Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

L’été noir de PSA

, , , ,

Publié le

L’unique bonne nouvelle de l’été pour le constructeur PSA provient du site de Sevelnord qui va produire le nouvel utilitaire léger du groupe. Une bouffée d’air pour les salariés du site. Mais le reste de l’été pour les salariés de PSA a été plutôt sombre, suite à l’annonce du plan Rebond 2015, comprenant entre autres la suppression de 8 000 postes et la fermeture du site d’Aulnay. Des révélations qui ont entraîné déclarations et craintes tant du côté du gouvernement que de celui des salariés.

L’été noir de PSA © D.R. - PSA

Sommaire du dossier

Ce lundi 3 septembre se déroule au siège de la CGT une réunion pour déterminer une stratégie pour répondre aux annonces estivales du constructeur. Une réunion qui promet d’être chargée.

Car depuis le 12 juillet dernier, les mauvaises nouvelles s’accumulent dans le dossier PSA. Après des semaines d’inquiétude et de rumeurs sur les intentions du groupe PSA, la direction révèle la suppression de 8 000 emplois supplémentaires sur ses sites français et la fermeture de son usine d’assemblage d’Aulnay-Sous-Bois. L’usine de Rennes et la R&D sont particulièrement concernées aussi par le plan du constructeur. Au total, cette annonce porte donc à 10 000 les réductions d’effectifs lancées par le groupe depuis l’automne dernier en France. Soit près d’un emploi sur dix. 

Rebond 2015

Au premier semestre le groupe a annoncé une perte opérationnelle courante de l’ordre de 700 millions d’euros pour sa seule division automobile. Et dans le même temps il a décidé de réviser à la baisse sa prévision pour le marché européen en 2012. Il table désormais sur une baisse de 8% contre 5% au début de l’année.

L’objectif de ce plan est avant tout d’endiguer les pertes du groupe sur fond de dégradation du marché européen. Le groupe lance donc le 25 juillet le plan baptisé Rebond 2015, qui comprend trois volets dont celui sur la restructuration de l’outil industriel. Les deux autres volets concernent la réduction des investissements du constructeur et la capitalisation de son alliance avec General Motors.

Et du côté de Renault ?
"Les deux constructeurs français sont liés l’un à l’autre. Si l’un lâche prise, l’autre lâchera prise aussi". Les propos de ce salarié de Renault venu manifester aux côtés de ses homologues de PSA cet été ont de quoi inquiéter. D’autant plus qu’ils confirment partiellement les craintes de Carlos Ghosn patron de Renault émises en milieu d’année sur les problèmes de surcapacités. Il expliquait alors que si un constructeur commençait à restructurer, l’autre suivrait. Pour l’heure, la marque Renault a enregistré en août des ventes en baisse de près de 30% en France, selon les données du CCFA.

"La guerre est déclarée"

Suite à ces annonces, les syndicats du site sont consternés mais déterminés à se battre. "Varin a déclaré la guerre aux salariés sur le terrain de l'emploi, a affirmé Jean-Pierre Mercier, représentant CGT chez PSA, devant le siège parisien du groupe. La guerre est déclarée sur l'usine d'Aulnay, on est plusieurs centaines de salariés à être déterminés à défendre notre boulot."

Du côté du gouvernement, l'annonce de ce plan est le premier grand rendez-vous social depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. Alors, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, n’entend pas laisser faire. Il nomme un expert gouvernemental Emmanuel Sartorius chargé de mener une expertise sur la situation du groupe PSA.

Parallèlement les syndicats demandent la désignation d’un expert indépendant du cabinet Secafi pour examiner la partie financière et les mesures économiques du plan. Le ministre souhaite ensuite confronter les deux analyses. Une initiative qui devait avoir lieu dès fin juillet. Mais le rendez-vous a été manqué, suite à un couac du ministère dans la convocation des syndicats. Un aléa qui repousse donc la remise du rapport Sartorius à cette semaine.

Un agenda chargé

Les prochains jours s’annoncent donc chargés pour le groupe PSA, ses syndicats et le gouvernement. Après la réunion prévue ce jour,  les délégués syndicaux centraux de PSA rencontreront mardi le cabinet Secafi à qui ils ont demandé l’expertise sur la situation financière du constructeur.

C’est aussi ce mardi que les salariés doivent reprendre le chemin du travail sur le site d’Aulnay-sous-Bois après la pause estivale. Les assemblées générales devraient se succéder mardi et mercredi sur le site pour préparer les rendez-vous de la semaine prochaine. Les organisations syndicales sont attendues à Bercy pour prendre connaissance des premières conclusions du rapport Sartorius.

Une première depuis 20 ans

Malgré toutes ces démarches, symboliquement, la fermeture du site d’Aulnay-Sous-Bois sera la première depuis plus de 20 ans en France après l’arrêt du site de Billancourt appartenant au constructeur Renault. Ce sera aussi la première réduction de capacité de grande ampleur en Europe depuis la dernière crise.

Socialement, la casse devrait être lourde. Le site qui produit la C3 compte quelque 3 000 salariés et est le principal employeur de Seine-Saint Denis. La direction du groupe promet que la moitié des salariés se verra proposer un reclassement à des postes actuellement occupés par des intérimaires dans l’usine de Poissy.

Des conséquences vastes

Analystes et industriels craignent que le cas PSA ne soit qu’un des symptômes de la crise automobile en Europe. Son cas inquiète au-delà des frontières et du monde industriel. Le constructeur General Motors devenu partenaire du groupe en avril dernier a annoncé début août qu’il ne réinvestirait pas dans PSA au regard du recul du cours de son action. Il envisage si les conditions de marché ne s’améliorent pas sur le court terme, de faire passer la valeur de son acquisition en charge de dépréciation.

La chute de l’action de PSA, d’environ 30% depuis le début de l’année, laisse percevoir une possible sortie du CAC 40. En effet, le groupe n’est plus valorisé qu’à 2,45 milliards d’euros et est la deuxième plus faible capitalisation boursière du CAC40.

Sans compter que le groupe a dû accuser le coup d’une autre mauvaise nouvelle cet été, avec l’annonce par Mitsubishi de l’arrêt sine die de la livraison de voitures électriques pour officiellement permettre un ajustement des stocks. Jusqu’où continuera la spirale infernale ?

galerie photo Diaporamas Automobile

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

03/09/2012 - 15h25 -

Si les constructeurs annoncent tour à tour des suppressions à la chaîne; c'est la société française qui risque de se désagréger lentement et les acheteurs de voitures étrangères montrés du doigt tels des "collaborateurs". Ca réveillerait des très mauvais souvenirs.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Notre sélection : Les écoles d'ingénieurs, vivier préféré de l'industrie

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle