Les Américains auront droit en priorité à son potentiel vaccin du Covid-19, confirme le patron du groupe français Sanofi

[ACTUALISÉ] Pour être le premier à proposer un vaccin contre le Covid-19, le groupe pharmaceutique français Sanofi multiplie les collaborations à l’international. Y compris avec le gouvernement américain. Résultat, les Américains seraient servis en priorité si les recherches débouchaient, a confirmé le dirigeant de Sanofi, Paul Hudson, le 13 mai. L'Usine Nouvelle l'avait révélé dès le 24 avril.

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Les Américains auront droit en priorité à son potentiel vaccin du Covid-19, confirme le patron du groupe français Sanofi
"Il y a peu d’entreprises qui peuvent produire des vaccins à notre échelle", insiste le dirigeant de Sanofi Paul Hudson.

Il existe une centaine de projets de vaccins contre le Covid-19, dont une dizaine en phase d’essais cliniques menés par des équipes chinoises, américaines, britanniques et allemandes. Bien qu’il n’ait pas encore débuté ses essais sur des patients, le groupe pharmaceutique français Sanofi s’estime bien placé dans cette course mondiale.

Il multiplie les collaborations : avec l’anglais GSK – son concurrent de toujours dans les vaccins –, le ministère américain de la Santé via la Barda, ou la biotech américaine Translate Bio. Surtout, Sanofi dispose d’énormes capacités de production avec onze usines (trois en France, trois en Asie, et le reste sur le continent américain) et 10 000 salariés dédiés à travers le monde, via Sanofi Pasteur. "Il y a peu d’entreprises qui peuvent produire des vaccins à cette échelle", insiste son dirigeant Paul Hudson.

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Le coup de gueule envers l'Europe

Mais le 24 avril, dans le cadre d'une conférence de presse téléphonique à laquelle participait L'Usine Nouvelle, il alertait sur le risque que ce vaccin soit fabriqué aux États-Unis... et donc distribué en priorité aux Américains, si le projet développé avec la Barda se révélait concluant le premier... et que le gouvernement américain imposait de faire passer les Européens après. Paul Hudson déplorait alors le manque de coopération européenne, en particulier d’engagement de la Commission.

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Cette dernière se serait-elle (enfin) réveillée ? Lundi 4 mai, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, annonçait ainsi avoir levé 7,4 milliards d’euros pour financer la recherche et le développement d’un vaccin contre le Covid-19.

Mais cela ne changera pas la donne. Sanofi servira bien les États-Unis en premier puisque ces derniers "partagent le risque" des recherches menées via leur partenariat, a confirmé Paul Hudson à l'agence Bloomberg dans un entretien le 13 mai. Ils "obtiendront les vaccins en premier", car "ils ont investi pour essayer de protéger leur population". Le gouvernement américain aurait ainsi "le droit aux plus grosses pré-commandes"... avec une avance de quelques jours voire quelques semaines sur le reste du monde.

Un choix "inacceptable" pour le gouvernement français

Ces déclarations ont suscité un tollé immédiat en France. "Pour nous, ce serait inacceptable qu'il y ait un accès privilégié de tel ou tel pays sous un prétexte qui serait un prétexte pécunier", a déclaré la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher au micro de Sud Radio. Dès le 13 mai au soir, Sanofi apportait des précisions. "La coopération mise en place avec BARDA aux Etats Unis permet de démarrer la production du vaccin aussi rapidement que possible en parallèle du développement et de l’enregistrement du vaccin, précise le groupe pharmaceutique dans un communiqué. Par ailleurs, nous avons également observé des avancées encourageantes depuis plusieurs semaines par la mobilisation de la commission européenne pour envisager des mesures similaires et accélérer le développement des vaccins et la mise à disposition des citoyens européens. Nous avons des discussions très constructives avec les institutions européennes ainsi qu’avec les gouvernements français et allemand."

"Nous nous sommes toujours engagés à ce que dans ces circonstances sans précédent, notre vaccin soit accessible à tous, insiste Sanofi. Sanofi dispose d’un ancrage industriel diversifié et international. Nous avons des capacités de production aux Etats-Unis, en Europe, notamment en France et ailleurs dans le monde. La production sur le sol américain sera principalement dédiée aux Etats-Unis et le reste de nos capacités de production sera alloué à l’Europe, à la France et au reste du monde."

Pas sûr que cela suffise à calmer les inquiétudes. Et quelle que soit l'issue des différentes recherches en cours, aucun vaccin contre le Covid-19 ne sera disponible avant, au mieux, courant 2021.

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