L’Europe en panne d’ambitions spatiales

Alors que l'Agence spatiale européenne a confié à ArianeGroup une étude pour évaluer la possibilité de retourner sur la Lune d'ici 2025, l'Europe spatiale reste à la traîne, face à la Chine et aux Etats-Unis.

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L’Europe en panne d’ambitions spatiales
L'Europe spatiale reste à la traîne, face à la Chine et aux Etats-Unis.

Faut-il en rire ou en pleurer ? L’Europe annonce son projet d’aller sur la Lune… pour 2025. Plus exactement, son agence spatiale a confié une mission à ArianeGroup et deux start-up, pour étudier la possibilité d’y poser un atterrisseur. Elle a débloqué pour cela un budget de quelques centaines de milliers d’euros. Cette Europe spatiale fait-elle rêver? Pas vraiment. Elle est à la remorque des autres grandes puissances spatiales. Les Chinois ont posé début janvier avec succès Cheng’e 4, un atterrisseur, sur la face cachée et encore inexplorée de la Lune, opération rendue possible grâce à un satellite de télécommunication ad-hoc capable de faire le relais avec la Terre.

Après les projets de constellations Galileo, comme alternative au GPS, et Copernicus, pour l’observation de la Terre, les nouvelles

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ambitions européennes en ce début d'année 2019, semblent aussi floues que modestes. Quand l’Europe s’interroge encore sur la pertinence économique et sa capacité technologique de faire revenir des fusées sur Terre pour les réutiliser, les Américains sont déjà passés à autre chose.

Ariane 6 dans la balance

Outre Atlantique, 2019 sera l’année du vol habité (du moins le retour après des années d’absence) et de la connectivité spatiale grâce aux constellations de satellites. SpaceX, le concurrent d’Arianespace, est dans les starting blocks pour un premier essai de sa capsule capable d’emporter un équipage. En plus de se préparer pour un éventuel retour de l’homme sur la Lune et à plus long terme sur Mars, le groupe attaque le monopole du lanceur russe Soyouz, seul véhicule capable d’amener des astronautes vers la station spatiale orbitale.

Sur le vieux continent, les débats sont hélas plus terre à terre, certainement pas à la hauteur de la première puissance économique mondiale avec près d’un quart du PIB mondial. C’est d’autant plus dommage qu’un récent sondage effectué dans les cinq pays européens les plus peuplés (la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie), souligne que 90% des personnes sondées ont une vision positive des activités spatiales.

Si cette année marque le cinquantième anniversaire du premier homme sur la Lune, il serait bon également de rappeler que c’est aussi le quarantième anniversaire d’Ariane. Son industriel phare, ArianeGroup, menace même de ne pas lancer la fabrication de son futur lanceur Ariane 6 tant que les pays et les institutions européennes ne s’engagent pas fermement derrière leur lanceur. Les Européens peinent ainsi à se mobiliser pour commander les sept premiers exemplaires de la fusée qui doit porter l’ambition spatiale européenne. In fine, l’industriel va se séparer de près d’un quart de ses effectifs en quatre ans alors qu’il se dit convaincu que l’avenir de l’humanité passe par l’espace. Cherchez l’erreur!

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