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L’Europe lance une enquête approfondie sur la fusion Alstom-Siemens

Olivier Cognasse

Publié le

La décision des autorités de la concurrence européennes de lancer une enquête approfondie sur le projet de fusion entre le français Alstom et l’allemand Siemens est maintenant officielle.

L’Europe lance une enquête approfondie sur la fusion Alstom-Siemens
Un logo en sursis
© Gonzalo Fuentes

C’était un secret de Polichinelle depuis quelques jours ! Les autorités de la concurrence européennes viennent d’activer, vendredi 13 juillet, le deuxième étage de leur fusée : l’enquête approfondie sur la fusion entre les deux leaders européens de l’industrie ferroviaire, Alstom et Siemens. De quoi donner de l’espoir aux salariés d’Alstom particulièrement inquiets de ce rapprochement qui contrairement aux discours officiels des directions n’est en rien une "fusion entre égaux". Il suffit de regarder le futur conseil d’administration…

Les autorités de la concurrence européennes reprochent aux deux industriels du ferroviaire de ne pas avoir proposé de concessions avant le 6 juillet, dans les pays où leur hégémonie est trop criante. Dans certains pays comme la France ou l’Allemagne, mais aussi sur des secteurs comme la signalisation, une partie du matériel roulant et la R&D.

En clair, les deux industriels vont devoir céder ou fermer certains sites. La question se pose en effet de savoir quels produits seront sacrifiés sur l’autel de la standardisation et de la rentabilité. Ce qui réduira d’autant le choix. Et l’activité industrielle de la filière, alors qu’Alstom a déjà ouvert un certain nombre de sites en dehors du Vieux Continent (Inde, Afrique du Sud,…)

Les syndicats consultés par l'Europe

Les autorités de la concurrence européennes ont reçu cette semaine les organisations syndicales qui ne se sont pas gênées pour dire tout le mal qu’elles pensaient de ce rapprochement, qui n’est qu’un "montage capitalistique et qui ne tient pas compte des intérêts de l’industrie ferroviaire européenne."

Les quatre organisations représentatives ont d’ailleurs développé leurs arguments dans un document d’une dizaine de pages qui rappelle que le marché français et européen est "en pleine embellie". Elles craignent, que les exigences de rentabilité du groupe Siemens (supérieures à 8%), mettent à mal certaines parties de l’activité comme le matériel roulant. Elles mettent en avant un projet particulièrement favorable aux financiers et dénoncent l’argument de l’Airbus ferroviaire.

Deux moyens de faire capoter le projet

"Si on avait proposé de créer un GIE, un vrai partenariat entre industriels européens, y compris avec les sous-traitants, pour développer un véritable Airbus du ferroviaire qui réponde aux besoins de l’Europe et de l’industrie du secteur, nous y serions totalement favorables", a indiqué ce 13 juillet à l’Usine Nouvelle, Boris Amoroz, délégué syndical central CGT Alstom.

Aujourd’hui, la situation d’Alstom est idéale. Le carnet de commandes dépasse 34 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires a progressé de 30 % en quatre ans pour atteindre 8 milliards d’euros. Un cash-flow de 128 millions d’euros, une dette de 255 millions d’euros et des capitaux propres qui s’élèvent à 4 milliards d’euros. Sans parler d’une marge d’exploitation qui a atteint 6,5 %. La faiblesse de l’endettement et la bonne santé financière sont pourtant considérées par certains experts financiers comme un handicap. La preuve qu’Alstom aurait pu faire quelques emplettes pour se renforcer, au lieu de se jeter dans les bras de Siemens, qui réalise une excellente opération sans dépenser un euro, mais en apportant de la dette.

Il reste maintenant à savoir quelle seront les conclusions de l’enquête européenne. "Il existe deux moyens de faire capoter ce projet, prévient Boris Amoroz. Soit l’AG des actionnaires qui se réunira la semaine prochaine dit non à la fusion, mais il y a peu de chances, soit la Commission impose des remèdes qui ne sont pas acceptables pour  les deux industriels et ils peuvent abandonner cette fusion." Affaire à suivre.

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