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L'Usine Agro

L'Europe patauge dans un marché mondial du sucre excédentaire

Franck Stassi , , , ,

Publié le

La production mondiale de sucre reculerait légèrement en 2018-2019. Un pas timide vers le rééquilibrage d'un marché excédentaire, qui accumule les déconvenues financières.

L'Europe patauge dans un marché mondial du sucre excédentaire
La planète croule sous les stocks de sucre.
© Gaëlle Fleitour

L’annonce d’un plan de restructuration chez l’allemand Südzucker, le leader européen du sucre, qui vise à "réduire l’impact de la forte variation des prix sur les marchés", illustre les difficultés rencontrées par les producteurs sur un marché mondial toujours excédentaire. D’après les chiffres communiqués fin 2018 par l’Organisation mondiale du sucre, un surplus serait toujours enregistré à l’échelle mondiale au terme de la campagne 2018-2019, avec 180 millions de tonnes produites, 178 Mt consommées et des stocks qui s’apprécieraient pour la troisième année consécutive, à 93 Mt.

Les prix dévissent en Europe

En Europe, où l’entreprise opère, les prix du sucre blanc n’ont cessé de chuter ces derniers mois, passant de 411 euros la tonne en moyenne en novembre 2017 à 320 euros la tonne un an plus tard. La chute la plus forte a été enregistrée en Belgique, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, où la tonne de sucre cotait 308 euros contre une moyenne de 344 euros sur le marché mondial, qualité N°5 à Londres. 21,3 Mt de sucre avaient été produites en Europe à l’issue de la campagne 2017-2018, en hausse de 27% sur un an, dans la foulée de la fin des quotas sucriers. Dans ce contexte de prix bas, la production chuterait de 14% en 2018-2019, à 18,2 Mt.

La baisse des prix sur le marché intérieur européen, qui a suivi celle du marché mondial, n’a pas été ressentie uniformément dans les différents pays en raison de politiques disparates. "Bien que la Commission européenne ne soit pas intéressée par une nouvelle réglementation du secteur, plusieurs États membres offrent un soutien aux producteurs de betteraves", rappelle le consultant britannique Czarnikow. La production de betteraves peut ainsi être partiellement subventionnée en Pologne, en Hongrie, en Espagne et en Italie. La Belgique et la Pologne permettent encore à leurs agriculteurs de recourir – ce n’est plus le cas de la France – aux néonicotinoïdes.

Les principaux producteurs se diversifient

Signe d’une violente baisse des cours, l’indice des prix du sucre de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a perdu 22% en 2018. Les producteurs de sucre ont commencé à s’adapter. La production mondiale reculerait de 1,6% cette année. Le Brésil est le premier à être entré dans la danse : 26,3 Mt seraient produites fin 2018-2019, contre 36 Mt lors de la campagne précédente, au profit de l’éthanol, plus rémunérateur. Les volumes de canne affectés à la production de l’agrocarburant n’ont jamais cessé, malgré de nombreuses fluctuations, d’être plus élevés que ceux dirigés vers la production de sucre depuis la campagne 2013-2014.

En Inde, leader de la production de sucre cette année, les agriculteurs sont préservés des chocs engendrés par les fluctuations de marché grâce à des prix fixés par les autorités. "Les producteurs de canne à sucre sont une source importante de voix aux élections", souligne Czarnikow. En Thaïlande, les quotas et les prix planchers ont été abandonnés. Le prix de la canne à sucre est, en 2019, au plus bas depuis dix ans. Le manioc est devenu plus rentable. Face à l’érosion des revenus, un subventionnement serait envisagé. Aux Etats-Unis, différentes mesures de soutien sont en vigueur depuis la fin 2018 et la betterave du Midwest vaut deux fois le prix mondial du sucre blanc qui en sera extrait.

"Ironiquement, en protégeant les agriculteurs des effets des prix bas du sucre, les gouvernements du monde entier ont probablement prolongé la chute des prix", observent les analystes de Czarnikow. En France, la Confédération générale des planteurs de betteraves appelle les autorités à mettre en place des outils d’amortissement des crises. Après un an et demi de bouillon, l'eau du grand bain du marché libre mondial n’est plus si bonne.

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