L'Europe jette-t-elle complètement l'éponge dans l'électronique (sans se battre) ?

Après l'Américain Freescale et l'Allemand Infineon, c'est au tour du Franco-Italien STMicrolectronics et de l'Américain Texas Instrument de sortir du marché des puces sans fil. Le 10 décembre dernier, ST Microelectronics annonçait vouloir se désengager de sa co-entreprise dédiée, détenue à 50/50 avec le suédois Ericsson. Lequel, quelques mois plus tôt, avait lui aussi, laissé entendre qu'il voulait lâcher l'affaire. Le néerlandais NXP (spin off de Philips) partenaire d'origine de ST-Ericsson, avait lui déjà jeté l'éponge depuis longtemps. Les deux derniers propriétaires cherchent donc un repreneur. Et cela pourrait être le japonais NTT.

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L'Europe jette-t-elle complètement l'éponge dans l'électronique (sans se battre) ?

Ce mardi 18 décembre 2012, Texas Instruments confirme sa stratégie de désengagement des puces pour le sans fil. Il annonce la fermeture de son site français de Villeneuve-Loubet, près de Nice (Alpes-Maritimes) et la suppression de 517 emplois sur les 609 que compte Texas Instruments en France. Seule une équipe de 27 personnes, faisant du développement dans le domaine des télécommunications, n'est pas concernée par ce plan.

Certes, le secteur du mobile est ultra concurrentiel, avec une domination d'Apple et de la plateforme Android de Google, au détriment de celles de Nokia ou RIM (Blackberry). Pour celle de Microsoft... on attend. Et seuls des spécialistes comme les Américains Qualcomm ou Broadcomm parviennent aujourd'hui à tirer leur épingle du jeu.

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Mais l'Europe peut-elle encore une fois, comme hier dans les PC, abandonner la maîtrise d'un pan technologique entier, crucial de la révolution numérique en cours ? Les Américains, les Coréens, les Chinois et encore quelques Japonais, seront-ils les seuls à développer les composants de base pour nos équipements mobiles ?

D'accord, il reste, chez STMicroelectronics par exemple, les microcontrôleurs, les processeurs d’application, les circuits pour l’automobile, les composants de puissance et les capteurs à Mems, indispensables pour l'avenir des objets connectés. NXP, lui se spécialise, dans le sans contact.

D'accord, jouer les médecins urgentistes, comme pour la métallurgie ne sert à rien, quand le marché n'est plus là. Et se contenter de pointer les erreurs stratégiques, comme dans le cas d'Alcatel-Lucent, et ne réagir que lorsque les brevets sont gagés sur un emprunt, n'est pas très efficace non plus.

Mais tout ce savoir-faire accumulé par les équipes européennes de ST-Ericsson, Texas Instruments et consort, ne peut-on pas lui trouver un avenir ? Y réfléchir du moins ?

Aurélie Barbaux

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