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L'Usine Energie

L’Europe, la grande perdante de la révolution du gaz de schiste dans le monde

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Selon un rapport de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, l’Europe se dirige vers une perte de compétitivité industrielle importante face aux Etats-Unis et à l’Asie en raison de la production massive de gaz de schiste. Pour autant, le rapporteur reste mesuré sur l’intérêt d’exploiter cette ressource en France.

L’Europe, la grande perdante de la révolution du gaz de schiste dans le monde © .RGB. - Flickr - C.C.

Ce mercredi 30 avril, la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale a présenté le rapport de la mission d’information sur l’impact économique de l’exploitation des hydrocarbures de schiste au niveau mondial. C’est Frédéric Barbier, député PS du Doubs, suppléant de Pierre Moscovici, qui a eu le rôle de rapporteur. Son bilan pour l’Europe est sombre. Il met en avant les effets délétères actuels et à venir de la révolution du gaz de schiste sur la compétitivité de l’industrie européenne.

Le député rapporte tout d’abord que les Etats-Unis ont bénéficié d’un réel impact économique. Les particuliers ont vu leur facture d’électricité baisser de 30 % entre 2005 et 2012. Pour l’industrie, le prix de l’électricité est 40 % inférieur aux prix pratiqués en Europe. Le gaz vaut 10 euros par MWH aux Etats-Unis contre 40 euros en Europe. L’impact sur l’investissement industriel outre-Atlantique est majeur. 90 milliards d’euros sont aujourd’hui engagés pour construire de nouvelles capacités industrielles qui entreront en activité à partir de 2016. Aux Etats-Unis, les pétrochimistes bénéficient en particulier d’un prix de l’éthylène (nécessaire à la fabrication de plastiques) de 350 dollars la tonne, contre 1530 dollars (1100 euros) par tonne en France.

De la recherche économique

Les Etats-Unis s’apprêtent à exporter leur gaz sous forme de gaz naturel liquéfié. Les industriels américains vont viser en priorité le marché asiatique où le prix de marché est de 16 dollars par MBTU (unité de mesure du gaz). En Europe, ce prix est de 10 à 12 dollars par MBTU et aux Etats-Unis de 3,7 MBTU. Les exportations américaines vont réduire l’écart entre les prix asiatiques et européens, ce qui va affecter profondément la compétitivité des industries énergivores européens, déjà mises à mal.

"L’Europe est la grande perdante de la révolution mondiale du gaz de schiste", conclut Frédéric Barbier. D’autant plus que le Vieux Continent, et l’Allemagne en particulier, deviennent le marché d’export du charbon américain très émetteur de CO2 et qui a forcé des grands électriciens européens à fermer 50 GW de centrales à gaz. Pour autant, le rapporteur ne pousse pas forcément à exploiter le gaz de schiste en France, pays qui posséderait les premières réserves européennes. "Si le gaz de schiste extrait (en France) coûte de 8 à 9 dollars par MBTU contre un prix de marché à 10 ou 12 dollars, est-ce que cela vaut le coup ?, s’interroge Frédéric Barbier. Cela permettrait au moins de mieux négocier avec nos pays fournisseurs". Et de conclure : "A titre personnel, je pense qu’il faut faire des recherches pour savoir ce que l’on a dans le sous-sol français ?"

Ludovic Dupin

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