivement, il est difficile de ne pas s’y perdre dans les changements d’actionnaire de référence de l’ex-MCK. En 2014, cette société de sous-traitance minière, leader sur l’extraction et le transport de minerai de cuivre et de cobalt dans les provinces du Katanga en RD Congo, réalisait 170 millions de dollars de chiffre d’affaires. Fin 2015, son fondateur, Moïse Katumbi, alors gouverneur du Katanga, se résout à la vendre avant de prendre la tête de l’opposition au président Joseph Kabila dans la course à la présidentielle. Le groupe Necotrans Mining, société de droit mauricien contrôlée par le français Necotrans Holding, l’achète pour 140 millions de dollars (118 millions d’euros) à Astalia, société gérée par la femme de Moïse Katumbi, qui en détient 85%. Et en confie la gestion à l’homme d’affaires français Pascal Beveraggi.

Mais cette somme ne sera que partiellement versée. Le paiement devait s’étaler sur trois ans. Or, en 2017, Necotrans fait faillite. Le tribunal de commerce de Paris autorise le rachat de ses actifs par plusieurs sociétés. Les ports échoient à son adversaire historique, le groupe Bolloré, et la partie mining à Octavia, société (basée à Dubaï) de Pascal Beveraggi, qui la dirige déjà.

Mais Moïse Katumbi, qui n’a toujours pas perçu l’intégralité du prix de vente de MCK, revient dans la course. Astalia demande l’annulation de la cession de MCK (devenue NB Mining) à Pascal Beveraggi. Après un premier échec en décembre 2017, il produit des documents justifiant de l’inaliénabilité des parts tant que l’intégralité des paiements n’a pas été versée. C’est sur la base de ces documents, jusqu’ici inconnus des acheteurs, que la cession est finalement annulée, en appel, par la Cour d’appel de Paris en mai 2018.

La fin du feuilleton politico-judiciaire?

Tandis que plusieurs titres de presse titrent sur la "victoire" de Moïse Katumbi, les banques s’inquiètent. NB Mining se retrouve à nouveau avec un actionnaire de référence (Necotrans) en faillite, ce qui met en péril son  financement à long terme, faute de garanties. Malgré un niveau de trésorerie satisfaisant, elle dépose à son tour le bilan. Une version que réfute l’entourage de Moïse Katumbi, qui considère la liquidation comme une manœuvre pour ne pas régler le solde de la cession.

Plutôt que de s’avouer vaincu par l’annulation de son acquisition, Pascal Beveraggi remonte une nouvelle société conforme au nouveau code minier congolais (son actionnariat est majoritairement congolais), reprend l’ensemble du personnel et relance l’activité. Reste à reconquérir son marché… que se sont peu à peu partagé la dizaine de concurrents actifs dans la région.

Ce dernier rebondissement laisse peu de chances de résurrection à l’autre NB Mining (ex-MCK), celle sur laquelle Moïse Katumbi a déclaré vouloir faire jouer son droit de préemption après l’annulation de sa cession à Pascal Beveraggi. L'affaire reste pendante, puisqu'elle devrait aller en cassation après l'appel de mai à Paris.

Le contexte de marché est porteur pour la société de services miniers qui s'imposera. Le cours du cobalt, porté par la demande de batteries pour véhicules électriques, est au plus haut. La RD Congo vient d’ailleurs de confirmer son statut de minerai stratégique, ce qui portera la taxe sur les exportations à 10%.

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