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L’Europe promet plus de 728 millions d’euros d’aides au Maroc de 2014 à 2017

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Le Maroc va recevoir de l'Union européenne de 728 à 890 millions d'euros d'aides financières sur quatre ans, via des programmes sectoriels dans le cadre de la politique européenne du voisinage. Ce budget, conditionné à certaines réformes, augmentera ainsi au maximum de 15% comparé à la période précédente.

L’Europe promet plus de 728 millions d’euros d’aides au Maroc de 2014 à 2017
Usine d'eau à Berkane, projet soutenu par l'Union européenne
© enpi


L’Union européenne va apporter au moins 728 millions d’euros d’aides financières au Maroc sur quatre ans sur la période 2014-2017 poursuivant ainsi ses importants concours financiers au Royaume.

Cette enveloppe globale sera répartie dans de nombreux programmes sectoriels : gouvernance publique, réformes économiques, agriculture, réduction de la pauvreté, promotion de la femme, santé, droits de l’Homme, etc.

Elle s’inscrit dans le cadre de la "Politique de voisinage", à savoir au plan économique notamment le soutien à la modernisation des pays du proche pourtour de l’Europe que ce soit via la participation à des projets, un appui budgétaire voire des dons.

L'action européenne peut ainsi financer des programmes de formation dans l'administration, des aides au secteur éducatif ou à des associations, mais aussi des subventions sur des projets d'infrastructure. Ainsi la centrale solaire d'Ouarzazate Noor 1 a bénéficié d'une subvention directe de 30 millions d'euros en 2011 via ce type de mécanismes.

Au sein des institutions européennes, ces actions extérieures s'inscrivent dans le cadre financier dit de "l’Instrument européen de voisinage" (IEV). Dans le cadre du dernier budget européen courant sur la période 2014-2020, cet IEV (nb : successeur de l'IEVP mis en place en 2007) a été globalement doté de 15,4 milliards d’euros.

Maroc inclus, seize pays sont ciblés spécifiquement par l'IEV. Ils sont répartis en deux groupes : le Sud (Maroc, Tunisie, Algérie, Autorité palestinienne…) et l’Est (Biélorussie, Ukraine, Azerbadjan…). À noter que la Syrie, du fait de la guerre civile, est actuellement suspendue de ces programmes.

Fin juillet, le représentant du Maroc auprès de l’Union cité par l’agence de presse MAP, a indiqué que l’enveloppe dévolue au Maroc sur la période 2014-2017 s’élèverait à 890 millions d’euros, en quatre tranches annuelles, soit une hausse de 15 %.

En fait, selon nos informations, la Commission européenne a décidé d'établir un budget 2014-2017 pour Rabat qui se situe entre 728 et 890 millions d'euros au maximum.

EN FONCTION DES PROGRES DE LA GOUVERNANCE

Cette fourchette s’explique par la volonté des Etats Membres. L'appui financier doit pouvoir varier « en fonction des progrès réalisés par le Maroc en matière de démocratisation et d'amélioration de la gouvernance publique », selon une source proche de la Commission jointe par L’Usine Nouvelle.

Des sujets comme le contrôle de la presse, l’indépendance de la justice ou la situation des droits de l'Homme au Sahara occidental sont suivis de près par l'exécutif européen mais aussi le Parlement européen qui, in fine, assure un contrôle de l’utilisation des fonds européens.

Ce budget sera utilisé les quatre prochaines années dans le cadre des projets de coopération appuyant « les réformes sectorielles lancées par le gouvernement marocain : mise en place d'un système de protection sociale, mise en œuvre de stratégies d'alphabétisation, d'éducation, de formation professionnelle, de réformes du système judiciaire, etc. », indique la même source.

DES DIFFeRENTS EN COURS

L’Union européenne est de loin le premier partenaire commercial du Maroc avec environ  60% du total de ses échanges commerciaux, soit un cumul supérieur à 26 milliards d'euros par an.

L'Europe et le Maroc sont engagés depuis un vingtaine d'année dans une coopération approfondie. Le royaume est ainsi à ce jour le seul pays méditéranéen a bénéficier d'un "statut avancé" (la Tunisie notamment est candidate) qui fait l'objet d'un plan d'action détaillé.

Cela n'exclut pas toutefois certains différents au plan économique. Ainsi, le projet d'accord de libre échange (ALECA) lancé début 2013 est incertain, le Maroc ayant demandé la suspension des négociations pour évaluer les conséquences sur son économie.

Ce printemps, le gouvernement d'Abdelilah Benkirane s'est aussi vivement alarmé des conséquences négatives de la dernière réforme de la politique agricole européenne sur les conditions d'entrée de ses fruits et légumes en Europe.

Quant à la reconduction de l'accord de pêche longuement négocié entre Bruxelles et Rabat s'il a abouti sur le principe durant l'été 2013, il n'a été ratifié que le 15 juillet dernier par le Maroc et sa mise en oeuvre effective tarderait encore.

Pas de quoi donc remettre en cause le soutien global de l'Europe au Maroc, "miraculé du Printemps arabe" dont la stabilité et le développement sont surveillés comme le lait sur le feu à Bruxelles et ailleurs.

Pierre-Olivier Rouaud

 

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