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L’Europe perd son fleuron des semiconducteurs de défense e2v racheté par l’américain Teledyne

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Après le rachat l’ARM par le japonais SoftBank ou de NXP par l’américain Qualcomm, l’Europe va perdre l’un de ses fleurons des semiconducteurs pour l’aérospatial et la défense : le britannique e2v, en passe de tomber dans l’escarcelle de l’Etasunien Teledyne.

L’Europe perd son fleuron des semiconducteurs de défense e2v racheté par l’américain Teledyne
e2v offre de nombreuses technologies notamment dans les domaines de l'aérospatial et de la défense.
© Wikimedia Commons

Encore un acteur européen stratégique des semiconducteurs bientôt sous pavillon étranger. Il s’agit du britannique e2v. Il a conclu un accord pour se faire racheter par Teledyne, un groupe américain de l’instrumentation électronique, des circuits radiofréquences et des composants d’imagerie. La transaction s’élève à 620 millions de livres sterling en cash, l’équivalent de 740 millions d’euros. Les deux parties espèrent la finaliser au premier semestre 2017.

Site près de Grenoble avec 380 personnes

L’opération parait particulièrement sensible. e2v, qui emploie 1700 personnes dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 281 millions d’euros sur son dernier exercice fiscal clos en mars 2016, réalise des capteurs d’image à hautes performances, convertisseurs de données, des circuits radiofréquences et autres semiconducteurs à haute fiabilité pour des applications dans le spatial, l’aéronautique ou la défense. La société dispose d’un site d’environ 380 personnes à Saint-Egrève, près de Grenoble, ancienne activité de l'ex-Thomson-CSF (aujourd’hui Thales) dans les semiconducteurs. Elle constitue une source stratégique de composants à des équipementiers européens d'électronique de défense comme Airbus Group ou Thales.

Dans ces conditions, la transaction conclue avec Teredyne risque-t-elle d'être bloquée pour des raisons de souveraineté européenne? L'Europe ne dispose pas de l'équivalent du CFIUS (Committee on Foreign Investment in the United States), le redoutable organisme américain qui scrute tous les investissements étrangers dans des sociétés présentes aux Etats-Unis. La Commission européenne n'examine les dossiers de fusions-acquisitions que du point de vue de la concurrence. Les critères de souveraineté et sécurité nationales, compétences des Etats membres, sont rarement mis en jeu par Londres, Paris ou Berlin.

Perte des pépites françaises Tronics et IPDia

La perte de ce fleuron des semiconducteurs constituerait un nouveau coup dur pour la microélectronique européenne. Elle interviendrait après le rachat du britannique ARM, leader mondial des cœurs de processeurs équipant presque tous les smartphones, par le géant japonais de l’internet SoftBank pour 31 milliards de dollars, et le projet d’acquisition du néerlandais NXP, champion européen des semiconducteurs, par l’américain Qualcomm, numéro un mondial des puces mobiles, pour 47 milliards de dollars.

Aux côtés de ses grandes opérations, il existe une multitude de petites transactions privant l’Europe de certaines de ses pépites en microélectronique. C’est ainsi que la France est en train de voir deux ses pépites filer au Japon : Tronics, spécialiste des Mems sur demande pour l’avionique ou la défense, en voie d’être rachetée par Epcos, et IPDiA, fournisseur de condensateurs intégrés sur silicium pour le médial ou l’éclairage à LED, en passe d’être absorbée par Murata. Deux projets approuvés par Bercy sans sourciller.

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