L'Eurogroupe s'allie contre la Chine

Les ministres des finances de la zone euro ont concentré leurs critiques contre le yuan chinois, dont la faiblesse pénalise les exportateurs européens. Mais ils sont restés muets sur la question du dollar.

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L'Eurogroupe s'allie contre la Chine
« Une, la Chine, deux, le dollar, trois, le yen », détaille Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe. Face à l'appréciation de l'euro sur le marché des changes, les ministres des Finances des 13 pays de la zone euro ont donc arrêté un plan de bataille commun.

En ligne de mire : la Chine. Lié au dollar, le yuan a suivi le billet vert dans sa chute. Pékin est également accusé de maintenir volontairement sa monnaie à un niveau bas. Un déséquilibre des changes qui permet à la Chine de booster ses exportations mais pénalise les importations européennes.

« Dans les économies émergentes disposant d'excédents importants et croissants, particulièrement en Chine, il est souhaitable que leurs taux de change réels évoluent pour que les ajustements nécessaires aient lieu », affirme l'Eurogroupe.

« D'ici la fin de l'année », les trois principaux dirigeants économiques de la zone euro - le président de l'Eurogroupe, celui de la BCE et le commissaire européen aux affaires économiques - vont donc se rendre à Pékin pour évoquer les problèmes de change.

En revanche, les ministres de la zone euro sont restés très prudents sur la faiblesse du dollar et du yen. Faute de consensus entre partenaires européens. L'Eurogroupe s'est contenté de rappeler - comme Jean-Claude Trichet, le patron de la BCE un peu avant - que les autorités américaines «ont réaffirmé qu'un dollar fort était dans l'intérêt de l'économie américaine ».

A la pointe de la fronde contre l'euro fort, la France défendait une ligne plus dure. Paris et ses alliés considèrent que les Etats-Unis laissent filer le dollar pour financer leur énorme déficit commercial.
Cette position s'est cependant heurtée à l'opposition de l'Allemagne et des Pays-Bas. « Toute l'idée de l'Union monétaire, c'était de créer un euro fort », a affirmé le ministre des Finances néerlandais.

Pour la première fois hier, la Confédération européenne des syndicats et le patronat européen, BusinessEurope, avaient estimé que le niveau de l'euro pénalisait la compétitivité des entreprises. BusinessEurope a exhorté les gouvernements de la zone euro à faire pression sur les États-Unis, la Chine et le Japon pour qu'ils agissent afin de laisser leurs devises s'apprécier.

Solène Davesne, avec Reuters

La France critiquée sur son budget

A chaque réunion de l'Eurogroupe, son flot de critiques vis-à-vis du budget français. Les ministres des Finances de la zone euro ont réitéré leurs doutes hier sur l'objectif de réduction du déficit affiché par Paris. « Nous avons estimé que le projet de loi de Finances ne correspondait pas tout à fait au niveau de nos attentes », affirme Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe. « Nous avons également eu des questions sur les chiffres exacts de croissance en partie pour la France ». La Commission européenne a également émis des doutes sur le montant du déficit public pour 2007 et 2008. La France prévoit 2,4 % de déficit en 2007 et 2,3 % l'an prochain. Bruxelles table sur des chiffres « légèrement supérieurs ».

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