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L'Usine Aéro

"L'Europe doit revoir le partage des rôles entre les industriels et les agences spatiales", affirme François Auque

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Entretien Pour François Auque, directeur général de Space Systems (Airbus Group), l'agence spatiale européenne et le Cnes doivent transférer aux industriels le maximum de responsabilités en matière de développement des systèmes spatiaux... à l'instar de ce qu'a fait la Nasa avec SpaceX.

L'Europe doit revoir le partage des rôles entre les industriels et les agences spatiales, affirme François Auque © D.R.

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L’Usine Nouvelle - Depuis le traité de Lisbonne, l’Union européenne s’affirme comme un nouvel acteur de la politique spatiale européenne ? Qu’en attendez-vous ?

François Auque - Tout d’abord, cette nouvelle implication marque une reconnaissance du caractère stratégique de notre industrie. Les outils spatiaux sont des outils de souveraineté que la Commission européenne utilise dans ses politiques de gestion des crises, de préventions des catastrophes naturelles, de coopération avec les pays en voie de développement...

C’est aussi une bonne nouvelle pour le secteur. La montée en puissance de l’Union européenne s’accompagne aussi d’une montée en puissance de ses financements. L’UE va dépenser 12 milliards d’euros dans les sept prochaines années, soit un doublement par rapport à la période précédente. Maintenant il faut organiser de la façon la plus efficace possible la relation entre l’ESA et l’UE pour éviter de créer de doublons.

Justement, l'Europe spatiale est elle suffisamment compétitive?

L’Europe spatiale est remarquablement compétitive. Sur le marché mondial en concurrence, que l’on estime entre 5 et 6 milliards de dollars par an, l’Europe en décroche environ la moitié. Dans le domaine des satellites télécoms, les industriels européens (Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space, ndlr) ont une part de marché cumulée de 35%. Pour sa part, Airbus est le premier exportateur mondial de satellites d’observation. Dans le domaine des lanceurs, Ariane détient 60% du marché mondial des lancements commerciaux.

Cette performance est d’autant plus remarquable que nos budgets sont nettement inférieurs à ceux de nos principaux concurrents. Dans le domaine civil, l’Europe consacre environ 6 milliards d’euros pour ses dépenses spatiales soit environ 2,5 fois moins que les Etats-Unis. Dans le domaine militaire l’Europe dépense moins d’un milliard d’euros par an soit environ 20 fois moins que les Etats-Unis. Malgré ces écarts budgétaires, nous restons compétitifs. C’est la preuve que l’argent est utilisé de façon efficace.

Le nouvel entrant américain SpaceX bouscule pourtant le marché des lancements avec des prix cassés ? Comment L’Europe peut-elle réagir ?

Il faut tirer les leçons des premiers succès de SpaceX. Et revoir le partage des rôles entre les agences et l’industrie. Qu’a fait la Nasa en l’occurrence ? L’agence américaine a défini son cahier des charges fonctionnelles et son budget, et a laissé SpaceX libre en matière de choix technologiques et d’organisation industrielle. En Europe, il y a toujours une très forte intervention des agences et en particulier du Cnes dans le développement des lanceurs. Or, quelle que soit la qualité des personnes, le mode de fonctionnement d’une agence n’est pas le même que celui d’un industriel. Si on veut significativement améliorer la compétitivité des lanceurs en Europe, il faut transférer à l’industrie le maximum de responsabilités en matière de développement.

Vous militez également pour une révision des règles de financement des programmes industriels...

Le principe fondateur à l’ESA c’est le retour géographique. Si un pays finance 20% d’un programme, son industrie bénéficie de 20% du développement et des retombées industrielles. Il ne faut pas être naïf. Si ce principe n’existait pas, un certain nombre de pays ne contribuerait pas ou moins. En revanche, le retour géographique n’est pas forcement optimal en matière d’efficacité industrielle. Il faudrait le gérer non plus programme par programme mais de manière globale de façon à concilier l’efficacité économique avec le fait que les Etats n’ont pas envie de contribuer sans contrepartie.

Propos recueillis par Hassan Meddah

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